‹ Tumeurs Malignes du Pavillon de l'OreilleChapitre 27 sur 42 · ITS AE · texte numérisé non relu

ITS AE

Le Professeur Bouisson avait signalé le fait sous ue autre forme. Le danger éventuel inhérent par exemple à la division de l'artère auriculaire postérieure anormalement développée serait en particulier atténué ou même complètement écarté par la ligature de ce vaisseau.

Ceci étant fait, et le malade endormi, on circonscrit le pavillon par deux incisions semi-elliptiques, l’une antérieure partant des attaches musculaires supérieures, passant en avant de la baie du tragus et se dirigeant en bas et en arrière vers le lobule, l’autre postérieure contournant la conque et allant rejoindre en bas l'incision antérieure. Cette incision postérieure rencontre l'artère auriculaire postérieure à l’uniof de son tiers inférieur avec ses deux tiers supérieurs. On arrive ainsi Jusque sur le point de réunion du cartilage auriculaire avec le cartilage auditif et on incise de haut en bas.

Après l’ablation on procède à l'hémostase, si toutefois il y a lieu et aux sutures de [a peau.

On peut encore suturer la peau qui est à la marge du conduit auditif avec celle de la circonférence extérieure de la plaie en procédant à un décollement sous-cutané. Dans la suite, on laisse pousser les cheveux qui viennent d'eux-mêmes masquer la cicatrice. Ou bien on peut employer le procédé de M. Morestin qui consiste à prendre un lambeau aux dépens de la peau de la région sierno-mastoïdienne, au-dessous de l'angle de la mâchoire et- de celle

de la région hyoïdienne. Ce‘lambeau à pédicule pos-

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térieur est ramené en le faisant pivoter sur la perte de substance et suturé aux bords de la plaie. Dans la suite, les poils de la barbe de cette peau se mélan-

gent aux cheveux et l'assemblage est, parait-il, des

plus réussis. M. Morestin a opéré de cette façon un

malade dont il a signalé l'observation dans la thèse de Maillard sur la tuberculose et le cancer (Paris, 1901). |

Quant aux appareils de prothèse proposés, pavillons artificiels de différents modèles, ils peuvent être employés sans difficulté, il est même des cas où ils conduisent mieux le son que les pavillons naturels.

La prothèse organique avaitété signalée par Tagliacozzi de Bologne qui citait le cas d'un moine dont l'oreille avait été merveilleusement réparée. Cependant nous partageons les idées de Bouisson à ce

sujet quand ilécrivait:« Les lauriers deTagliacozzi qui

au xvivw siècle prétendait refaire les oreilles, ne

doivent plus troubler le sommeil des chirurgiens, l'anaplastie de l'oreille n'ayant inserit encore à son

bénéfice que quelques exemples de réparations par-

tielles, on peul renoncer sans préjudice pour les sujets qui ont perdu la lotalité du pavillon à des tentatives de réparation organique de cet appendice, La création dû chirurgien serait si loin de celle de la

nature qu'il faudrait la cacher sous les cheveux avec

plus de soin encore que la cicatrice d'une oreille amputée (1).

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