ENTHUSIASM OF THE STAFF
Mounted couriers are traversing the Gobi Desert from Kalgan to Urga in
seven days, and two days later deliver their mails at Kiakhta. There is a
project on foot to establish a motorcar transport service by this desert route. In Chinese Turkestan new postal routes were opened during the year over a distance of 3,085 miles. New services are being organized in Mongolia. In a Journey of investigation, Herr von Dewall, one of the employés of the Post Office, rode on relays of horses from Urga to Kalgan via Sairoussa, 1,156 miles, in nine days. This is only one of many examples of the enthusiasm with which foreign employés in the Chinese Post Office are working in the interests of the service.
Official recognition is being bestowed more and more on the Post Office, which is to be still further favoured, for an Imperial Edict has recently been issued ordering that mail matter hitherto carried by Chinese Government couriers shall be handed over to the Post Office, the service being more economical, more rapid, and more secure. This transference will give the officials
a direct interest in the service and in the maintenance of its efficiency.
M. TuÉoPHiLE PrrY.
. China has reason to be well satisfied with the services rendered by the Post Office. There are 120 foreign employés in the service, of 12 different nationalities, who supervise the work of 414 foreign-speaking Chinese higher employés, 1.097 non-foreign-speaking Chinese employés, and 12,665 lower employés, such as couriers and postmen. While Sir Robert Hart was the creator of the service, the administrative head has for some years been a Frenchman, M. Théophile Piry, who is not only an able administrator and organizer, but is an accomplished Chinese scholar, the author of a standard Franco-Chinese manual. With admirable impartiality M. Piry has, under the general control of the Inspectorate-General, selected men by merit and not by nationality. To him the Post Office largely owes its present efficiency, and it is certain that if the service is taken over by the Ministry of Communications, so far as responsibility rests with him the interests of the foreign employés
will not be adversely affected by the transfer.
LIVRES NOUVEAUX
Nous avons recu de Bangkok les textes siamois suivants:
Navakovad. — Instructions for Novices by H. R. H. Krom Phraya Vajirañana Varoros. Published on the occasion of the Cremation of His Majesty King Chulalonkorn. Bangkok, 129.
Translation of the Oration delivered by His Royal Highness the Holy Prince Vajiranâna of Siam, at the State Ceremony anticedent to The Cremation of the mortal remains of His Majesty the late King Chulalonkorn of Siam. — Dusit Maha Prasad. Monday, 13th March, R. S. 129.
Pañcakanipatajataka. — Translated by Hmom Chao Phrom. Published on the occasion of the Cremation of His Majesty Re Chulalonkorn. Bangkok, 129.
The Parittain. — The official version revised by the Phra Sangharaj Pussadev. Published on the occasion of the Cremation of His Majesty King Chulalonkorn. Bangkok, 129.
Ton Paññati. — The Primary Duties of Priests A translation of the -Mahanibhañga by Hmom Chao Sthâvaraviriyabrat Printed by Nai Len On the occasion of the Cremation Gi His Majesty King Chulalonkorn. Bangkok, 129.
Dukkampatajataka. — Part I. Translated by Phra Bimoldharm. Published on the occasion of the Cremation of His Majesty King Chulalonkorn. Bangkok, 129.
Phra Khatha Dharmabot by Phra Ariyamuni of Wat Mongkut Krasatriyaram. — Bangkok R. $. 129. [Cf. 7. P., Déc. 1910, p. 702.]
La Commission archéologique de l’Indo-Chine a publié sous les auspices du Ministère de l’Instruction publique et des Beaux-Arts et sous le titre le Bayon d'Anglor Thom, 135 planches représentant les bas-reliefs d’après les documents recueillis par la mission Henri
Durour avec la collaboration de Charles CARPEAUXx.
Nous avons reçu les publications suivantes de l’Institut Oriental de Vladivostok. (Cf. 7. P. Mai 1911, p. 280).
Tour XXXVI, Bb. 1: B. M. Mengpuur. UMeropia cioryaara 8 finonin.
Ka, IL F4 AN XF 5h ,
Tour, XXXVI, bn. 2—ÿ: Cry4. Huk. Mauokuns. Marepuuckaa Pnaiauia BP Bocrounoï n [enrpaarnoï Asin, Bon. 2—ÿ.
Tous XXXVI, Bb. 1—ñ: À. A. Aasuyoss. Koronnsauia Manbyxypin n C.-B. Mounroain (o64acrn Tao-Hank-dy).
Tows XXI, en. 4—ÿ: Specimens of English-Selected by P. K. Goldenstedt. 1911.
Vient de paraître un nouveau volume (N° 31) des Variétés sinologiques; 1l continue la série des traductions du R. P. Albert Tscuspe et est consacré à l'Histoire du Royaume de Han HE (423 —225).
La collection des Variétés sinologiques vient de s'enrichir (N° 32) d'un ouvrage d’un intérêt exceptionnel: Æecherches sur les Superstitions en Chine par le P. Henri Doré S. J., 1è'€ Partie, — Les Pratiques superstitieuses Tome 1° en deux parties. A la nouveauté du sujet s'ajoute l'agrément de nombreuses planches en couleurs dont l'exécution fait le plus grand honneur à l'imprimerie de T'ou-sé-wé.
L'ouvrage sera divisé en trois parties. La Seconde partie traitera des
personnages réels ou mythiques honorés d’un culte. Il y aura une notice documentée sur chacun d’eux pour complèter ces résumés. Une ou plusieurs images hors texte suivent chaque biographie. Ce sera le guide du voyageur désireux de visiter les temples et les pagodes chinoises. La Troisième partie comprendra les notices illustrées de Confucius, Lao-tseu et Buddha, les fondateurs des trois religions chinoises: Confucianisme, Taoïsme et Bouddhisme. On verra comment ces trois religions sont popularisées en Chine, par le tract, le roman, la comédie et l’image. Nous aurons l’occasion de reparler
de cet ouvrage important.
Nous apprenons avec grand plaisir la prochaine publication de Chu-fan-chi <A Description of Barbarous Peoples» Being Notes on the Chinese and Arab trade in the Southern Ocean in the twelfth and thirteenth centuries — Translated and annotated by Friedrich Hirera and W. W. Rockuiz. St. Petersburg, Printing-Office of the Imperial Academy of Sciences, 1910. Il nous a été donné de voir les bonnes feuilles de cet ouvrage d’une importance capitale pour la géographie de l’Asie au Moyeu-Age; le nom des éditeurs est un
sûr garant et de la fidélité de la traduction et de l’érudition des notes.
Nous apprenons que l'important mémoire donné sur le Tibet par l'Hon. W. W. RockyiLz (7'oung pao) a été traduit en tibétain
par ordre du Dalaï Lama.
Il vient de paraître à la librairie Hachette une deuxième édition ornée de 839 Cartes et de 21 Plans du Guide MaproLze, Chine du Nord et Vallée du Fleuve Bleu; il a été fait un tirage à part de
la Corée par Maurice CouranT, 5 cartes et 1 Plan.
Le dernier no. du Journal of the Siam Society (Vol. VII, Part
3) publié en mai 1911 à Bangkok renferme la traduction par M.
Camille Norron des Lettres du Roi de Siam à sa fille la princesse Nibhä Nabhatala racontant le voyage de S. M. Chulalongkorn en
France en 1907.
Nous avons reçu de l’auteur M. Andrea Gazassr, l'étude suivante: Z <Settlements» europei e le Concessiont in fitlo nella Cina.
Firenze, Mariano Ricei, 1910, in-8.
M. le Col. G. E. Gerini à fait un tirage à part des deux articles parus dans le Journal of the Royal Asiatic Society en Octobre 1910 et 1911 sous le titre de Chinese Riddles on Ancient Indian Toponomy. — I. Ch'a-po-ho-lo and Ka-p'i-li. — IT. Nan-ni-hwa-lo.
M. À. Girarp a extrait de la Revue d'Histoire moderne et contemporaine 1910, t. XIV, un article sur Les Routes de Commerce vers l'Extréme-Orient à la fin du XVII et au commencement du
XVITII* siècle.
M. le Dr. O. Nacnop continue à faire paraître son excellente revue de la littérature relative au Japon dans les Jahresberichte der Geschichtswissenschaft pour 1909. (III, 372—430). (cf. T. P., Oct. 1910, p. 538).
M. le Dr. Berthold Laurer a donné dans The Open Court, sept.
1911, un mémoire sur l’Zntroduction of Vaccination into the Far East.
Nous avons reçu l'article de M. le Dr. Oscar Münsterberg: Die Darstellung von Europäern in der japanischen Kunst extrait de
l'Orientalisches Archiv; il est orné de figures intéressantes.
Le Vice-Consul d'Angleterre à Xieng mai, M. Hoce, a publié son rapport pour 1910; suivant le dernier recensement, la popula-
tion de ce district consulaire est (1909) de 1.088.000; la ville
même de Xieng mai a une population de plus de 50.000, dont
20 anglais!
M. V. Arexsiev nous adresse le tirage à part de son mémoire sur le célèbre poète Li Pé Cruxorgopeura 8% npo3 no3Ta Jun Bo, BocnBatoimnia npuro4y (Morceaux choisis de la prose rimée) qui avait paru dans
le T. XX des Zapiski de la Société impériale archéologique russe.
Nous avons reçu Buessler Archiv.... redigiert von P. Exren- Reich (Leipzig u. Berlin, B. G. Teubner) Bd. I, Hfc. 3 renfermant des articles de MM. Heinrich Srônner, W. CraHMer et W. PLANERT, et Beiheft I: Sprichwôrter und Lieder aus der Gegend von Turfan mit einer dort aufgenommenen Würterliste von Albert v. Le Co.
[Voir Comptes-rendus.]
M. le Dr. M. Aurel Sreis a fait un tirage à part de son article paru en mars 1911 dans le Geographical Journal: Note on
Maps illustratina Explorations in Chinese Turkestan and Kansu. Ip q P
M. Frederick Srarr a fait un tirage à part de l’article paru dans le Bulletin of the Public Museum of the City of Milwaukee, Vol. I, Pt. 2 sur les Lolo Objects in the Public Museum Milwautee:
cette intéressante brochure est accompagnée de 8 planches.
Les Douanes impériales chinoises ont fait paraître: Returns of Trade and Trade Reports 1910. — Part. II. — Port Trade Statistics and Reports. — Vol. I. — Northern Ports (Aigun to Kiaochow); il renferme les cartes suivantes: Map of the Western Venchi District;
Sketch Map of China and Manchuria to illustrate Railways in North
China and Trade Routes converqing upon Tientsin. — Vol. IL — Vangtze Ports (Chungking to Chinkiang). — Vol. III. — Central Ports (Shanghai to Wenchow).
M. Edmond Rovracn à fait paraître dans la collection «Les Pays modernes» publiée par la libraire Pierre Roger, un volume sur La Chine moderne, orné de 20 photogravures hors texte et
d'une carte.
on ——
Department of Oriental Printed Books and Manuscripts British Museum.
London: W. C.
GSept. 1911:
To the Editors of the T’oung Pao.
Dear Sirs.
I have just seen M. Pelliot’s interesting letter to M. Chavannes, publishea in the July number of the T’oung Pao, in which he mentions the late Dr. Bushell’s copy of the JE nr Ek Kiun hou lou. This book was acquired by the British Museum two years ago, together with a number of other Chinese antiquarian works from Dr. Bushell’s Library. This is how I have described the work in my provisional list of recent acquisitions: “A Collection of ancient inscriptions on bronze, deciphered and arranged according to the number of characters in each, ranging from one to 497 characters. Originally compiled by 3 Ù PET Wu Shih-fén, a graduate in the reign of Tao Kuang, and published with the Imperial Imprimatur under the direction of + DA LA Wang I-jung. 3 chüan in 9 pên in 1 t’ao, 1896, 29.5 X 18 cm.” There is no separate title-page, but the title Je nn k & D'é Chün ku lun chin wên (Dr. Bushells chai for the third character must be a mistake) appears at the beginning of each chüan and on the edge of each leaf. It will be noted that Dr. Bushell was correct in his statement of the number of chüan, only he omitted to add that each chüan was further divided into three parts, each oscupying a whole 7 pên. It seems clear that the Kiun hou lou in 20 ch. which M. Pelliot has deposited in the Bibliothèque Nationale must either be another edition, or a different work altogether from ours.
In conclusion, Ï may add that about a third of the Bushell Collection came to the British Museum, the remainder being purchased by Mr. A. PROBSTHAIN, of Great Russell Street, London.
3elieve me, Dear Sirs, Yours faithfully Lionel GILES.
Note de M. CHAVANNES.
La lettre de M. Lionel GiLES permet d'établir l'identité de l'ouvrage acquis par le British Museum à la mort du Dr. Bushell, et de l’ouvrage que M. Pelliot a fait entrer à la Bibliothèque Nationale. Le Kiun lou lou kin wen nn nu k & L'é comporte, dans ces deux exemplaires, trois chapitres qui se subdivisent chacun en trois parties, en sorte que l'ouvrage complet forme neuf fascicules. Cependant les érudits japonais dont j'ai analysé le rapport (T'oung pao, Mai 1911, p. 289) parlent du Æiun kou lou je nr EK qui serait un catalogue d'inscriptions et qui serait donc nettement différent du Xiun kou lou kin wen, lequel n’est pas un catalogue; j'ai pu constater qu’ils avaient raison; en effet, j'ai fait venir le Kiun kou lou, qui, comme je le disais en Mai 1911, n'existait jusqu'ici dans aucune bibliothèque européenne, et j'ai reconnu que cet ouvrage était distinct du Kiun lou lou kin wen rapporté par M. Pelliot; le Kiun hou lou est un catalogue qui ne mentionne pas moins de 18198 inscrip-
tions; il comporte 20 chapitres en 20 fascicules; comme le Kiun hou lou kin
wen, il est l’œuvre de Wow Che-fen LL au EN.
La date exacte de l’inscription de 1452 dans la mosquée de Hang-tcheou.
Dans le dernier numéro du T’oung pao (pp. 436—437), j'ai signalé la difficulté chronologique que présentait l'inscription de la mosquée de Hang lcheou datée de l’année 1452. Cette inscription est datée du premier jour de Ramazan, Vendredi, de l’année 856 de l’hégire; cette date correspond, d’après les tables usuelles de concordance, au 15 septembre 1459. D'autre part, la date chinoise équivalente est transcrite en caractères arabes: H. A. Giles a retrouvé sous cette transcription les mots chinois suivants: K H} + 7 —= AE VAN Æ] Jb FH «le neuvième jour du huitième mois de la troisième année king-C'ai». D’après les tables du P. Houang, cette date correspond au 23 août 1452. La question se pose donc de savoir comment la même date, exprimée en arabe, correspond au 15 septembre 1452. Pour résoudre la difficulté, je commencerai par remarquer que si la date arabe est le premier jour du mois, la date chinoise doit nécessairement tomber aussi sur le premier jour du mois, puisque le mois lunaire ne peut pas avoir deux commencements différents; je crois donc que la lecture de la date chinoise n’est pas Aieou je JU H «le neuvième jour»; la transcription arabe doit recouvrir en réalité les mots lch'ou je À] H «le premier jour» Le premier jour du huitième mois de la troisième année Æing-l'ai correspond, d’après les tables du P. Houang, au 15 août 1452; telle est sans doute la véritable date de l'érection de la stèle. Maintenant comment se fait-il qu’on ait donné, comme équivalente à cette date;
une date arabe qui correspond au 15 septembre? La réponse est facile: on sait que les Arabes ne connaissent pas l’artifice du mois intercalaire dont les Chinois se servent pour rétablir l’accord entre le calendrier lunaire et le calendrier solaire; or l’année 1452 est précisément une année où les Chinois ont admis un mois intercalaire placé après le neuvième mois. Postérieurement à l’intercalation, ils ont été d'accord avec le calendrier musulman; mais, antérieurement à l’intercalation, ils étaient en retard d’un mois sur le calendrier. Si donc on veut donner à chaque mois chinois un mois équivalent dans le calendrier musulman, l’équivalence sera juste pour les 10e, 11e et 12 mois de l’année; mais elle sera inexacte et le calendrier chinois sera en retard d’un mois pour tous les autres mois, puisqu'il aura intercalé après le 9 mois un mois entier dont le calendrier musulman ne tient pas compte. Dès lors, pour le calculateur novice qui aura établi cette équivalence, une date chinoise correspondant au 45 août 1452 coïncidera avec une date arabe correspondant au 13 ou au 14% septembre 1452. C’est en effet au 13 septembre que la chronologie du P. Houang fait commencer le 9e mois de l’année 1452. Si la date arabe correspond au 15 septembre, d’après les tables usuelles de réduction des dates arabes aux dates européennes, cette différence peut être considérée comme négligeable; en effet, les tables de réduction, tant à l’usage des sinologues qu’à l’usage des arabisants, ne sont jamais exactes qu'à un jour près et on peut fort bien admettre que la date du 14 septembre 1452 concilie le calendrier chinois et le calendrier arabe. En conclusion, lorsque l'inscription de 1452 donne pour équivalent à la date chinoise du premier jour du huitième mois de la troisième année king-Pai (15 août 1452), la date du premier jour de Ramazan de l’an 856 de lhégire, elle ne commet qu’une erreur de trente jours exactement; cette erreur s'explique par le fait que les Chinois pratiquent
le système de l’intercalation tandis que les musulmans lignorent.
Ed. CHAVANNES.
Lettre du Dr. Legendre.
Ning-Yuen fou, Kien-tch’ang, le 12 avril 1911.
Dans la lettre que je vous ai adressée à la date du 12 janvier 1911, je faisais allusion à un voyage à Tch’eng-tou, nécessaire pour des raisons d’ordre matériel. Ce voyage, bien qu’effectué sur une route connue, n'aura pas été Inutile, surtout entre Ning-Yuen fou et Fou-Lin. En effet, la carte géologique de cette région établie avec le précieux concours de M. Paul Lemoine, présentait une grosse lacune: faute de fossiles, l’âge des formations n’avait pu être déterminé, La rapidité de mes voyages antérieurs (1907-1908), conséquence de l’étroite limitation de mon temps disponible, m'avait interdit jusqu'ici toute
recherche de fossiles. Cette fois, je me suis particulièrement attaché à cette
recherche et ai trouvé, en abondance, des fossiles-plantes très bien conservés, dans toutes les formations gréso-schisteuses, d’un énorme développement qui s'étendent sur tout le parcours de Fou-Lin à Ning-Yuenfou soit 160 kilomètres nord-sud, pendant que dans l’est et dans l’ouest, elles couvrent une surface d’une profondeur qui n’est pas inférieure à 50 kilomètres de chaque coté. Et je ne parle que de l'étendue des régions qui rentrent dans le cadre de mes itinéraires, m’abstenant de généraliser d’après la forme des terrains reconnus au-delà de ces limites. Ces formations sont charbonneuses et exploitées un peu partout. Le combustible qu’on en retire est très variable comme qualité et le mode d'exploitation trop primitif est tout à fait insuffisant. À Ka-Wo, dans l’est de Fou-Lin, j'ai rencontré le Silurien représenté par des «graptolites» extrèmement abondants dans des psammites.
Au retour, à Ning-Yuenfou, dans les premiers jours de mars, le printemps, en pleine évolution déjà, sous ce climat si tiède et si merveilleusement ensoleillé, nous a permis de commencer nos collections d'oiseaux et d'insectes. Nous avons pu ainsi faire un envoi au Muséum. J'y ai joint de nombreux échantillons de roches et de fossiles trouvées dans les formations gréso-schisteuses dont il vient d'être parlé. J'espère que ces fossiles pourront être étudiées prochainement,
La période d’hiver et de printemps que nous venons de passer au Kien-tch’ang n'aura pas été inutile, non plus, au point de vue «météorologie»: elle me permet de rectifier certaines observations personnelles précédentes et certains renseignements qui n'étaient pas en parfait accord avec les faits. Notre grand baromètre Tonnelot, arrivé en bon état, malgré les difficultés d’un long voyage en montagne, nous rend de précieux services. Comme nous nous éloignons fréquemment de notre base, j'ai confié ce baromètre à M. le Procureur de la Mission catholique, lequel a bien voulu se charger de faire les observations journalières.
Pendant que je remontais vers Fou-Lin avec M. Noiret, M. Dessirier cireulait au sud de Ning-Yuen-Fou. Je l’avais chargé d'explorer l'important massif, connu seulement en bordure, qui a pour limite dans l’ouest, la vallée du Ngan-Ning (et affluents) entre Houei-li-tcheou et Ning-Yuen-Fou, et la rivière de Pouké dans l’est entre Mi-Liang-Pa (Kiao-Kia-Ting) au sud et le lac de Ning-Yuen. Malgré les difficultés du terrain, son caractère tourmenté à lextrème, M. Dessirier a pu couper le massif par plusieurs transversales et remplir complètement en deux mois, le programme que je lui avais tracé. Il a rapporté des renseignements très intéressants sur cette région totalement inexplorée jusque-là. M. Bonin avait bien, autrefois, descendu la vallée du Pouké, mais n’a point pénétré dans le massif. Cette région très tourmentée comme je viens de le dire, a comme altitude moyenne des crêtes, 3000 mètres et les cols se trouvent entre 3200 et 3500. Les arêtes des chaînes sont très vives et la forme «plateau» n'existe jamais. Les habitants des parties élevées
(Lolos) en sont réduits à établir leurs villages sur de petites terrasses, des
masses d’éboulement, des cônes d’affaissement. Les pentes abruptes de ces montagnes sont cependant cultivées: blé, maïs, sarrazin et un peu d’opium. Le massif est encore couvert de felles forêts de conifères, avec sous bois de bambous grèles. Ces forêts seraient peuplées de panthères, ours, loups, renards, antilopes, etc. Le massif, dans son ensemble, ne renferme actuellement que peu d'habitants. Les Chinois occupent les thalwegs, les coins privilégiés, mais la limite de leur habitat ne dépasse guère 2200 mètres, tandis que les Lolos se groupent surtout entre 2000 et 3000 mètres. Le long des petits affluents du Ngatting-Ho et dans leur cours supérieur, M. Dessirier a remarqué un grand nombre de fabriques de papier abandonnées depuis longtemps La brousse, les bambous grèles ont complètement envahi une zone peuplée autrefois de Chinois. Ils l’ont désertée peu à peu sous la poussée des Lolos. La végétation fauchée à cœur joie par le fils de Han a pris sa revanche et a maintenant tout envahi. Cette zone abandonnée est maintenant la plus riche en végétaux de tout le massif, C’est un terrain neutre, un petit district-tampon que respectent Chinois et Lolos.
Depuis longtemps j'avais songé à traverser la haute chaîne qui sépare la vallée du haut Noan-Ning du bassin de Yué-Si. A la fin de mars, j'ai, avec M. Noiret, mis à exécution ce projet. Nous avons franchi cette chaîne à 4200 mètres d'altitude, soit à un col plus élevé de 1100 mètres que celui du Siao- Siang-Ling. Cette masse de porphyre et de leptynite rose ou verte, couronnée par des grès ou arkores et aussi des masses de cipolins rejetées sur le versant oriental se poursuit au nord jusqu'au T’ong-Ho et doit s'étendre au sud jusqu’au thalweg du Yang-Tseu. Je l’ai reconnue jusqu'à Houei-li-tcheou. Elle a pour soubassement de la granulite à gros élements, coupée de filons à grains plus fins et aussi de diocite ou syénile. La végétation, dans la partie où nous venons de franchir cette chaîne est encore abondante, sur les hautes pentes, là où le déboisement est difficile. Les principales essences sont des pins et sapins (Tsuga) des chènes, des ifs, bouleaux et genêvriers. Les rhododendrons abondent surtout vers 4000 mètres d’alitude où ils forment de vrais bosquets. Jusqu'à la côte 2700 mètres, certaines espèces étaient en pleine floraison. Jai trouvé, le 31 mars, des primevères en fleurs jusqu’à 3000 mètres. Plus haut, c'était l’épaisse neige qui à cette époque cependant ne dépassait pas 25 centimètres en profondeur à l'altitude de 4000 mètres.
Nous allons continuer notre exploration dans l’ouest, et j'espère, dans deux mois pouvoir vous adresser un schéma général des régions traversées comme
je lai fait dans un précédent rapport.