‹ Tung pao. Toung pao (volume 3)Chapitre 134 sur 142 · ASIE CENTRALE · texte numérisé non relu

ASIE CENTRALE

La «Société de Géographie» N°. 14 contient une lettre du voyageur Bonvalot (expédition dans l’Asie centrale du prince Henri d'Orléans) du 27 Juin 1890 donnant une courte description de son voyage. Le 8 juillet la société reçut de M. Bonvalot un télégramme de Tchoung-king, ainsi conçu: «Avons traversé le Thibet, du N. au $., de l'O. à l'E. Tout va bien — De Ta-tsien-lou» et le 29 Sept., un autre télégramme d'Hanoï, annonçant l’arrivée en cette ville des voyageurs venant du Yunnan. Dr. A. Petermann’s Mittheilungen aus Justus Perthes Geographischer Anstalt donne (Fasc. XII pag. 300) une communication très flatteuse de ce voyage, ainsi qu’un résumé des expéditions de Grombtschewski et des frères Grum Grshimailo. La Société de Géographic N°. 15 contient également une lettre détailée de M. Édouard Blanc, datée de Och (Ferghana) 27 Oct., sur le voyage de MM. Grombtschewshi et Léopold Conradt. Dans le mème recueil (pag. 506) M. Ch. Gauthiot a fait une communication orale sur le voyage dans l’Asie centrale de M, Ed. Blunc.

BELGIQUE

Nous ne pouvons nous empêcher d'admirer l’activité de M. C. de Harlez qui vient de nous donner un nouvel et important travail: 1-li, Cérémonial de la Chine antique, avec des extraits des meilleurs commentaires traduit pour la première fois. Paris, Maisonneuve, 1890, in-8. Nous reviendrons dans uns de nos prochains numéros sur les travaux de M. de Harlez relatifs aux études chi-

noises.

M. A. A. Fauvel continue dans la Revue des questions scientifiques son

étude sur «La province Chinoise du Chan-toung».

GRANDE-BRETAGNE

Le Babylonian and Oriental Record de Novembre contient un article du professeur Terrien de Lacouperie sur la déesse de la soie en Chine (The Silk- Goddess of China).

CHINE

M. Edouard Chavannes a publié dans la «Peking oriental society» un Traité sur les sacrifices Fong (HP) et Chan (EE ) de Se-ma Tsien.

L'empereur de Chine a fait notifier aux puissances qui entretiennent des représentants à Pékin, un décret pris le 12 décembre pour régler les réceptions désormais accordées au corps diplomatique.

Voici les termes de ce décret:

«Depuis la conclusion des traités avec les puissances étrangères, nous avons échangé d’une façon ininterrompue, des lettres avec les chefs d’État de ces puissances et nos relations amicales ne font qu'augmenter de jour en jour.

«Nous sommes heureux de constater que les représentants étrangers accrédités à Pékin ont tous été fidèles à la mission à eux confiée de resserrer les liens qui nous unissent aux nations amies: ce dont nous ne pouvons que nous féliciter.

«L'année dernière, pendant les fètes impériales qui ont eu lieu à la première et à la seconde lune, Sa Majesté l’impératrice mère avait ordonné au Tsong- Li-Yamen d'offrir des banquets aux représentants des puissances.

«Maintenant, Nous avons pris Nous-même les rênes du gouvernement depuis bientôt deux ans, et notre devoir est de recevoir les envoyés de tous les pays amis.

«Conformément aux précédents créés déjà par Sa Majesté l'Empereur Toung- Tche en la douzième année de son règne et désireux de montrer notre empressement à l’égard des puissances, Nous voulons augmenter le nombre de nos réceptions.

«Nous décrétons donc qu’une réception en l’honneur des ministres et chargés d’affaires étrangers aura lieu dans le courant de la première lune de l’année prochaine. et que le Tsong-Li-Yamen prendra d’avance les ordres nécessaires pour fixer le jour de cette réception. Le lendemain, un banquet sera offert au corps diplomatique dans le palais du Tsong-Li-Yamen.

«Cette cérémonie sera répétée tous les ans à la même époque. Les ministres étrangers qui arriveront dans le courant de l’année seront reçus par Nous comme leurs prédécesseurs. De plus, à chacune des fêtes d’État qui doivent être une occasion de réjouissances pour tous, le Tsong-Li-Yamen recevra des ordres à l'effet d'offrir un banquet au corps diplomatique. Le cérémonial sera fixé d’avance par le Tsong-Li-Yamen.

«Ces dispositions montrent que nous avons le plus sincère désir d’entretenir et d’affermir continuellement nos bonnes relations avec les pays amis.

«Respectez ceci».

Au sujet de ces réceptions, le général Tcheng Ki-tong a envoyé au Temps du 23 déc. 1890, la lettre suivante:

«Les ambassadeurs étrangers ont été, depuis la plus haute antiquité, admis en présence de S. M. l’empereur de Chine.

Ces réceptions n’ont été interrompues qu'aux seules époques où l’empereur, n'étant pas majeur, ne pouvait s'occuper des affaires de l’État. Nos coutumes, en même temps, n'admettant pas que les hommes soient admis en présence d’une femme, les ambassadeurs ne pouvaient être reçus par $. M. l’impératricemère, régente de l'empire.

C’est ainsi qu’en 1873, après la proclamation de la majorité du défunt em-

pereur, les représentants des puissances étrangères furent admis à une audience

impériale. La mort de S. M. Tong-Tche et l’avènement d’un empereur mineur interrompirent de nouveau les réceptions, qui viennent d’être reprises tout naturellement, non point par suite du triomphe d'idées nouvelles, mais par le simple fait de la majorité de notre souverain actuel, S. M. Kouang-Sseu».

Le Temps ayant fait suivre cette lettre des remarques suivantes:

«ll serait intéressant de savoir combien de fois des représentants des puissances étrangères ont été reçus par l’empereur de Chine et si, jusqu'à ce jour, il existait un décret impérial fixant ces audiences d’une façon permanente. Là est le point capital de la mesure libérale prise par le Fils du Ciel».

Le Général Tcheng Ki-tong lui a répondu dans ces termes, insérés dans le Numéro du # Janvier 1891:

Paris, 30 décembre 1890.

«Je m’empresse de vous envoyer quelques notes, en réponse aux questions posées dans votre numéro du 23 décembre dernier.

Il était impossible, autrefois, qu’un décret impérial fixat, en Chine, d’une manière permanente, les audiences données par l’empereur aux représentants des puissances étrangères. Cela, pour cette simple raison: que les ambassadeurs étrangers n'étaient point établis en permanence auprès du gouvernement chinois.

Mais notre histoire nous montre, de tout temps, des ambassadeurs admis en présence de l’empereur, à la seule condition de se conformer au cérémonial usité en Chine. Pour ne pas remonter plus haut que l’ère actuelle, nous voyons, en 166, Hiao-Hiouan-Ti recevoir une ambassade de l’empereur romain , Marc-Aurèle; de même, en 798, les ambassadeurs du calife Haroun-al-Raschid sont reçus par Té-Tsoung, ceux des rois de l’Inde, en 1282, par Koublai-Khan, et ainsi de suite.

Je ne vous cite que les plus remarquables de ces ambassades : le nombre des décrets spéciaux d'audience est trop grand pour que je veuille ïes reproduire tous.

Après la découverte de la route du cap de Bonne-Espérance, la Chine montra un certaine défiance à l’égard des ambassades des nations européennes dont elle avait appris, en même temps, et le nom et les conquêtes asiatiques. Lorsqu’enfin la question des ambassadeurs à recevoir se posa d’une façon sérieuse, des difficultés relatives au cérémonial chinois s’opposèrent souvent à la réception. C’est pour des raisons de ce genre, qu'échouèrent les ambassades russe et hollandaise de 1656.

Mais dès la première moitié du dix-huitième siècle l'empereur Yung-Tcheng rendait un décret fixant l'audience accordée à l’ambassadeur du pape. En 1793, un autre décret accordait l'audience à l’ambassadeur anglais Macartney, qui a rendu justice entière, dans son rapport, à l'hospitalité chinoise.

Dans la deuxième moitié du dix-neuvième siècle, les réceptions deviennent de plus en plus fréquentes et régulières. En 1873, S. M. Tong-Tche reçoit par décret spécial, en audience collective, les représentants de la France, de la

Russie, de l'Angleterre, des Etats-Unis et de la Hollande. L'empereur reçoit de

nouveau les ministres de France, de Russie, de Belgique et d'Allemagne. Enfin, $. M. Kouang-Sseu vient de fixer ces audiences d’une manière permanente.

Je dois faire remarquer ici que tout ce qui, dans le cérémonial chinois, pou-

vait paraître incompatible avec les idées européennes, a disparu par degrés, à partir de l’audience accordée par l’empereur Yung-Tcheng. Veuillez agréer, etc.»

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