FACULTÉ DE TRAVAIL
4° Nous-mêmes en collaboration avec notre ami M. FOURESTIER avons étudié les variations du risque professionnel après la guerre dans le cadre d’une commune de la région parisienne.
Nos investigations ont porté sur les années 1938-1039 et 1941- 1942, pour les adultes des deux sexes sans distinction. Voici deux tableaux classant les professions par ordre décroissant de morbidité tuberculeuse en rapportant le nombre de tuberculeux inscrits dans un dispensaire O. P. H. S. par profession au total des individus se livrant aux mêmes occupations. (Morbidité pour 100.000 individus de la même profession).
‘ 3 TUBERCULEUX NOMBRE pour 100.000 tra- 1098521989 de travailleurs |vailleurs dans la profession 1. Caoutchouc, carton, papier............ 403 2. Industries chimiques ........:...7... 416 | 3. Industries: Au bois... 0.0, 1.480 ' ARNO ER RTE Re EE Ne SU ete 2.300 5. Comm. et ind. de l'alimentation. 23 1.897 GE Métallurgie er eee MIN Rae | 44,640 TMOUIPS et PDeRUR eue ne eme Melon ee ee 1e 849 8; Industries textiles: 4%. 1m, 297 H-9- Industries. du : vétement......:...... 1.752 110. Pierres, verreries, terres à feu...... 481 ( 2 (D SR TUBERCULEUX NOMBRE pour 100.000 tra- 1941-1942 de travailleurs |vailleurs dans la profession BAD IMTON TERRE en SA Norte dre ane gra 250 3.000 DAINA=AdU SVÉIEMEONT He ee ue: recu ae er 150 2.333 Re REU LOL NOR RAA EEE 3.800 658 AIO TERMES ME RM de nee doses ee 200 500 SA MONEAHONS RS Te ne rer eneie serein 1.550 483 BE CUITS M ERA DEAUXS : sen eu se seie etetéie ere 750 333 RU 9 1e ee LEO CR PR OP ORNE | 1,950 282 8. Caoutchouc, carton, papier........... 370 2920 9. Pierres, verrerie, terres à feu........ 200 295 AOINdS + CHIMIQUES NE A LL me à e sure 830 | 60 |
A) Les indices de morbidité pour 100.000 travailleurs sont considérablement élevés en 1941-1942 par rapport à ceux de 1938-1930. Ce fait évidemment ne peut surprendre a priori. Néanmoins, il faut savoir apprécier plus justement cet accroissement extraordinaire de morbidité par profession dépuis la guerre. Le nombre de tuberculeux inscrits au dispensaire est plus vrai que celui des individus. travaillant dans la profession ; le recensement de 1941-1942 ne pouvant avoir la rigueur de celui d’avant-guerre. Dans le bâtiment, par exemple, la morbidité ne peut être passée de 217 pour 100.000 à 3.000. L'accroissement est certain et ne fait que confirmer toutes les statistiques qui affirment l'augmentation de l’endémie tuberculeuse depuis la guerre. Mais il ne peut avoir atteint ces proportions. Il ne faut donc pas reconnaître une valeur absolue à nos chiffres dé morbidité tuberculeuse par profession depuis la guerre.
B) En partie vrais dans l'absolu, les taux variables suivant la profession d'accroissement de la morbidité tuberculeuse ont leur pleine valeur relative quand on compare les professions les unes aux autres depuis la guerre
a) Deux professions se détachent nettement avec un accroissement apparent maximum de la morbidité : bâtiment (3:000 pour 100.000) ; vêtement (2.333). Or la diminution du nombre de travailleurs dans ces deux professions est respectivement de 80,5 % et de 91,4 %. I est probable que ne sont restés en France, dans ces deux professions, sinon que les malades, tout au moins des sujets amoindris qui ont été soumis à des conditions de travail plus pénibles du fait de la diminution du nombre de travailleurs, et, surtout, probablement sous-alimentés. Rien d'étonnant à ce que le pourcentage de morbidité tuberculeuse soit en forte augmentation dans ces catégories de travailleurs.
b) Dans d’autres professions, le pourcentage de diminution des travailleurs est relativement peu important : par exemple, métallurgie, 14,8 %; cuirs et-peaux, 11,6 %. Or dans ces professions l’accroissement de la morbidité tuberculeuse en 1941-1942, sans atteindre les augmentations extraordinaires des catégories précédentes, . est nettement plus élevé qu'en 1938-1939 : métallurgie, 658 au lieu. de 179; cuirs et peaux, 333 au lieu de 176. Des causes locales, les
mêmes que celles qui ont dû jouer pour l’ensemble de la population française, ont dû intervenir, c'est-à-dire la sous-alimentation, les difficultés de la vie sociale, les soucis moraux, etc. La qualité professionnelle ne semble pas intervenir pour expliquer dans ces catégories de travailleurs l'accroissement de la morbidité tuberculeuse puisque leur morbidité n'était pas exagérée avant-guerre.
c) Certaines professions enfin ont été peu touchées (tout au moins dans le cadre régional où ont porté nos investigations) par la migration des populations qui ont été la conséquence de la guerre. Or dans ces professions la morbidité tuberculeuse, en 1941-42, est soit identique à celle de 1938-39, soit même inférieure. Exemples caoutchouc, carton, papier : en 1938-1930, la morbidité pour 100.000 a été de 248. En 1941-42, pour une diminution du nombre de travailleurs de 8,1 %, la morbidité a été de 220. Industries chimiques : morbidité en 1938-39, 240; en 1941-42, la morbidité est de 60, et la diminution du nombre de travailleurs a été pourtant de 49 %.
On peut donc affirmer que malgré les conditions déplorables de l'expérience sociale en cours actuellement, ces deux professions n'offrent pas à leurs travailleurs un risque tuberculeux anormalement élevé.
I ressort de ce travail que la recherche du risque tuberculeux professionnel doit être poursuivie pour mieux préciser des règles rationnelles de la prophylaxie tuberculeuse.
La conséquence d'une appréciation exacte du risque tuberculeux professionnel est la réorganisation possible — du point de vue hygiène du travail — de l’industrie à forte morbidité tuberculeuse. Savoir que telle profession, telle corporation, est particulièrement sensible au B. K., n'est-ce pas la première étape d’une lutte prophylactique efficace au lieu même du travail, à l'usine ou à l'atelier ?
Notre enquête sur le risque tuberculeux professionnel avant et après la guerre confirme indirectement l'accroissement de la morbidité et de la mortalité tuberculeuses unanimement reconnues et qu'un minimum d'observation souligne à l'évidence. Le bouleversement des conditions normales du travail, la sous-alimentation et les migrations de population sont autant d’incidences particulières dont il faut tenir compte pour apprécier cette accentuation.
— ressortant des statistiques sont certaines depuis la he selon 1 AR +
MZ by
Ex RÉSUMÉ RARES Fe ee
T2 ee certain que le risque tuberculeux mérite d’' être étu— dié par profession, ce qui n’a encore jamais été. fait en France. NT
dico NES LS, he.
2° Les variations de la morbidité et de la mortalité tuberculeuses La
métier considéré. <a ARS DUR 1 RU TRES à
3° Nous verrons dans la deuxième “partie. de notre travail si les» FE
différences du risque professionnel tuberculeux depuis la. guerre TRS 5e sont imputables à Rs sous- alimentation , ou à à d'autres facteurs intri= .