COMMENTAIRES
A) Comparaison de la morbidité tuberculeuse par profession chez les hommes et les femmes.
1° À ne considérer que les professions où la morbidité est égale ou supérieure à 100 pour 100.000, huit métiers doivent être retenus pour les hommes et dix pour les femmes.
2° Si on étudie les dix professions offrant chez l’homme et la femme l'indice de morbidité le plus élevé, on constate que huit métiers sont communs aux deux sexes, les quatre autres se répartissent
‘inégalement.
Professsions à morbidité Professions à morbidité Prose | maxima communes aux Se élevée Crasee Spéciales deux sexes spéciales à l’homme dotée ET 2 EN LT RE 2 1 | 7 ME Indice de | pour 100.000 on pee de morbi- | ité pour 100:000 || À — me — 100.000 2 H F Manutention, ma-| « nœuvres ,.:... 158 800 Transports .. 103 Domestiques. 170 JISoins personnels :| 335 584 \ Empl. de bureau :|: 161 452 |Industries du Cuirs et peaux..| 159 124 DOISES AN 84 Caoutchouc, Ind. du Vêtement! 106 121 carton, pa- Ind. du livre.... 133 113 . DIET SV 106 | Métallurgie ..... 98 110 Commerce de l'alimentation .| 148 104
3° Si l’on compare, dans chaque profession l'indice de morbidité pour 100.000 individus chez les hommes et les femmes, on constate généralement un risque tuberculeux plus grand chez ces dernières, compte tenu évidemment des métiers qui ne sont Pretiquement que lapetaee du sexe masculin.
| (Sr NI |
Ée : INDICE COMPARATIF| INDICE COMPARATIF PROFESSIONS EN FAVEUR EN FAVEUR DES FEMMES DES HOMMES ———————————__—__—— Manutention, manœuvres -:.....1.....,... 174% es DONS DEPSONNOIS enr ARE. SCAN US EC 144 — T'ÉIMDIOVÉ SEE DURÉE. 2 NN ne 280 % En DOMES PIQUE D ane 7e tar de de date la con dla | 269 % 3 — GUIPS Let DEAUX LATE DE SATA dr ss | 128 HINAUSDIS Ad -VÊTEMENT. Li dau dat 8 cu à 0 114 D | AD US LEE S AUTANT EEE DE Un au où 209 = 117 NÉ TOUR RO PR tee a ne me dei loees à | 112. ee Caoutchouc; carton, papier.....:....:..... 203 % | — JlComimerce de lalimentation..,........... = 146 alPierres,:verries, :1erres à feu... 2. | 137 % — 2 HETOSESSIONSSLIDÉRAIES ARE REP SE | = 19% % TNOUSTTIESEE TEXTILE RER ASE | STD — HENdUSTTIES FŒUMPDOISEEC TN TN er ne | — 215 Industries de l’alimentation..........::.. | = 104% DA MTRONNS Sete ee Ne ee one eu aie à | = 368 Métaux fins et pierres précieuses..... el — 346 %
Ainsi les professions entraînant le maximum d'efforts physiques et occupant des ouvriers non spécialisés sont les plus vulnérables au B.-K. (manutention, manœuvres) ce qui s'explique pour un standing de vie peu élevé, un niveau intellectuel assez bas, un travail fatigant. Les femmes astremtes à ces mêmes métiers sont d’ailleurs plus
touchées, il semble bien que ce soit la conséquence d'un travail
dont l'effort demandé n’est pas proportionnel à la constitution physique de la femme.
La concordance des têtes de liste dans la classification des professions chez les hommes et chez les femmes devant le risque tuberculeux est intéressanté à constater. Indépendamment du sexe jouent donc des facteurs inhérents soit au professions, soit aux conditions
-de vie de la population dans une région déterminée (Seine et Seine- -et-Oise dans ce cas). Le facteur spécifiquement professionnel de la
catégorie « soins personnels » est évident. Les facteurs spécifiques extra-professionnels sont certains dans les catégories de manœu- … vres, manutention et employés de bureau. À
À partir du 4° rang on constate des variations du risque tuberculeux « professionnel » pour le sexe, mais on retrouve encore, certaines constantes qui font qu'une profession est également pro-
. pice à l'éclosion de la tuberculose dans les deux sèxes puisque la
profession incriminée occupe la même place où à peu près dans l'ordre des classements des métiers. Rien d'étonnant à ce que de-
vant le risque tuberculeux les domestiques femmes occupent le
4° rang, Alors que lès hommes sont au 12°. En effet, celles-ci sont astreintes à un travail très pénible, la « bonne à tout faire » réalisant la forme moderne de l’esclavage alors que les domestiques hommes constituent la classe avañtagée des « gens de maison » bien traités, bien nourris et astreints à un travail peu pénible. Inversement, les « transports » sont au & rang chez les hommes et au 18 chez les femmes, ce qui s’expliquerait par les occupations peu fatigantes dévolues aux femmes dans la catégorie « transports » poinçonneuses, contrôleuses.. etc.
En fin de liste, on retrouve avec un rang et des indices de morbidité équivalents dans les deux sexes des professions qu'on peut qualifier de peu ou pas dangereuses devant le risque tuberculeux, les professions libérales notamment : hommes I. M. de 53, 12° rang; femmes I. M. de 42, 12° rang. en
En résumé, il est des professions dangereuses quel que soit le sexe du travailleur parce qu'interviennent des facteurs spécifiques
- inhérents à la profession (contact avec des malades) (cuirs et peaux,
industries du livre ou vêtements) ou à la condition de vie de telle ou telle classe de travailleurs (manœuvres, manutentionnaires, employés de bureau, commerce de l'alimentation). LS
De même, quel que soit le sexe des travailleurs, certaines oies sions doivent être placées comme peu dangereuses devant le risque tuberculeux (professions libérales, industries de l'alimentation, industries chimiques, industries textiles, industries du bois, métaux fins, pierres précieuses).
Le sexe influence le risque bete professionnel.
A) Soit par suite d'efforts physiques en désaccord avec les lois Pise
naturelles de la constitution physique dés hommes et des femmes. ho, de At du bâtiment chez la Los
bits astréints à tel ou + métier (domestiques. femmes, métallurgistes hommes). nr
Telles sont brièvement relatées les statistiques et” les conclusions.
du si intéressant travail de notre ami M. Fourestier. HE PA GARE
2° On peut apprécier d’une manière indireètée les conditions de
FL et leurs rapports avec morbidité et mortalité tuberculeuses #
en recherchant par exemple comme l’a fait notre maître Pierre BourGEotïs et R. Diprer la qualité professionnelle du père ou de la mère des enfants admis au sanatorium de Brévannes. Comparant une même période pendant trois années 1937-1938-1041, ils constatent que chez les enfants hospitalisés à Brévannes en 1937 du 1* janvier au 1° juin sur 13 entrants on trouve retormes-graves.dvec deéces.: "ir. (e) ASE OTHES SO PICMSG DUT NT Ann een
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1938 du 1* janvier-au 1°” juin sur 25 entrants en trouve
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1941 du 1° janvier au 1° juin sur 29 entrants on trouve :
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Le pourcentgge des formes graves ou très graves est passé de 15 % en 1937 à 8 % en 1938 et à 45 % en 1941.
Il résulte d’une enquête sociale faite dans les famulles des petits
malades que sur 13 cas graves, il s'agit dans 3 cas d'enfants dont le père est décédé ou disparu. Ces enfants vivent dans des conditions d'abandon familial partiel. Dans 9 cas le père est manœuvre, maçon, garçon de café, chauffeur, coiffeur, employé de chemin de fer ou bien comme dans l’un des cas la mère ouvrière d'usine vit séparée de son mari.
Les enfants présentant des formes bénignes ont un père petit * fonctionnaire, ouvrier spécialisé, employé. ou gendarme, On peut penser qu’ils vivent donc dans des conditions sociales plus favorables que les précédents.
3° Il est intéressant de comparer le risque professionnel tuberculeux après ou au cours d’un grand bouleversement social, la guerre
NO OPEE
par exemple, ce fait n’a pas échappé aux auteurs allemands. Etudiant deux époques 1913-1914 et 1917-1918, l'auteur allemand BLIEDLUNG C., comparant les conditions sociales des individus constate, que la classe socialement la plus défavorisée des travailleurs présente le plus grand pourcentage de morbidité tuberculeuse après la guerre.
En 1913-1914 sur 178 hommes 49 soit 27,5 % des ouvriers sont tuberculeux contre 42 hommes sur 90 soit 46,6 % pendant l’année 1917-1018.
Parmi les femmes ouvrières d'usines en 1913-1914 sur 87 femmes ils en trouve 14 soit 16,09 % tuberculeuses. tandis qu’en 1917- 1918 il s'en trouve 25 sur 107 tuberculeuses soit 23,6 %. g
Cet auteur donne des statistiques portant sur la capacité de travail des malades avant la guerre et après la guerre. Il constate qu’en 1913-1914 le plus fort pourcentage de tuberculeux est représenté par une capacité de travail de 50 %. En 1917-1918 le plus fort pourcentage de tuberculeux est représenté par une capacité de travail de o %: |
Il est vrai que pour la capacité de travail de 25 % qui est une aptitude relativement faible des malades à une récupération sociale le pourcentage est plus fort en 1913-1914 (63) qu'en 1917-1918 (30).
Voici d’ailleurs le tableau comparatif montrant que l'aptitude au travail est beaucoup plus élvée avant la guerre, qu'après.