CHAPITRE VII
St. François Xavier et les Missions.
Toutes les nouvelles possessions portugaises, depuis Madère jusqu'aux Indes, étaient soumises à la juridiction ecclésiastique de l'ordre du Cnrisr dont le Prince Henri avait été Grand Maître; leur Supérieur ecclésiastique, indépendant de tout évêque, était le vicaire de THomar, ville du Portugal dans l'Estramadure fondée sur le versant oriental des montagnes qui dominent les plaines de Batalha et d’Alcobaça, en 1180 par les Templiers; à la destruction de ceux-ci, Thomar passa à l’ordre du Christ dont elle devint le chef-lieu.
Le Roi, Dom Manoel, avait fondé à Funchal, dans l’île de
Madère, une église sous le vocable de Notre-Dame desservie par un
1) L'ouvrage le plus fréquemment cité pour l’histoire des premières relations de la Chine avec le Portugal est celui du Suédois Ljungstedt:
— An Historical Sketch of the Portuguese Settlements in China; and of the Roman Catholie Church and Mission to China. Boston, 1836, in-S. — Cf. Bibhotheca Sinica, col. 2310—1.
Il est rempli d'erreurs dont quelques — unes ont été relevées dans le livre suivant:
— Historic Macao. By C. A. Montalto de Jesus. Hongkong, 1902, in-8.
Il faudra aussi corsulter outre les historiens portugais, l’ouvrage de D. Ferguson, cité
à diverses reprises.
Evêché de Funchal.
vicaire de l'Ordre du Christ, lieutenant du vicaire de Thomar, et par quinze prètres séculiers qui jouissaient des bénéfices qu'on nommait portions. Sur la demande de ce prince, le Pape Léon X, par une bulle datée de Rome, 12 juin 1515, érigea Funchal en siége épiscopal; par suite il supprima la vicairie de Notre-Dame et assigna pour dot à cette église: 1° les revenus précédemment attachés à la vicairie supprimée; 2° 500 ducats à prendre tous les aus, avec le consentement du Roi, sur les revenus que Dom Manoel tirait de l’île Madère. Au lieu du vicaire et des quinze bénéficiaires attachés précédemment au service de l’église, le pape créa quatre dignitaires, savoir un doyen, un archidiacre, un chantre et un trésorier, et douze chanoines; le pape réservait au Roi de Portugal le droit de présentation à l'évêché auquel fut nommé Diego PiNHerRo,
vicaire de Thomar, qui mourut en 1526.
Diocèse de Goa. Par une bulle du 31 janvier 1534, Crémenr VII, à la requête
de Joäo III, successeur de Dom Manoel, érigea Goa en un évêché !), détaché de celui de Funchal. D'autre part, par la même Bulle, ’évêché de Funchal était fransformé en un archevêché dont Goa était suffragant; ce dernier diocèse devait s'étendre du Cap de Bonne Espérance à l'Inde et à la Chine; sur ces entrefaites, Clément VIT mourait le 25 septembre 1534, avant que cette Bulle eût été expédiée, mais Pau IIL, son successeur, la ratifia par sa propre Bulle du 3 novembre suivant et en ordonna l'exécution.
À cause de la grande distance, par une Bulle du 8 juillet 1551,
le Pape Jures IIL réduisit l’archevêché de Funchal à son ancien
1) Avant l’érection de Santa Catharina de Goa en évêché en 1534, il y eut quelques évêques aux Indes, par exemple Duarte Nunes, des Frères Prêcheurs, sacré évêque de Laodicée; + en 1528; et Fernando Vaqueiro, de l'Ordre Séraphique, qui était aux Indes en 1532. Les deux premiers évêques de Goa furent: Francisco de Mello, fils de Manoel de Mello et de Brites da Sylva, sacré évêque de Goa, en 1532; f au moment de s’embarquer; et Joäo de Albuquerque de l’ordre de St. François, de la Province de Piedade, par bulle du 11 avril 1537; passa à Goa et + 28 février 1553. Cf. Antonio C. de Sousa.
état d’évêché et le rattacha ainsi que Goa comme suffragant à l’archevêché de Lisbonne.
On ne tarda pas à s’apercevoir des inconvénients qui résultaient à cause de la distance du rattachement de Goa à Lisbonne, aussi par une Bulle du 4 février 1557/8, la troisième année de son Pontificat, sur la demande de D. Sébastien, le Pape Pauz IV érigea Goa en archevêché indépendant. ‘) Par deux autres bulles du même jour, le Pape érigea les églises de Cochin (S. Cruz) et de Malacca (Assumtae Virginis) en évêchés et les donna pour suffragants au nouvel archevêché de Goa, dont ils avaient été démembrés. Quant à l'étendue respective des trois diocèses, Goa, Cochin et Malacca, le Pape chargea l’Archevêque de Lisbonne d’en régler les limites, et de décider des questions, sauf le recours au Saint Siége, si de
trop grandes difficultés surgissaient. ?)
Le développement considérable du Christianisme aux Indes était
dû à l’apôtre du nouvel ordre religieux créé par Icxace de LovoLa:
ançois de
François de Xavier. François de Jassu y Xavier est né le 7 avril Ho
1506, fils de Juan de Jassu et de Maria de AzrircuerA, fille de Martin de Azpilcueta et de Juana de Azxarez, héritière de Xavier: Xavier est un castillo à deux lieues de Sanguessa dans la Navarre près de la province d'Aragon; quant à Jassu (en basque Yatsou) c’est un village à une lieue de Saint-Jean-Pied-de Port. Au commencement de septembre 1525, François fut envoyé à Paris pour étudier à l’Université, célèbre alors dans le monde entier. Ce fut dans la capitale de la France que le jeune gentilhomme navarrais fit la connaissance d’Ignace de Loyala et il ne tarda pas à subir
l’ascendant de son actif et enthousiaste compatriote.
1) Le premier archevêque parait avoir été Gaspar de Lea6, chanoine d’Evora (1560—1567). 2) Note sur les érections des Evêchés et Archevêchés de Funchal ou Madère, de Goa,
de Malacca et de Cochin. — Bib. Nationale, MS. Bréquiqny, 58.
Création de la Compagnie de Jésus.
Isnace de Loyoca, né en 1491, au chateau de Loyola, soldat énergique, fat grièvement blessé le 20 Mai 1521 à Pampelune qu'il défendait contre les Français. Pendant sa longue convalescence, frappé d’une grâce soudaine, il résolut de se vouer désormais au service du Christ; après avoir étudié à Barcelone, à Alcala, à Salamanque, il arriva enfin à Paris au commencement de février 1528. Il gagna à ses idées Pierre Lerèvre, François de Xavier, Jacques Larnez, Alphonse Sazmero, Nicolas ALPHoNse surnommé BoBanizra et Simon Rodriguez d'Avepo, tous espagnols, sauf le premier qui était savoyard. Le 15 août 1534, les sept compagnons «promettent à Dieu qu'après avoir achevé leur cours théologique ils se rendront à Jérusalem pour sa glorification; mais que, si au bout d’une année il ne leur est pas possible d'arriver à la Ville Sainte ou d'y demeurer, ils iront se jeter aux pieds du Souverain Pontife et lui jurer obéissance sans acception de temps ou de lieu.» !)
François de Xavier quitte Paris le 15 novembre 1536; il retrouve Ignace à Venise le 8 janvier 1537; il est inutile de raconter ici le séjour de trois ans que fit François en Italie. Rappelons seulement quelques faits importants: Le Pape Paul III (Alexandre Farnese) accuellit Ignace, Lefèvre et Lainez et approuva à Tivoli, le 3 septembre 1539, l'Institut qu'ils se proposaient de créer; le 27 septembre 1540, le même Souverain Pontife proclamait la bulle Regimini militantis Ecclesiae qui constituait le nouvel ordre sous le nom de Compagnie de Jésus; ce nom qu'avait voulu changer Sixte- Quint fut approuvé avec les Constitutions par Grégoire XIV dans sa bulle Æcclesiae catholicae; Ignace était élu Général par ses compagnons le 13 avril 1541; le 17, il acceptait cette charge. Nous n'avons pas à rechercher ici les circonstances qui rendirent si rapides
les succès du nouvel ordre religieux appelé à jouer au milieu du
1) J. CRériNEAU-JoLy. — Hist.... de la Compagnie de Jésus. Paris, 1846, I, p. 28.
siècle de la Réforme, le rôle militant des ordres mendiants, Franciscains et Dominicains, au commencement du XIII® siècle. Le nouvel ordre religieux allait trouver son apôtre dans François de Xavier.
Le roi de Portugal, Joäo III, comprit quels auxiliaires il pouvait trouver daus les jésuites qui apportaient à leur œuvre la foi et l'enthousiasme des premiers croisés; quelle aide ils pourraient lui apporter par l'évangélisation des vastes possessions d’outremer qui formaient un immense empire colonial que déjà il avait peine à maintenir dans son intégrité, Joäo III, chargea done son ambassadeur à Rome, Pedro de Mascarennas, de demander au Pape six missionnaires pour les Indes Orientales. Seul François de Xavier était disponible; il fut désigné par Ignace le 14 mars 1540 pour se rendre à ce nouveau champ de luttes où le zèle du premier apôtre de l'Extrême Orient allait ouvrir la route que devaient suivre avec tant de gloire ceux qui lui succédèrent,.
Au mois de juin 1540, François retournait au Portugal et le 7 avril 1541, s’embarquait à Lisbonne pour les Indes; il débarquait à Goa le 6 mai 1542. Une connaissance insuffisante de la route, la longueur du voyage, les conditions d’insalubrité, l'encombrement et la diversité des passagers, leur imprévoyance, leur inexpérience et leur saleté, le manque de vivres et d’eau, le mal de mer, enfin la maladie et le scorbut, rendaient terriblement dure la traversée du Portugal aux Indes et causaient une effrayante mortalité parmi les gens hardis qui s'aventuraient au delà des mers. François, malade lui-même, se montra admirable de dévouement à l'égard de
ses compagnons qu'il soignait et réconfortait. !)
1) Le R. P. Alexandre Brou, S. J., dans un article intitulé Voyages de Missionnaires. — De Lisbonne à Goa au XVIe siècle (Études, 20 Oct. 1908, pp. 178/200) a raconté d’après Pyrard de Laval, Mocquet, Linschoten, le P. Trigault et autres voyageurs les
souffrances de la traversée,
Déport de François Xavier.
:e8 Portugais au Japon.
Il fit de septembre 1545 au 1° janvier 1546 un séjour à Malacca d’où il se rendit aux Moluques; il est de nouveau à Malacca de juillet à décembre 1547; rentre à Cochin à la fin de janvier 1548, et enfin il entreprend en 1549, son grand voyage au Japon.
L'auteur d’un manuscrit que le P. Cros cite sous le nom de
l'Annaliste de Macao nous dit:
«Mais comme le prouve le livre d’Antonio GaLvào, intitulé: Dos varios descubrimentos, ce fut seulement en 1542 que l’on eut vraie connaissance des Îles du Japon. Cette année-là, Martin-Afonso de Sousa étant gouverneur de l'Inde, et François Xavier y arrivant, Antonio da MoTra, Francisco ZEIMOTTO et Antonio PEIxoTo allaient, en un junco, de Siao en Chine, lorsqu'une grande tempête, qu'on appelle Tufao (du chinois Tayfum, ou du japonais Tay-fu, grand vent) emporta leur junco, vingt-quatre heures durant, en pleine mer, et les mena entre les îles du Japon: ils abordèrent à une de ces îles appelée Zanegaxima, dans la mer de Satçuma. Les Portugais apprirent aux habitants de l’île à fabriquer les arquebuses (espingardus), art qui se répandit bien vite dans tout le Japon. On garde encore, à Zanegaxima, souvenir de ces trois Portugais, de leurs noms et du service qu’ils rendirent.
«Fernas Mendez Pinto, en son livre des Fingimentos, se veut faire un des trois du junco, mais cela est faux, comme sont fausses beaucoup d’autres choses de son livre, qu'il semble avoir composé plutôt pour récréer que pour dire des
vérités.» 1)
M. H. Nacaok4, ?) d'autre part, est arrivé à des conclusions un
peu différentes:
«1° En 154, quelques Européens arrivèrent à Jingouji-oura, dans la province de Boungo, à bord d’un navire chinois; cette arrivée ne fut pas connue aux Indes et d’ailleurs elle n’eut aucun résultat et passa pour ainsi dire inaperçue ;
«2° En 1549, pour la deuxième fois, les Portugais débarquèrent d’une jonque chinoise à Tanegashima et apportèrent aux Japonais des armes à feu;
«3° Les noms des Portugais venus au Japon en 1542 étaient Fernand Mendez Pinto, Christophe Borello et Diego Zeimoto, noms qui avaient été
1) Cros. — Saint François de Xavier, M, pp. 44—5. 2) Histoire des Relations du Japon avec l'Europe au XVIe et XVIIe Siècles. Paris, 1905, in-8. — Cf. pp. 44—5.
changés aux Indes Orientales en ceux d’Antonio Peixota, Antonio da Motta et oO 3!
Francisco Zeimoto». 1) ?)
Dans tous les cas, depuis quelque temps les bonzes de Hongwanji°) étaient en révolte contre le chogoun Yoshiteru, de la dynastie des Ashikaga: l’empereur (tenno) Go-Nara était sans puissance; en 1550, Ota Nosounaca commençait sa brillante carrière, continuait la lutte contre les bonzes et brûlait en 1573 le monastère de Hiyei-zan;{) le moment était done favorable pour la prédication d'une religion étrangère au moment où François de Xavier débarquait au Japon.
François quitta Goa le 14 avril 1549 pour Malacca où il arriva
le 30 juin.
Dans sa lettre adressée «aux Pères et Frères de l'Inde», «De Cangoxima, 5 novembre 1549», François écrit: «Le soir du jour de Saint-Jean 1549, nous nous embarquâmes, pour venir ici, dans le navire d’un marchand païen, chinois, qui s'offrit au Capitan de Malaca pour nous porter au Japon.» ‘) Evitant les ports de Canton et de Chincheo, François débarqua le 15 août 1549, à Kagoshima (Satsuma).
«Ce fut le jour de Notre-Dame d'août 1549 que, sans avoir pu prendre port ailleurs, au Japon, nous abordämes à celui de Cangoxima.» ‘)
Je n'ai pas à parler ici de l’apostolat de François au Japon: de sa prédication à Yamaguchi, de son voyage a Kyôto, de sa visite
à Otoma, daimyo de Funai; on lira à ce sujet les ouvrages récents
1) Cf. T'oung Pao, Mai 1906, p. 298.
2) «Antonio da Motta, Francisco Zeimoto, e Antonio Peixoto, navegando para a China, foräo arrojados pelo temporal âs costas do Japäo, onde tomäräo porto. Pelo mesmo tempo aportäräo tamben a Japäo Fernam Mendes Pinto, Christoväo Borralho, e Diogo Zeimoto.» (Indice Chronologico das Navegacies... dos Portuquezes. Lisboa, 1841, p. 166)
3) Le plus grand temple de Kyoto.
4) Montagne située au N. E. de Kyoto.
5) Cros, 1I, p. 4. 6) Cros, IT, p. 10.
François de Xavier au Japon.
François de Xavier en Chine.
du R. P. Cros et de M. l'abbé Steichen. !) L’espérance que François pourrait servir d’intermédiaire entre les indigènes et ses compatriotes
désignés sous le nom de Nambanjin, <Barbares du Sud» [venus
des Indes] ne fut peut-être pas étrangère à ses succès. En 1551, François décide de rentrer à Goa; au milieu de décembre il passe à l'ile de San-tch'ouan, arrive aux Indes où il ne fait qu’un séjour de deux mois à Goa et repart pour la Chine. François connait déjà les Chinois: De Cochin, le 29 janvier
1552, il écrivait à Simon Rodriguez:
« Jai vu des Chinois au Japon et ailleurs. Ils sont blancs, comme les Japonais, jaloux eux aussi, de s’instruire et d’une intelligence encore plus étendue et plus pénétrante. Le sol de la Chine est très fertile. Entre les productions de cette riche contrée, la soie est une des principales. L’on y rencontre beaucoup de grandes villes avec d’élégantes maisons de pierre. Des Chinois m'ont dit qu’il y a chez eux des gens de diverses nations et religions, et, de ce que j’ai entendu, je conjecture qu’il s’y trouve des Juifs et des Mores. Rien ne m'’autorise à penser qu’il y ait des chrétiens.
« J'espère m’y rendre, cette année 1552, et tout persuadé que l'Evangile, dès qu’on laura semé dans ce royaume, s’y propagera en long et en large. Que si les Chinois fout bon accueil à la Foi chrétienne, les Japonais n’auront pas de peine à abandonner des erreurs, que les Chinois leur communiquèrent. Du Japon à Liampo, ville importante de Chine, proche de la mer, la traversée est de cent lieues environ. J’ai très grande confiance que Dieu Notre Seigneur ouvrira les portes de la Chine, non seulement à notre Cie, mais aux autres Ordres religieux et que ce pays deviendra un champ commun où l’ardeur de tous les hommes apostoliques s’exercera à ramener les àmes dans la voie du salut.» ?)
François quitta Goa le 14 avril 1552 avec le P. Balthazar Ga6o, le frère Alvaro FerReIRA et un jeune Chinois, pour la Chine, tandis que sur le même bateau s’embarquaient à destination du
Japon les frères Pedro d’ALcacova et Duarte da Sizva, un ambas-
1) Les Daimyo chrétiens ou un siècle de lhistoire religieuse et politique du Japon 1549—1650. Hongkong, Imp. de la Soc. des Missions étrangères, 1904, in-12. 2) Cros. — Saint François de Xavier, II, pp. 193/4.
sadeur du daimio de Borengo venu du Japon et deux Japonais
amenés aux Indes par François.
Diogo Pereira, ami de Xavier, devait le conduire en Chine sur son vaisseau la Sainté-Croix, attendu des îles de la Sonde chargé de marchandises; pour mieux seconder les desseins apostoliques de François, Diogo avait titre d’ambassadeur auprès de l’Empereur de Chine. Lorsqu'il arriva à Malacca, D. Alonso de Araïvr, quatrième fils de Vasco da Gama, capitaine-mér, à la veille de succéder à son frère, Pedro da SyLva, dans la charge de capitaine de la forteresse de Malacca, jaloux du titre de Pereira, s’opposa à son départ et fit partir la Sainte Croix, portant notre missionnaire, avec un capitaine eb un équipage de son choix. François sur son lit de mort ne devait ni oublier ni pardonner la conduite d’Alonso. !)
Le 22 juillet 1552, François Xavier écrit de Singapore à Diogo Pereira:
«J'emmène avec moi, en Chine, François de VILLA, parce que j'ai grand besoin de lui; et il sera également nécessaire à votre facteur, Thomas ESCANDES, pour aider à la vente des marchandises du vaisseau de V. M. Il vous reviendra, Dieu aidant, par la première embarcation allant de Chine à Malaca; et si Dieu N.S. ne m'ouvre pas un chemin par où je puisse entrer en Chine, je retournerai, moi aussi, à Malaca par le premier vaisseau; et si j'arrive à temps, pour
cela, à Malaca, j'y prendrai les vaisseaux qui vont en Portugal et j'irai dans l'Inde. » ?)
Le 26 octobre 1552, François Xavier mandait au P. Gaspard
Barzfe:
«Me voici en ce port de Sanchoan, qui est à trente lieues de la ville de Canton: j'attends, chaque jour, un homme qui doit m’y porter. Nous sommes convenus que je lui donnerai pour cela, deux cents cruzados. II la fallu, a cause
des graves défenses et peines qu'il y a, en Chine, contre ceux qui, sans chapa
1) Cros, lc; Il, p.501:
2) Cros. — Saint François de Xavier, II, pp. 313/4.
du Roi, y introduiraient un étranger, J'espère de Dieu N. $. que tout aura très bonne issue.
« J'ai nouvelle certaine que ce Roi de Chine a envoyé en une contrée, hors de son royaume, certaines personnes pour savoir comment on sy régit et gouverne, et quelles en sont les lois. D'où nos sefores d'ici concluent et me disent que le Roi ne pourra que se réjouir de nous voir porter une Loi nouvelle en Chine.» !)
Le 12 novembre 1552, François écrit au Supérieur de Malacca:
«D'ici à huit jours, j'attends le marchand qui doit me porter à Canton. Très certainement, s’il ne meurt pas, il viendra ici, vu la grande quantité de poivre que je lui promis; car, s’il me porte sain et sauf à Canton, il y gagne plus de 350 cruzados.» ?)
La dernière lettre de François Xavier est du 13 novembre 1552: elle est adressée à François Perez pour être transmise au
P. Gaspard Barz£e:
« Obtenez ensuite que le seigneur Evêque ou le Vicaire général mande une Provision, où sera déclarée l’excommunication que Don Alvaro a encourue, pour m'avoir violemment ôté le moven de me rendre en Chine, refusant d'exécuter les Provisions du Seigneur Vice-Roi et d’obéir au Capitan d’alors de la forteresse de Malacca, Francisco Alvarez, qui, en même temps, était Veador de fazenda du Roi notre seigneur; toutes choses que vous savez fort bien, pour en avoir été témoin. La Provision du seigneur Evêque ou du Vicaire Général sera adressée au Père Vicaire de Malaca, — et elle portera ordre, à lui signifié par le seigneur Evèque ou Vicaire général, de publier, dans l’église, l’excommunication vu que l’excommunication a été publiquement encourue.» $)
Il ajoute:
«Ces diligences, vous les ferez, pour deux raisons seulement: — la prewière, pour que Don Alvaro reconnaisse l’offense qu’il a faite à Dieu et l’excommunication qu’il a encourue, qu'il fasse pénitence, qu’il recherche l’absolution de l’excommunication qu'il a encourue, afin que, une autre fois, il ne fasse
pas à un autre ce qu’il m’a fait à moi. — La seconde, pour que les Frères de
1) Cros. — Saint Trançois de Xavier, II, p. 330. 2) Cros, II, p. 331, 3) Cros. — Saint François de Xavier, II, p. 386.
’ Ed L'ARRIVÉE DES PORTUGAIS EN CHINE. 539
la Compagnie qui iront à Malaca, ou à Maluco, ou au Japon, ou en Chine, ne trouvent pas d'empêchement à Malaca, et que les Capitans de Malaca ne mettent pas d'obstacles à leurs voyages, sachant, par ces notifications et publications, les peines spirituelles que l’on encourt pour être auteur de tels empêchements; si, en effet, il s’en rencontre que ni la crainte de Dieu ni l'amour de Dieu ne retiendraient, il est bon que ceux-là, par crainte ou vergogne du monde, n'empè-
chent pas le service de Dieu.»
Et plus loin:
« Quant à mon voyage de ce port de Chine, comme il est fort difficile et périlleux, je ne sais s’il réussira, bien que j'aie grande espérance de le voir aboutir. Si, par cas, je ne vais pas, cette année à Canton, j'irai à Siam, comme je vous l’ai déjà dit, et si je ne puis, dans l’année, passer de Siam en Chine, j'irai dans l’Inde, mais j’ai grande espérance d'aller en Chine.
«Sachez certainement une chose et n’en doutez pas: c’est qu'il pèse grandement au démon que ceux de la Cie du Nom de Jésus entrent en Chine; cette nouvelle certaine, je vous la fais savoir, de ce port de Sanchoan: à cela ne mettez aucun doute, car les empêchements qu’il m’a opposés et qu’il m’oppose, chaque jour, je n’achèverais jamais de vous les écrire. Mais sachons aussi certainement une chose, c’est que avec l’aide, grâce et faveur de Dieu N.S,. le démon, sur ce point, sera confondu; et ce sera grande gloire pour Dieu d'avoir, par un instrument aussi vil que moi, confondu la grande présomption du démon». !)
Un jeune et intelligent Chinois, Antonio de Sanra-F£ assistait Mt qe Frangois de Xavier.
aux derniers moments de François Xavier. Quand il était arrivé à San-tch'ouan, il s'y trouvait des navires portugais:
«Les Portugais insistèrent, de tout leur pouvoir, pour empêcher le Saint d'aller à une mort ou captivité certaine en abordant à Canton; ils lui disaient comment les Chinois n'avaient pas même épargné des Portugais que la tempête avait jetés sur leurs côtes: ils les avaient pris, maltraités et mis en prison, où ils étaient encore, sans que l’on trouvät moyen de les délivrer.» ?)
Non remis des ennuis du voyage de Malacca à San-tchou’an, épuisé de fatigue, François en proie à la fièvre, ne put résister
plus longtemps.
1) Cros, Z.c., pp. 327/8.
2) Le P. Valignani, cité par Cros, II, p. 342.
Mission de Chine.
Evêché de Macao. ?)
Antonio nous dit:
«Le samedi, il commença de perdre la parole.... Ce fut le dimanche, 27 novembre 1552, à deux heures après minuit, dans une cabane de paille, en l'ile de San choan, vis-a-vis de Canton, que l’âme bénie du Père Maître François partit de cette vie présente pour la vie éternelle.» t)
Le corps de François embarqué à San-tch'ouan dans la seconde moitié de février 1553, arriva à Malacca le 22 mars; de là, il fut transféré à Goa où il fut débarqué le 15 mars 1554, le jeudi de
la semaine de la Passion.
François de Xavier trouva des successeurs immédiats au Japon, grâce à des circonstances politiques favorables qui assurèrent aux missions naissantes l’appui puissant de Nobunaga, hostile aux moines bouddhistes; il n’en fut pas de même en Chine: Alessandro VALIGNANI, Michele Ruccrert, Francisco Pasio, tous les trois italiens, ne connurent que Macao et la province de Canton; le véritable fondateur des missions de Chine fut Matteo Riccr, né à Macerata, le G octobre 1552, qui arriva en 1583, et après un apostolat actif dans diverses parties de l’Empire du Milieu, fonda la mission de Pe-king
où il mourut le 14 mai 1610.
Toutefois la nécessité de créer un évêché en Chine avait été sentie de bonne heure à Rome, et en 1557 on érigeait en Chine un diocèse avec résidence à Macao.
On désigna pour occuper le nouveau siège épiscopal de Chine,
e P. Axpré de Ovievo, né à Illescas en 1518, appartenant à la
1) Cros, Z.c, II, p. 349.
2) «Ac eidem sic erectae, et institutae ecclesiae locum de Machao praedictum in civitatem, ut praefertur, erectum pro civitate, ac totam provinciam Chinarum, necnon de Japam, et de Machao insulas praedictas cum aliis adjacentibus insulis, et terris, earumque castris, villis, locis, territoriis, et districtibus per ipsum Sebastianum Regem, seu personam, vel personas ad hoc ab eo specialiter nominandas, et deputandas, specificandis, et statuendis
prodiocesi: necnon ecclesiasticas pro clero, et seculares personas in civitate, et dioecesi
Compagnie de Jésus, patriarche d’Ethiopie où il était arrivé le 25 mars 1557; le P. André préféra de rester à son poste, et à son défaut, on nomma en 1566, évêque de Chine, avec résidence à Macao, le P. Melchior Carneiro, également jésuite, évêque de Nicée depuis 1555, qui fut confirmé dans ses fonctions avec le titre de gouverneur de l'évêché par le Pape Pie V l’année suivante; toutefois Carneiro renonça à son évêché dès 1569 et se retira à Macao même dans la maison de son ordre où il mourut le 19 août 1583; on l’enterra dans la chapelle principale de l’église St. Paul.
Le 23 janvier 1575, Grégoire XIII, par la bulle Super specula, créait sur la demande de D. Sébastien à Macao un évêché sous le titre de Santa Maria et sous la juridiction de l’archevêque de Goa,
qui devait former un diocèse comprenant la Chine, le Japon, les îles et terres adjacentes, sous le patronage du roi de Portugal. Le Pape, le 28 janvier 1576, par la bulle Apostolatus oficium désignait Diogo Nuxes pour l'évêché de Macao qui venait d'être créé, et le ni étüe jour, par la bulle Aodie ecclesiae adressée au clergé de la ville et diocèse de Macao, Grégoire XIII étendait à toute la Chine et au Japon l’obéissance au nouvel évêque. ‘) Toutefois Diogo Nunes déclina l'honneur qui lui était offert, et par une cédule consistoriale du 22 octobre 1578, Grégoire XIII nommait à sa place Don LEoNAaRDoO
de Saa, de l’ordre du Christ. ?) Leonard, mourut le 15 septembre
hujusmodi pro tempore degentes, pro illius populo de consilio eorundem fratrum, et potestatis plenitudine similibus dicta auctoritate, etiam perpetud concedimus, et assignamus, civitatemque, et dioecesim, ac clerum, et populum hujusmodi episcopo Machaonensi quoad episcopalem, et archiepiscopo Goano pro tempore existentibus quoad metropolitanam ordinariam jurisdictionem, et superioritatem de ipsorum fratrum consilio, et potestatis plenitudine paribus eadem aactoritate similiter perpetud subiicimus.» (Corpo diplomatico Portuguez, XII, p. 501.)
1) Z.c, XI, 1898, pp. 661/7.
2) «Domini Leonardi Ferdinandez fratris militiae Domini nostri Jesu Christi sub regula Cisterciensi.» Z. c., XI, 1898, p. 672.
1597, après avoir été pendant neuf ans (1585—1594), captif de pirates malais. Le Japon qui était compris dans le diocèse de Macao en fut détaché en 1587 par Sixte-Quint pour former l'évêché de Fuuay dont le premier titulaire fut le P. Sebastien de Moräes, $. J., qui après avoir été sacré à Lisbonne en 1588, ') mourut en route la même année à Mozambique; il eut pour successeur Pedro Mar- TINEZ, S. J., élu en 1591, sacré à Goa en 1595, qui mourut à Meaco, le 13 février 1598. Par la bulle Romanus Pontifer, le 29 janvier 1593, Clément VIII avait désigné comme coadjuteur et futur successeur de l'évêque de Funay, Luiz de Cerquerra, S. J.,
évêque élu de Tibériade, ?) né à Alviro, diocèse d'Evora, en 1552.
Une colonie et un évêché à Macao, tel est le résultat d’un demi-siècle d'effort des Portugais en Chine. Avec la disparition de Vasco da Gama, d’Almeida, d'Albuquerque, la puissance portugaise avait commencé de décliner en Asie; après ces grands hommes, l'histoire colouiale du Portugal renferme encore de belles pages avec Joäo de Castro (1545—1548) et Luis d’Ataïde (1568—1571), mais que pouvait faire un petit pays de 2.000.000 d'habitants décimés par la peste, pour maintenir l'unité non d’une grande possession, d'un empire, mais d’un monde toujours prêt à se soulever contre ses nouveaux maîtres; ajoutez au manque d'hommes, la corruption des fonctionnaires, et enfin à la fin du XVI® siècle la concurrence hollandaise et anglaise: le Portugais qui menait de front la propagande chrétienne avec la conquête — conflit du moine et
du soldat -- d’ailleurs médiocre négociant, n’était pas en état de oO 1
1) Bulle de Sixte Quint, du 19 février 1588 2) Luc, XL, 1902/p: 100:
lutter contre ces gens du nord, pratiques, âpres au gain, qui cherchaient exclusivement sur cette terre la récompense de leurs efforts et Tin . : Ps ET n'avaient pour diriger leurs actions que l'unique intérêt de leur commerce. Le Portugais de la conquête fut un homme d’épopée: l'héroïsme était son élément; le hollandais et l'anglais qui le dépossé-
dèrent étaient des marchands avisés: leur comptoir était leur forteresse.
ESSAI DE DICTIONNAIRE LO-LO FRANÇATS
DIALECTE A—HI
PAR
de la Société des Missions étrangères de Paris.
(Suite). 1)
he
TT° Baigner dans l’eau; tremper; infuser; macérer. }1° 70° 4°, prendre de l’eau pour tremper. T°-na', mouiller; humide. }4° &°, tremper dans l’eau. Go tit geu*-mo° ti°na! keu°, je n’ai plus un filsec sur le corps.
TI* Accuser; procès; battre procès. Dzeu*-mou* tcha' 4°, accuser devant le mandarin. 7%° 4o*. Tu, lé3 Lo, gagner son procès. 75° a* ho*. Ti 63 a* ko‘, perdre son procès. Kit #’i%-42% ouo“-no* a* keu!, ne pouvoir finir ce procès.
TI Courir après; chasser; poursuivre. 7%°-l'eu?, chasser dehors.
TÉCh 77 ) Assigner, déterminer, fixer, choisir; instituer.
Nyi-hé ti, fixer un jour.
TI* Particule spécificative des repas. Z50° d'i-li, un repas.
TI (r1f-1Eu*) Un. Ts'ou° di Ts'ou’ Ts'ou’ ich'é*, un homme; une personne.
P'o% {'it-deu*, une étofle. Go? £’1* geu*-mo* no°, je souffre par tout le corps. 14-4010 10%508 CIE
hlous sé%, attends un peu. Ti“-
leu“, d'it-mo?. 1
Æ1-204, pas loin. Ti-tch'eu'-20*, en un instant. T'2tmo-nés af. rien (un même ne-pas). Goÿ d’ifmo3 a* beuÿ, je n’ai rien (du tout);
4 mo, ne rien faire
T'i-mo°-né% à (dutout). T’i4-4ch'6 165 a*..., aucun.
personne. Z’o*-tch'é l63 à* Leu’, il n’y a personne. P’if-tch'és lé a* lé3, n'importe qui. 7’it-tch'é*
163 a* lé nyi di? a, n'importe
1) Voir T'’oung pao, 1911, Mars. — Mai. — Juillet.
[ri'-prÉË 4]
qui peut voir. 74*-leuf l’it-Jeut-204, l'un après l’autre. T'it-Zeu* né a* beu’, il n’y en a pas un. Titmo né? zé4 at di?, n'être d'aucun usage. Tit-leu* t'it-leut; T'it-leu* l’eu', le premier. (0. T’I*-M0?).
TI'-DJÉ* Obstacle. (0. ré!-prft ; TOU'-DJÉ*).
TI-DO* MO* Arranger, remasser, préparer, apprêter. (?)
TI'-EUL4 (Ch. Téeil 5% =) Second; deuxième.
TIS-HLO® Lièvre. Tit-Alo5 k'ou?, année du lièvre. (v. A!-LO).
T'IS-H0* Aller à la selle. T’etko cha; T'hit-ho* cha, aller à la selle. Téf-pit-deut; T'hit-pi'-deuf; K'i*-pil-deu; K'i-ts0'-pi'-deu“, latrines. (0. T'EU*-H0°; TCH'EU*-H0*).
TL (Ch. Tét 5 —) Premier.
TI-LI Aller en se balançant; Titi ti-li-20, aller en se dandinant. (v. PA-LA).
TI-PO Canon. Ti-po t’eu', tirer le canon.
TIS-TI (Ch. # ln — $É) Pres-
que; sur le point de; auprès.
balancer; remuer.
Cheuÿ 4-Ui-yé, il est presque mort; il va mourir. Cheu? 113-429 ka, Ouo' th L'it-la, alors qu'il était sur le point de Na S4
d-26 gou”, d'it4it s07-LE3 byé? 163 di? a3,
agonie.
s'en aller, Sûrement.
en agissant ainsi, tu vas sûrement
faire causer. (v. 1!-11* Byf£°).
T'L-TO (T'12-rouo) Panier.
TI'-YI Salive. Tel-y29 pit, cracher.
TI'-VA4 NYÉ'-NO Chauve-sou-
ris.
TO Tronc. Sex? {o, tronc d'arbre.
TO (zou!-ro) Rocher.
TO! (rouo') Allumer: faire du feu; brûler; s’enflammer. Mewu!té t0', allumer le feu; allumer une allumette au feu; allumer la lampe. To'-do? a di?, feu qui ne prend pas. Meulité a* 151, le feu ne prend pas. Meu'-té 10! dou'-lé?
y icheu', apporte du feu pour allumer la pipe.
TO! (rovo') Attacher, lier, cheviller. ÆXyé-ts'eu* jo? 101 to?-lé?, prends une corde et lie. A0* 45!
yé, bride (corde pour attacher le cheval). To!-{0?, cheville. (0. TEu').
TO! (rouo!) Aveugle, ou presque aveugle. Mi nyé to! Lou, tu es donc aveugle! Jou ts 616% kyé? nyé-10'-mo° ngèu’, (il) est aveugle de naissance. Myé-sa# n0° nyé-t0 koa', (il) a perdu la vue par suite de maladie. Nyésa* d'it-p'it 101, borgue. (0. NYÉ-TO'; NYÉ-TO!-M0°).
TO' Particule spécificative des habits. ÆAuf-bi# f'itiol, un habit.
TO' Enfiler, (par ex., bague, bas, souliers, etc.).
TO' (ro'-cx4?) Fatigué.
T’O! (Ch. T'ong SH) Commu-
niquer, aboutir. Sè? £6!, aérer.
chausser, vêtir.
Ki yi-mo 0! haï-leu Li, où
adoutit cette rivière? Teko?-ma?
kit d'it-tcho® Do“-sat-kou(é)* Vo, cette route aboutit à Yun-nan sen.
Keu\ byé? tcho-ma? Po a”, (ce)
qu'il dit est raisonnable. Byé?
L'5! hou”, c'est expliqué très-clairement. (0. T’OU').
TO? (Ch. T'ong A) Seau, baril. F2 l’o?, seau (à eau). A1° t’o?, baril (à vin). X’1* ’o?, seaux à fumier.
TO* très-employé seul 40°, se lever, ou
Se lever. — Auxiliaire dans la forme (o?-lé%, se levervenir; correspondant à l’auxiliaire chinois #2 HE; #24 ju 3K.
To don'-lé*, se lever (se levervenir). Ve é0° dou'-lé*, lève-toi.
Keu to°-lé?, cueillir, recueillir, ramasser. (Correspond au chinois Kièn lité X8 x K).
TO* Particule servant à former le gérondif; et nombre de substantifs. (v. Grammaire n° 19).
Meu'-té mou'-to°, soufflet; tube en bambou dans lequel on souffle pour activer le feu (feu souffler instrument). Kew! yi-moŸ zeu*-to° a* beu, il n’a pas de sapèques à dépenser. Dou* byé?-to? a* beu’, il) n’a (rien) à dire; il n’y a rien à dire.
TO? (x’1t-r0°) Un mille.
TO? Assise, couche. T’it to, une assise, une couche. T2*-t0° l’ét-lo%-20*, par assises.
TO* Particule spécificative des pinceaux, des plumes, des poils,
[ro-rou!]
Ta-t0*, TO? Davantage. (v. ro*-ToHê’).
des brins. un brin.
T’0? Particule spécificative des balances, des chaises, des grands bols.
T0? Œuf. Fé* F0, œufde poule.
T’0% Argent, blanc. To? da*p'o*, orfèvre; argentier. T’o° po, changer de l’argent. P’o° d'o, étofle blanche. T’o d'it fé*, un cfen»
d'argent. T’o it ts’é?, un «tsien»
d'argent. T’o* t’if-lou*, une once d'argent; un taël. To-l'of-yé?, très-blane. (v. A!-T’0%-M0*; y1‘-Mo?), T°O5 Épais. Xu*-bit l’o°-pou®-mo?, habit ouaté. Ka*-b2* L’o° wi, revêtir (un) habit (plus) épais. Xyé-ts’eu* &'a d'o°-to°
rosse corde. T’ou-yi* &’o? Aoa°
l’it-icho*, une très-
le papier est trop épais. 7?0°-0°zo* mo° ngoa', il faut plus épais.
(o. m’o°-POU*-M0°-Yɰ).
T’O* Feuille. — Particule spécificative des feuilles. Sex? d'os feuille d'arbre. T’ou-yit d’it-d’of, une feuille de papier. So #’é*-4'0*, une lettre. (v. P’YË*-T’0*).
T’O* Époque, temps, saison.
K'ou? #’o*, époque de l’année; âge. T'it ou? Li? l'o*, les quatre saisons de l’année; une année (a) quatre saisons.
TO'-BI? Partie sexuelle de la femme. (0. ro'-BIA°).
TO*-LYÉ? Aile; nageoire.
TO'-PO*# Torche.
TO-POU' Borne, limite.
T'O1-P’04 chinoise. (v. LOU“-DJI!),
TO?-TCHÈ! Davantage; plus.
ToŸ cha; To-tché!
mieux; beaucoup mieux. Mi? 4o°-
Chinois. 7’o!'-m03,
tcha?, bien tché' ti dzo*, mange un peu plus.
Ts'ou” t0%-lché 1% ngo), il faudrait quelques hommes en plus. Aatbt Leu? po? Lo%-tchét He ngo!, les habits étant plus longs, il faut plus d’étoffe. (o. ro?)
TO'-TO? Cheville. Hé%-go? 10!to*, cheville de sureté pour fixer le verrou. /16%-90° 461-109 j0° dou'lé 46'-pyé?, cheville le verrou.
(v. TO; T'O1°).
TOU' (r'if-rou') Empan. (Mesure de longueur, équivalant à l’espace compris entre l'extrémité du pouce et celle de l'index).
TOU* Boire; abreuver. A2° ou°,t boire du vin. Ÿ2° {ou°, boire de l’eau. Mo* yi* tou”, abreuver le Ka? 3
K2° L’it-m'(ou?) tou*, absorber une
cheval. tou° yi°, s’enivrer.
gorgée de vin.
DOU* HE%-90% L'ou*; Hé°-70% gou°-l'oué*, barrer la porte.
H6%-g0° l'oué*-to° ; Hé*-40° l'ou*-to*, barre pour barrer la porte.
T'OU* (Ch. T'éou #Y ) Adapter, ajuster, mettre en ordre; se con-
Barrer.
former, M2'-k’0*L’out, s'acclimater.
T'ou* a* k’eu*, en ajustant ne pouvoir faire tenir solidement. T'ou to°-Lé a* ts’eu°, ne pouvoir ajuster.
[T’ou4] 047
T'OU* Fond, semelle, X’1°-n0° l’ou*, semelle de soulier. X’1°-»0° l’ou* da*, coudre l’empeigne à la semelle. Ÿ2%-4eu* L'ou*, fond d’un
lac.
T'OU*-NYE Face, figure, visage,
: éhonté ;
T'ou*nyé a* beu’, sans face. T'ou*-nyé ts'en*, se laver la figure. T’ou*-nyé ts'eu*-lo°, essuiemains,
TOU-SYÉ' Avoir honte, rougir de honte. Zou a* syé!, n'avoir pas honte. Tou-syé' a* keu', ne savoir pas rougir. Zou-syé' bye; Tou-syé\ dou* byé*, dire des obscénités, des grossiéretés. Go° lyé? qou'-20* dou!- 18, pé?-lé-s0° tou-syé!, arrivant les mains vides (sans avoir rien à offrir), je suis vraiment confus.
TOU*-TCHOU* (Ch. Tôu-tchéou H# JU) Faire serment; jurer.
TOU*TEOU? (Ch. Toxi-t'eûu #f HA) Adversaire.
T'OU?-TIE* (Ch. T'où-ti GE 5) Apprenti.
T'OU*-YI* Papier.
TOUA' (Ch. Toudn Et ) Adjuger. Dezeu*-mou* mi'-po* toua!
a-seu* geu*, à qui le mandarin a-t-il adjugé le pays (contesté)?
Fimo? ts’eu°-lou* toua' keu! geu*, toua' cha a, lui adjuger dix ligatures, c’est justice.
TOUÉËÉ' (Ch. T'oéi jf) Reculer, rétrocéder. T'2t-p’it toué!, faire un pas en arrière.
T'OUI* (Ch. T'oéi jf ) Baisser.
548 [rou1#-TSE*]
Yi l’oui* Lo°, l’eau (de la rivière) a baissé.
TOUI“-TSE* (Ch. Toditsè f +) Inscriptions (sur tablettes).
K'ou? ko? tow-tse* nd? ngo', au (nouvel) an, il faut aflicher les tablettes.
TSA (Ch. Ts'ar ZR) Alliage.
TSA! Rance. Vyé 20° mou*-mo*, mou* heu Lot p'yé? ko ho, tà° isa! di, la viande fumée, une fois passé la canicule, devient rance.
TS’A' Couper. Particule spécificative des ,coups” (de couteau, par ex.). Tso és’a!, couper le riz.
Keu\ ni* seu? t’sa! ho, il l’a blessé de plusieurs coups.
TS’A* Graisse.
SPAS amasser des sapèques.
TSA!-MO* Châtaigne. Tsa!-m0° seu; Tsa'-mo° ts'é*, châtaignier.
TSA!-SA# Charbon (de bois).
Ni'-nat tsa'-sa*, charbon de terre.
Amasser. Ÿ2t-mo° ts’ai,
Tehk'o? tsa'-sa* lou*, carboniser.
TSÈ Très-beau; superbe; fleur; orné richement. (0. TSÈ-LO”).
TSÉ! Bord. Yi°-mo° tsé!, bord de la rivière. F2? ésé! ko*, aborder.
TSÈ! Greffe ; grefler. Seu* ésè', grefler un arbre. Tsè' s0* to° a’, la greffe a pris. (0. TSEU').
TSÈ! Accepter, recevoir. Dzeu*mou* so a+ tsè!, le mandarin n’acl'accusation (l'écrit).
cepte pas
(v. TSEU!).
[TrsÈ?]
. TSÈ? Rester, Vit-mo® d'it-ts'69 ngo+-fé% dou'-ho*, ngo* fé” tsè°, de cent sapèques, enlevez- en cinquante, il en reste cinquante.
TSÈ? Tambour. Dyit tsé?, tamtam. Dyitisé* da*, battre le tamtam.
TSÉ? Paire. (v. TSEU?).
TSÉ? Brüûler, allumer, chauffer.
Meu'-té tsé*, faire du feu.
TS'É* Verbe auxiliaire. — Descendre; mettre bas. Da*-ts’é?, faire tomber. V4° L’eu! ts’ é-lé*, dépose ton fardeau. Y2° ts’é-yr°, rapide (eau descendre-aller). Jou és’ é-lé?
kyé cheu°-hi* mgeu’, mort-né. Z0* ts’é*, mettre bas, faire des petits.
Ki! neu* go° mo° ts'é%-l6* a ts’eu”, je ne puis venir à bout de ce travail. (ce travail moi faire descendre-arriver ne-pas pouvoir).
TS'È* Élever, ériger. Lo?-po* ts’è, ériger un tombeau.
TS'È? Particule spécificative des arbres. (V. SEU*-TS À).
TS'À? (Ch. Ts'ién &È) Tsien; TOOLS,
d'argent. Fi m0°
cent. un ,tsien” t’it-ts 6, cent sapèques. Ÿ24+m0° dits 6 ne° Leu’ geu*, compte-lui cent sapèques.
TS'È* (Ch. Ts'én SA ) Un pouce (mesure).
TS'ÈS-MI-ZO#YÉ® Fluet, mince, grêle.
TSÈ-SEU'! Büûche (bois de chauffage). (v. SEU*-TS ɰ).
TSÈ-TSÈ! Variole (fleur). Zsé!-