‹ Tuberculose et sous-alimentation: Importance de la qualité professionnelle des maladesChapitre 21 sur 54 · SES · texte numérisé non relu

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512% à) diminution de 1865-69 à 1901 OS, b) de 1901-05 à 1936-38

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On se rend compte que la zone moins frappée est située à l’ouest “de Paris et comprend les VII-VIII-IX-XVI et XVII® arrondis- ; -sements qui sont évidemment les arrondissements les plus aisés et les plus riches et où non seulement les conditions d'hygiène générale sont mieux respectées qu'ailleurs, mais où probablement aussi le standing professionnel des habitants permet une meilleure alimen- ‘tation que dans les arrondissements deshérités.

3° D'ailleurs le travail de notre maître Pierre BOURGEOIS avec ; J. Vif et À. BELLIN a pu en quelque sorte préciser le facteur unique de fléchissement du terrain que représente la sous-alimentation en observant l’aggravation et la rigueur de la tuberculose dans un | milieu fermé, celui de l'Hôpital psychiatrique de Maison Blanche. ie

Ils étudient l’évolution de la morbidité et de la mortalité tuber- ‘culeuses ainsi que l’aspect clinique des tuberculoses aiguës depuis les hostilités. Ils notent un accroissement très important de la mortalité tuberculeuse qui est passée au Pavillon sanatorial de Maison Blanche de 19 % en 1939 à 50 % des malades hospitalisés en 1943. Ce milieu présente trois caractéristiques sur lesquelles il convient d’insister ; il s’agit d’une population stable n'ayant pas subi depuis la guerre de variations considérables, quant à l'effectif global ni quant à l’âge moyen des malades. De plus les conditions d’alimentation de ce milieu sont précises et bien définies. En effet, les malades ont perdu tout contact avec leur milieu familial, leur nourriture est assurée presque exclusivement par le ravitaillement général. Enfin les auteurs insistent sur le fait, qu’il faut dans ce cas éliminer les facteurs psychologiques qui jouent un rôle si particulier dans l’apparition des manifestations tuberculeuses. La sous-alimentation reste seule en cause, cependant malgré une légère amélioration apportée dans le régime des aliénés, la courbe de mortalité a continué à croître alors que les accidents de famine : mort par cachexie, œdème de carence regressaient de plus de moitié.

Les formes cliniques les plus souvent observées sont des formes nodulaires diffuses, subfébriles rapidement extensives entraînant la mort en deux à six mois et échappant à toute tentative thérapeutique. Les auteurs signalent la relative rareté des polysérites tuberculeuses, les épanchements séro-fibrineux dans les formes graves sont rares, peu abondants et immédiatement suivis de l’essaimage, nodu-

laire diffus dans les deux champs pulmonaires. Les formes cavernetüsés sont également rares. Les cavernes apparaïssent tardivement,

soft Multiples et précèdent de peu la mort.

Dans un très grand nombre de cas la tuberculose s'est développée sür des poumons cliniquement et radiologiquement sains avant l’apparition des accidents aigus terminaux. En effet il avait été pratiqué en 1042 un examen radiologique systématique de 605 malades. Sur cés 605 aliénées les auteurs ont vu se développer dans le cours de l’anñée qui a suivi cet examen de contrôle 41 cas de tuberculose

pulmonaire, sur ces 41 Cas, 21 correspondaient à des formes graves

d'évolution rapide.

Voici un tableau comparant la mortalité dans le pavillon sanato-

rial et dans le service général.

Pavillon Sanatorial Nombre de décès......…... 27 29 | 23 % de la population traitée.| 28,6 % | 21,9 % | 18,7 #

Service général

Nombre de décès......,... 37 31 65 % de la population traitée.| 4,9 %| 4,4 | 8,4

Fo

Janvier à Mai

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L'énorme augmentation de la mortalité dans le service général semble due uniquement à la multiphcation des cas de cachexie sous leurs diverses formes. La mortalité du pavillon sanatorial a donc proportionnellement subi une augmentation beaucoup plus faible, elle est en rapport avec le nombre croissant des tuberculoses aiguës.

4° La contre épreuve a d’ailleurs été faite puisque M. BARIETY a montré que dans les milieux dont la ration est convenablement équilibrée, comme c’est le cas pour le corps des sapeurs pompiers de Paris, la mortalité et la morbidité tuberculeuses sont identiques à

celles d’avant-guerre.

5° M. BarieTy avec Ch. LejarD et M. BARRABÉ étudiant les formes actuelles de la tuberculose des séreuses chez les adultes, malades rapatriés d'Allemagne âgés de 20 à 42 ans, donc chez des

sous-alimentés, certains constatent :

À) la fréquence actuelle de la tuberculose des séreuses chez

l’adulte ;

(h* VS É Er

B) la fréquence des polysérites et notamment le nombre anormal chez l'adulte des péritonites, péricardites et des méningites ;

C) la fréquence des pleurésies datant de plus de trois mois :

D) la fréquence des rechutes souvent après un long intervalle

de bonne santé apparente (3 mois-6 mois-1 an).

Les rechutes multiples sont loin d’être rares puisqu'elles ont été observées par ces autetürs dans plus de 30 cas.

D'ailleurs voici leur tableau

| SÉRITES Ru é Ne

AGE (chiffre IPoLyséRiTES ; PLBURÉSIES PÉRITONITES | MÉNINGITES | PÉRICARDITES|L : à

10bal) LR ER de à

g10ba É

Au-dessous de 30 ans! 224 | 49 26 34 7 1 ‘a Au-dessus de 30 ans.| 217 51 31 26 3 3 ————— | EX

MORE 0e 441 100 57 60 10 6

6° CHARLES et François KLANDIN ont constaté sous l'influence

des meilleures habitudes sanitaires et surtout grâce à une amélio- me

-ration de l'alimentation, la régression des poussées tuberculeuses dans un village du Morvan.

7° Nous-mêmes pour pouvoir comparer plus étroitement les résultats statistiques d’avant-guerre et d’après-guerre nous sommes livrés

aux recherches que voici

Depuis 1940 toute la population est soumise aux restrictions et doit utiliser les tickets d'alimentation du service de l'alimentation a générale. Certes beaucoup de fraudes se produisent à l’actif de l’in- Es géniosité de certains de nos compatriotes. Néanmoins on ne peut Fe nier que la plus grande partie de la population parisienne souffre des a

restrictions et n'utilise pour son alimentation que la quote-part qui

lui est dévolue par les tickets de rationnement. Il est intéressant

5 de savoir si dans les différentes tranches d’âges correspondant à

la classification des cartes d'alimentation, le taux de la mortalité

tuberculeuse est lé même, étudié avant et pendant la guerre au cours.

des années 1938-1939, et après la guerre au cours des années 1941-1042.

A priori, nous supposons que des catégories plus favorisées au:

point de vue rationnement vont présenter un indice d'augmentation

de mortalité plus faible que celui des catégories particulièrement déshéritées.

La classification des catégories rationnaires est la suivante la catégorie E correspond aux petits âgés de Oo à 3 ans ; la catégorie Jr comprend les enfants âgés de 3 à 6 ans ; de la catégorie J2 correspond à ceux âgés de 6 à 13 ans ; la catégorie J3 comprend les jeunes de 13 à 21 ans, enfin la catégorie À correspond aux adultes de 21 à 70 ans; la carte V est attribuée aux individus âgés de plus de 70 ans.

Le recensement de la population parisienne des années 1941-1942 nous est donné selon ces différentes tranches d’âges.

Malheureusement le recensement de la population de 1936, et les statistiques de mortalité tuberculeuse, données, par le bulletin décadaire de la statistique municipale ne correspond pas exactement à la classification rationnaire.

Voici la nomenclature du bulletin dé la statistique municipale dont nous nous sommes servis pour faire ce travail

TA CATÉBOPIC RS R oute UE D ed O à 2 ans

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£ 2 » RE NEO À NET F3 9 à 19 ans

CEA 4° DE A NE RE SLA 20 à 60 ans É Fi - 55 De M RES ST 60 ans et au-dessus : Certes si nous rapprochons cette classification de celle du ravi-

taillement général nous voyons qu’elle s’en éloigne quelque peu. Il

nous a fallu ajuster les tranche d’âges du ravitaillement à celles du

bulletin décadaire et nous avons obtenu une répartition probable selon l’âge de la population à Paris au 10 janvier 1942 parle procédé suivant |

0 à 2 ans : à partir de la natalité et de la mortalité des enfants de 9 à 1 an, observées en 1941-1942 ; et de la mortalité des enfants de 1 à 2 ans enregistrée en 1942. Quelques départs probables dus aux placements en nourrice en province ont été retenus.

de 2 à 9 ans : une distribution aussi judicieuse que possible a été faite des séries de rationnaires J1-J2 de moins de 10 ans auxquelles on 2 x ajouté la troisième année des E.

de 10 à 19 ans : cette série a fait l’objet d’un ajustement des effectifs des rationnaires de de plus de 10 ans et des J3 de moins de 20'ans.

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