EAU
Rene
C'est surtout à la période des cavernes pulmonaires que l'hémoptysie se voit au cours de la grossesse et en dehors de tout phénomène de travail. Ici cette hémoptysie n'a rien de particulier. Dans une observation de Huguier où la malade succomba au huitième mois à une hémoptysie foudroyante, l'opération césarienne put être faite cinq minutes après la mort. Elle permit d'ailleurs d'extraire un enfanten état de mort apparente, mais qui fut ranimé par les moyens habituels. L'enfant, au dixième jour après sa naissance, était en bonne santé. La plupart des observations où il y eut hémoptysie au cours de la grossesse se rapportent à des cas semblables.
OBSERVATION XXIV (résumée).
Bupix, Progrès médical, 1876.
Hémorrhagie pulmonaire chez une femme arrivée au terme de la grossesse. Mort. Opération césarienne.
Femme au terme de la grossesse.
Pas très notablement atteinte par sa tuberculose au point de vue de l’état général.
Brusquement, le soir, hémoptysie.
Transportée en toute hâte à la Maternité, elle y fut reprise d’accidents hémoptoïques et vers la fin de la journée elle mourait sans que rien ait pu les arrêter. ;
Le chirurgien appelé arriva dix minutes plus tard et un enfant vivant fut extrait par l'opération césarienne. Il mourait le lendemain au milieu d'accidents convulsifs.
L'autopsie de la mère montra deux cavernes des sommets.
OBsERvATION XX V (résumée).
Lerour et Girgenr, Gaz. hebd. des sciences médicales de Bordeaux, 7 février 1898.
Femme de 30 ans.
Frère bacillaire.
ETS
Tuberculose coxo-fémorale dans le jeune âge. Bronchite contractée en 4895, c'est-à-dire il y à trois ans.
Entre à la Maternité enceinte de huit mois. L'examen des poumons montre : matité des deux sommets, souffle amphorique, gargouillement, pectoriloquie aphone, surtout à gauche.
Un soir, hémoptysie foudroyante. Mort en cinq minutes.
Application du forceps. L'enfant est ramené mort.
L'autopsie a montré la présence, au sommet gauche, d'une caverne de la dimension du poing.
Dans une observation de Guéniot, parue dans la Gazette des hôpitaux, le 20 décembre 1860, un cas de tuberculose laryngée se termina par œdème de la glotte et l'enfant extrait par l’opération césarienne succomba au muguet quelques jours plus tard.
Dans ces cas, d'ailleurs, l'opération césarienne ou l’accouchement artificiel par les voies naturelles donne de très mauvais résultats et sur les quatre cas que nous venons de citer, trois des enfants sont morts (obs. de Guéniot, de Lefour et de Budin). Nous ignorons ce qu'est devenu le quatrième (obs. de Huguier) qui n’a pas été suivi après le dixième jour.
L'hémoptysie est d’ailleurs à peu près la seule chose qui empêche les tuberculeuses de mourir accouchées, et c'est à sa seule occasion que l’on aura à pratiquer l'accouchement artificiel ou l'opération césarienne. C'est ce qui fait que Gilbert énonce la loi suivante qui souffre, dit-il, peu d’exceptions : « Les femmes enceintes atteintes de tuberculose pulmonaire meurent toujours accouchées ». Si la gravité de leur maladie ne leur permet pas de vivre neuf mois, elles avortent ou accouchent prématurément, évacuant le produit de la conception avant de mourir.
Il semble bien que la lecture de toutes les observations que nous avons rapportées devrait forcer la conviction de tous. Cependant certains faits paraissent si peu obéir à la loi commune, que l’on comprend que certains puissent encore hésiter.
Evidemment, les cas existent où les tuberculeuses supportent
Re M CR
presque gaiement le fardeau de la grossesse. En voici des observations.
OBSERVATION XX VI (personnelle).
Femme de 43 ans.
Père mort de tuberculose pulmonaire.
À eu, à 19 ans, une pleurésie qu'on n’a pas ponctionnée.
À 22 ans, une hémoptysie.
Mariée à 24 ans, elle a tous les hivers des bronchites à répétition. Un premier enfant, un an après son mariage. Mort de méningite
tuberculeuse.
Une deuxième grossesse terminée par une fausse couche à deux
mois.
Une hémoptysie à 27 ans.
Une troisième grossesse s'est terminée par l'accouchement d'un
enfant vivant et actuellement bien portant.
Toujours susceptible du côté de l'appareil pulmonaire. Mais état général bon.