HISTORIQUE
La première observation connue de cancer de l'oreille remonte à 1804 et est due à Fischer.
Il s'agissait d’un jeune paysan, qui depuis l’âge de 8 ans souffrait de (démangeaisons produites parune teigne qui s'était étendue à l'oreille droite ». À 20 ans le mal avait acquis un développement tel que tout le pavillon de l'oreille était changé en une masse tuberculeuse et informe. Nous citons du reste lobservation à la fin de ce travail. Elle fut rapportée seulement en 1848 par Kramer, dans son Traité des maladies de l'oreille (traduction française, par Ménière).
La première publication à ce sujet fut faite en 1833 par le Trans of medic. and phys. soc. of.
Jalcutta et en mai 1834 par le The American Jour-
nal.
Ces observations furent reproduites la même année dans les Archives générales de médecine 2e série tome VI), et avaient été relatées dans la réunion du 2 mars 1833 à la Société de Calcutta par Campbell.
Riedel ne consacre que quelques lignes au cancer.
Hubert-Valleraux cite Fischer et constate la tendance de la tumeur à envahir de proche en proche. Il n’apporte pas d'observations personnelles.
Nous citons pour mémoire :
Irarp. — (Traité des maladies de l'oreille et de l'audition, 1842).
KRAMER. — (Diagnostic et traitement des maladies de l'oreille, 2° édition, Berlin, 1849).
TOoYNBEE. — fAecherches physiologiques sur les maladies de l'oreille. Londres, 1850).
Triquer. — (Traité pratique des maladies de l'oreille, Paris, 1853).
Ces auteurs ne disent rien des tumeurs malignes du pavillon de l'oreille. I faut arriver jusqu'en 1859 où une ère d’études commence à poindre.
Sedillot dans le Compte rendu de l'Académie des Sciences du 25 juillet 1859 publie en effet une note sur le & traitement des cancers épithéliaux ou cancroïdes par l'application du cautère actuel ».
Cinq ans plus tard, Velpeau cite dans la Gazette des Hôpitaux une observation de tumeur cancéreuse du pavillon de l'oreille pour laquelle il fait certaines réserves. Nous y reviendrons.
En 1869 dans la Gazette des Hôpitaux, observa-
To ——
tion de Demarquay sur un cancroïde du pavillon de l'oreille.
La même année Bouisson fait paraître dans Montpellier médical un article intitulé: De l’Amputation du pavillon de l'oreille. I constate la pénurie des traités particuliers qui veulent être complets sur la chirurgie de l'oreille et mentionne à ce sujet comme premiers documents, ceux de Troltsch dans le Traité pratique des maladies de l'oreille, etde Triquet déjà cité. Cette affection, dit-il, est moins rare que ne le ferait supposer la pénurie de descriptions qui la constate ; nous l’avons observée bon nombre de fois, tantôt comme le résultat de propagation morbide de lésion de cette nature développée dans les environs de l'oreille, notamment dans la région parotidienne, tantôt et c’est le point qui nous intéresse, comme provenance directe ayant débuté et s'étant fixée dans la région même de ce pavillon.
BONNEFONT. — 7railé théorique et pratique des maladies de l'oreille et des organes de l'audition (édition 1873, page 113), insiste surtout sur les cancroïdes qui semblent avoir la priorité sur les autres tumeurs.
Les recherches statistiques de la thèse de Treillet. Paris, 1882, sur la fréquence de ces tumeurs semblent en rendre le nombre très restreint.
Harrison. — Archives générales de médecine 4° série, t. XI, 1846, n’en à pas observé sur 190 cas de maladies de l'oreille.
KrAMER. — Archives générales de médecine
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4e série, t. XV, 1847 sur 2.000 cas de maladies de l'oreille a trouvé 5 cas de tumeurs du pavillon.
Wipe.— Archives générales de médecine 4°série, t. XVI, 1848, sur 708 cas observés n'a pas vu un seul cas de cancer.
VERNING. — Aphorismes sur les maladies de l'oreille. Vienne, 1834. Rien.
LinckE. — Jiecueil de mémoires et d'observations sur les maladies de l'oreille. Leipzig 1836. Rien.
Dupray.— Dans son traité de pathologie externe. Paris, 1875, résume à l'opinion du moment en disant : « le cancer du pavillon de l'oreille paraît assez rare si l'on s’en rapporte au silence gardé par les auteurs ».
Jonx-Roosa. — Traité pratique des maladies de l’oreille, publié à New-York en 1856, cite un cas d’épithélioma de l'oreille dans lequel le pavillon avait été détruit, le conduit auditif externe envahi.
Les caustiques avaient été impuissants a arrêter le mal et le patient était mort.
En 1879, la thèse de LAFARGUE sur les tumeurs malignes du pavillon de l'oreille, apporte 2 cas nouveaux d’épithélioma.
Trois ans après, Treizer, De l'épithélioma du pavillon de l'oreille, réunit 11 observations nouvelles, 1882.
Depuis, chaque année les travaux se multiplient et comme On pourra se convaincre en consultant notre index bibliographique, il semble que l'atten-
tion des chirurgiens ait été attirée sur ce point,