LECTURE VI
SOCIAL AND POrITICAL TAOISM.
The high duty of the emperor to maintain the Tao of Man by means of calendrical rescripts and institutions. His duty With respect to chronometry and chronomancy. The imperial almanac.
Official observation of dislocations of the Tao, viz. extraordinary phenomena, eclipses, etc. Astrology and divination.
Fung shui, the science of man to dwell under the beneficial influence of the Universe.
FRANCE
Parmi les conférences du Musée Guimet annoncées pour 1911, nous notons les suivantes consacrées à des sujets asiatiques: Henri CoRDIER, Lao-tseu. — J. Bacor, L'Art tibétain. — PELLIOT, Les récents progrès de l'archéologie chi-
noise. — Sylvain LÉvi, Les études orientales. Leurs leçons. Leurs résultats. —
D. MENANT, Sacerdoce zoroastrien à Nansari.
Il a été fait un tirage à part du mémoire de M. Ed. Caucnois, Aux Ruines d’'Angkor, paru dans la Revue Indochinoise Nos. 1, 2 et 3, de Janvier — Février —Mars 1910.
Dans sa séance du vendredi 10 février, l’Académie des Inscriptions et Belles- Lettres a décerné le prix Stanislas Julien à la seconde édition du Chinese- English Dictionary de M. le Dr. Herbert A. GILES.
Dans la séance du 4 novembre 1910 de la Société de Géographie de Paris, M. le Comte Charles de PoLi@Nac a rendu compte de son exploration de la boucle sud du Yang-tseu et du cours inférieur du Ya-long:
«Plusieurs années d’admirables eftorts dans un pays difficile par son relief et ses conditions climatériques, faisaient aboutir notre chemin de fer du Tongking à Yunnan-Sen, mais diverses considérations doivent maintenant difiérer sa prolongation vers le nord, ou du moins, de l’avis des gens compétents et des voyageurs, une seule direction est possible, celle du nord-est vers Soui-Fou. Quelle autre voie permettrait de drainer vers Yunnan-Sen, point terminus actuel, pour les amener de là au Tonkin, les produits du Kien-tchang, du Tibet et de l'importante région de Ta-Li, c’est-à-dire tout le secteur Nord-Ouest? A la simple inspection de la carte le Yang-Tseu, qui décrit une large boucle vers le sud en se rapprochant de Yunnan-Sen, et son grand affluent le Yalong semblent s'imposer par l'étendue des régions que drainent leurs eaux. Ces fleuves étaient-ils navigables en cette partie? Voilà qui était d'autant plus intéressant à savoir que les voyageurs Baber, Hosie, Davies, dont les intinéraires avaient coupé en plusieurs points ces énormes artères, semblaient en douter. Seul, un voyageur Français, le vicomte de Vaulserre, cherchant en 1899 une voie pour le chemin de fer, nous prouvait en empruntant fréquemment le fleuve qu’il n’était pas impossible d'y circuler en barque. Et. plus tard, le commandant Hourst, mis au courant de l’existence d’un bief dans la boucle sud, et à l’instigation des amiraux Pottier et Philibert, se décidait à en tenter l’étude lorsque les événements l’en empèchèrent,.
«Ce bief existait-il réellement? sur quelle étendue et dans quelles conditions de navigabilité, aussi bien pour le Yalong que pour le Yang-Tseu? Voilà ce que je me proposais d'élucider, et c’est dans cette intention qu’au mois de juin 4909, je soumettais mon projet à M. Berthelot, qui voulut bien me donner son appui et me mettre en relation avec le commandant Audemard, chargé de remonter la nouvelle canonnière française de Changhaï à Tch’ong- King, et qui accepta de se joindre à moi. |
«Ne devant donc plus songer à entreprendre ce voyage par le sud, je déci-
dais d’arriver par le nord, c’est-à-dire de remonter le Yang-Tseu depuis son embouchure, m'offrant ainsi l’occasion de faire connaissance avec le même fleuve que nous devions retrouver à 4000 kilomètres en amont, et me familariser avec les façons chinoises qui m'étaient inconnues.
«Mon ami J. Faure, qui avait longtemps vécu à Pékin et avait fait la traversée du Tongking en Birmanie devait aussi m’accompagner; nous nous retrouvions à Chang haï au milieu d'octobre 1909.
«Je passerai rapidement sur cette partie de notre voyage, qui devait nous conduire à Tch’eng-Tou, capitale du Se-tchouan, pour y préparer le détail de notre reconnaissance.
«D’autres que moi et de plus autorisés ont trop bien décrit ces régions pour que j'insiste. Mais je veux dire l’aimable accueil qui nous fut toujours fait par les représentants de la France, dont la précieuse expérience apporte une aide si généreuse aux efforts de leurs compatriotes. J’envoie nos remerciements à M. Bodard, vice-consul à Tch’ong-K’ing, et un souvenir ému à la mémoire de M. Morisse, consul à Han-k’eou, qui, tout jeune encore et plein d’avenir, vient, il y a quelques jours, de mourir subitement.
«Je rappellerai aussi la brillante remontée des rapides d’I-tch’ang à Tch’ong- K’ing accomplie par la canonnière française Doudart de Lagrée, entièrement construite d’après les plans du commandant Audemard.
«Le plaisir de naviguer sous les couleurs nationales à 10.000 kilomètres de la France, la beauté sauvage des gorges, la lutte de chaque instant contre un fleuve terrible par son courant, ses rapides et ses remous, tout cela occupe dans notre souvenir une place spéciale, et ce nous fut un grand honneur, en arrivant à Tch'ong-K’ing, de pouvoir lever nos verres à la santé du commandant Audemard, que quatre années d'efforts persévérants avaient amené au magnifique résultat d'effectuer sans incident et en quarante et une heures un parcours de 360 milles, battant ainsi tous les records précédents des cannonnières étrangères.
«Tch'engtou. — À Tch'engtou nous sommes reçus par le Consul général de France, M. Bons d’Anty, avec la plus belle hospitalité. — Cette grande ville, centre de tout l'Ouest chinois, a été ici même trop souvent l’objet des descriptions de voyageurs pour que j'essaie d’en rappeler la physionomie.
«je me contenterai de raconter un incident survenu pendant notre séjour parce qu'il peut servir d'exemple pour toutes les manifestations de la curiosité chinoise vers les choses européennes, manifestations que l'ignorance, l’insouciance, la cupidité et l’amour-propre condamnent, en général, à l’insuccès.
«Un ballon sphérique libre fut construit. On le gonfla. Moyennant quelques sapèques on décida un loqueteux à prendre place dans la nacelle, et celui-ci s'étant engagé à agiter avec conviction ses bras munis de longues ailes pour bien prouver à la foule que la force humaine seule détermine l'ascension de la
masse, ce malheureux s’enleva. À cent mètres le ballon éclata, l'homme tomba,
se tua et nous apprîmes que l’appendice d'échappement avait été ligaturé pour empêcher la fuite du gaz, l'hydrogène avait coûté fort cher à fabriquer, et il était bien naturel d’avoir voulu l'emprisonner.
«J. Faure dont vous connaissez les exploits d’aéronaute, ayant proposé au préfet de Tch’engtou de recommencer l'expérience, en pilotant lui-même un nouveau ballon, ce mandarin refusa, n’ayant à recevoir d’un Européen ni propositions, ni conseils.
«En faisant une pointe sur le Min notre intention était de pénétrer chez les Wazeu indépendants. Mais, malgré toutre notre habileté et les cadeaux européens que nous lui avons offerts, le roi des Wazeu, conseillé par un habile secrétaire chinois, ne voulut pas nous autoriser à entrer chez lui, et nous avons consacré une vingtaine de jours à relever cette partie du fleuve torrentueux qui se fraie un difficile passage au milieu des contreforts tibétains.
«La traversée du fleuve se fait à l’aide de càbles en bambou, en général accouplés; le passager serre ses liens lui-même et, obéissant aux lois de l’accélération d’un corps qui tombe, file à toute allure.
«S'il n'existe qu’un seul câble, ses points de départ et d'arrivée étant fixés à la même altitude, c’est un gros travail pour se hâäler d’un bout à l'autre, et la seule fois où j’essayai je revins les mains en sang.
«Kouan-hien est la clef hydrographique de la plaine de Teh’engtou: c’est là que le Min, au sortir des montagnes, se bifurque en quatre bras qui alimentent successivement dans l’année les rizières, Par des moyens fort ingénieux et des travaux simples, les Chinois arrivent à faire dériver les eaux dans l’un ou l’autre de ces bras.
«C’est en rentrant à Tch’eng tou et au moment de nous mettre en route pour le sud, que nous avions le malheur de perdre subitement un camarade français, G. du Gardier, qui nous avait accompagné depuis Hankeou. A la veille de nous quitter pour rentrer en France par le Kouei-Tcheou et le Tongking et apporter aussi sa part d'efforts à la connaissance de la Chine, ce brave compagnon nous fut brusquement arraché par une syncope cardiaque.
»L'itinéraire de Tch’engtou au Kien-tch’ang, décrit ici-mème récemment par M. Duchesne-Fournet, s'allongea pour nous par le crochet de Kiating et du Mont-Omei. La montée fut rendue particulièrement difficile par la présence de la neige gelée, sous laquelle les escaliers avaient disparu. Il nous fallut trois jours pour atteindre le sommet, et c’est à 3200 mètres que, sortis des nuages, dont la mer ondulait à nos pieds, nous eûmes l’éblouissante surprise de contempler vers l’ouest les neiges éternelles du Tibet émergeant toutes roses au soleil du matin. Par delà leur chaîne c’est Lhassa, c’est le pays défendu aux Européens; notre œil s’y promène libre et avide.
«Nous arrivons à Ning-Yuen-Fou, capitale du Kien-tch’ang, et nous atteignons le Ya-Long par Hosi et Hopien.»
Le conférencier fait alors défiler une série de projections tout en décrivant
sa route et en fournissant sur le pays et les populations traversées des détails intéressants.
A noter la rencontre du Père de Guébriant, avec lequel les trois voyageurs ont poursuivi leur itinéraire. Ils quittèrent à Ma-tch’hang ce missionnaire «grâce auquel, ajoute M. de Polignac, nous avons pu entreprendre et mener à bonne fin la descente du Ya-Long.»
«Le Yalong. — Je parlerai du Yalong, puis du Yang-Tseu, de son courant, de son débit, des obstacles et de la navigation.
»La vallée du Yalong est formée d’un plissement de terrain régulier, dirigé nord-sud, dans lequel le Yalong coule étroitement encaissé entre deux chaînes de montagnes élevées, formées surtout de roches éruptives, de schistes et de grès.
«Au |point de vue hydrographique, le Yalong présente le caractère d’un grand fleuve et non celui d’un torrent qu’on serait porté à lui attribuer a priori, en raison de l'altitude de son thalweg, et du système orographique qui resserre sa vallée,
«Sa largeur atteint 200 à 250 mètres et descend rarement au-dessous de 100 mètres en dehors des rapides, mais par suite de l’étroitesse de la vallée qui canalise, en quelque sorte, le Yalong dans un chenal resserré, aucune marge n'est laissée au fleuve pour épandre ses eaux, d’où il suit que les crues doivent être subites et violentes, et que les eaux, descendant sans trouver d'obstacles dans cette étroite rigole, doivent être animées d’une vitesse considérable sur tout le parcours. Les rapides du Yalong, tout en affectant, en général, la même conformation que les rapides du Yang-Tseu, offrent cette particularité de constituer de véritables barrages qui s'opposent à la descente des eaux, et de créer, entre chaque rapide, des biefs plus ou moins étendus, où l’eau reste calme, avec faible courant. C’est à cette nature hydrographique du fleuve qu'il faut attribuer la faiblesse du courant moyen (environ 7 à 8 km. à l’heure) pour une différence d’altitude de 410 mètres sur un parcours de 180 kilomètres seulement, alors que le Yang-Tseu, avec une pente trois fois plus faible, accuse une vitesse moyenne de 11 kilomètres environ.
»Le Yang-Tseu supérieur. — Dans la vallée du Yang-Tseu supérieur, le relief du sol, essentiellement tourmenté, présente une série presque ininterrompue de barrières que le fleuve doit surmonter avant d’atteindre l'immense plaine du Hou-pé, où il s’étale librement jusqu’à son embouchure.
«Un cours aussi désordonné, brutalement percé à travers un chaos de montagnes, doit donner au Yang-Tseu un caractère torrentueux, peu propre, semblerait-il, à la navigation.
«Le Yang-Tseu offre, en effet, l'aspect d’un immense torrent dans la plus grande partie de son parcours en montagne, mais il présente également sur ce même parcours, de grands biefs tranquilles, où les eaux s’étalent librement. Ces biefs principaux se trouvent sur le plateau du Yunnan, et, en aval, dans le bassin du Se-tchouan; ils correspondent à la région des grands lacs, aujourd’hui disparus, qui ont formé le tracé initial du fleuve.
«La vallée étroite et accidentée depuis le pont de Li-Kiang s’ouvre progressivement, les collines s’abaissent, le fleuve roule des eaux tranquilles entre deux berges basses et largement espacées; c’est le bief qui va jusqu’à Kin-Kiang-Kaï. Puis le fleuve s’enfonce à nouveau dans un étroit couloir à travers un massif montagneux jusqu'à Ma-chang; les rapides y sont nombreux et violents, mais aucun d’eux n’est infranchissable aux barques locales, à condition de décharger préalablement les marchandises.
«En aval de Ma-chang, la vallée du Yang-Tseu est constituée par une succession de plateaux peu élevés, anciens bassins lacustres limités de part et d'autre du fleuve par des chaines de montagnes distantes de 3 à 4 kilomètres, qui vont en se rapprochant insensiblement vers Long-Kai et finissent par se rejoindre à 100 kilomètres plus loin, pour former à Homen-Tchang une large barrière qui donne naissance à une série d'obstacles, les plus considérables existant sur le cours du Yang-Tseu dans la partie visitée.
«La grande déclivité du fleuve — 310 mètres environ sur un parcours de 455 kilomètres — doit nécessairement produire un courant général très violent. Mais les nombreux obstacles qui s’interposent au mouvement des eaux réduisent beaucoup ou accélèrent l'intensité du courant; de sorte que ce courant est extrêmement variable dans les chenaux accidentés.
«La vitesse moyenne, basée sur la distance totale et le temps employé à la descente du pont à Long-Kai, est de 11 kilomètres à l’heure. La vitesse maximum, appréciée à la descente, en dehors des rapides, atteint 16 km. 500.
«Dans les rapides, le courant s’accélère, en général, beaucoup, mais bien souvent cette accélération qui nous frappe est l'effet d’une illusion produite par l'agitation et le bouillonnement de la masse liquide soulevée par les aspérités du fond. Dans les rapides à faible profondeur où les eaux s’entrechoquent violemment, se heurtent de tous côtés en causant de violents ressacs, la vitesse du courant peut être évaluée à 13 kilomètres. Dans les rapides affectant la forme d’une langue cambrée, polie, affilée où l’eau s'écoule sans heurt, dans la partie aval, la vitesse du courant atteint son maximum dans l’axe de la langue, et peut atteindre 18, 20, 22 kilomètres; cette dernière vitesse est, à notre avis, le maximum que l'on puisse attribuer au mouvement des eaux, s’'échappant d’un obstacle normal.
«Le débit du fleuve et de son grand tributaire calculé en amont du confluent est pour le Yang-Tseu de 580 mètres cubes et pour le Yalong de 470 mètres cubes.
«La différence de débit entre les deux fleuves, est en somme peu considérable, mais elle serait plus en faveur du Yang-Tseu si les observations du Yalong eussent pu être faites plus loin, en amont, de manière à éliminer, dans la ligne de sondage, l’afflux des eaux du Yang-Tseu, qui doit certainement se faire sentir assez loin de son confluent.
«Quoiqu'il en soit, le Yang-Tseu a une supériorité bien marquée sur le q ) 8
Yalong, à l’époque des hautes eaux, si l’on en juge par la trace des eaux sur les rives, qui s'élèvent à 10 mètres environ dans le Yang-Tseu, et à 5 ou 6 mètres seulement dans le Yalong. Ce qui n'empêche pas les habitants du Yalong de considérer leur fleuve comme l'artère principale.
«La pente générale du fleuve ne suffit pas à expliquer les courants violents que l'on rencontre sur le haut Yang-Tseu. Ce sont les augmentations et les diminutions alternatives de la section de la rivière dans lesquelles il faut rechercher la cause de ce phénomène, et ces variations sont dues surtout à des différences de profondeur.
<Œlles sont aussi la cause des tourbillons qui se creusent, violents, par place, même en dehors des rapides.
«Lorsque la diminution de fond coïncide avec un rétrécissement produit par des pointes ou des bancs, il y a rapide.
«Indépendamment de ces rapides, il existe en maints endroits des obstacles artificiels qui augmentent considérablement les difficultés de la navigation: ce sont les pêcheries installées sur les bords du fleuve par les riverains. Elles sont constituées par un amas de gros galets destinés à briser le courant et à former des remous pour attirer les poissons et les entraîner dans les nasses cachées sous les galets. Le hälage des barques par le travers de ces pêcheries, est une manœuvre délicate et pénible. Pour les doubler, les barques doivent s'éloigner de la rive, pénétrer dans le courant principal du fleuve et remonter la dénivellation, souvent très grande, produite par le barrage artificiel: la suppression de ces obstacles s’imposerait.
«Navigation. — La manœuvre d’une barque de faible dimension est déjà fort difficile, la plupart des rapides ne peuvent être franchis qu'après déchargement des marchandises et à la suite de manœuvres longues et périlleuses. Quant à la descente des grands rapides, en se laissant aller au fil du courant, il ne faut pas y songer avec ces barques instables, non pontées et sans consolidations, la violence des tourbillons, les chutes brusques, les auraient vite submergées, chavirées ou réduites en miettes.
«En dehors des rapides, toujours dangereux, la navigation est extrémement pénible pour les barques, par suite de l’absence de tout sentier de halage, de l'insuffisance et de la rusticité de l'outillage. Tous les détails ont pourtant une grande importance dans une navigation où les mêmes hommes, en nombre très réduit, répètent les mêmes manœuvres mille et mille fois par jour.
«Enfin, dans un autre ordre d'idées, les conditions de navigation pourraient être singulièrement améliorées si l'on entreprenait, aux basses eaux, l'assainissement des principaux rapides. Les dépenses ne seraient pas considérables, non plus hors de proportion avec le but à atteindre.
«Le dérochement de quelques roches isolées, voisines de la berge, l'enlèvement de quelques galets diminueraient la pente et rétabliraient l'équilibre des eaux dans le chenal fréquenté par les barques.
«Avec des jonques mieux construites et appropriées à cette navigation en courant, avec quelques améliorations faciles à apporter dans le cours du fleuve, nous avons la conviction que la battellerie s’exercerait, entre Long-Kai, Kin- Kiang-Kai et Ta-Tsin-Keou, avec autant d’aisance et plus de sécurité que dans la région d’I-tch'ang à Tch'ong-K’ing.
«Il est bien entendu que toutes ces observations se rapportent à l’époque des basses eaux, époque où nous avons visité le fleuve.
«Il est probable, cependant, que par analogie avec ce qui se passe en aval, sur le bief I-tchang-Tch’ong-K'ing, le cours du fleuve s'améliore avec la montée des eaux.
«En résumé, si la navigation des chaloupes à vapeur ne peut être envisagée par suite de la difficulté de manœuvre dans un chenal parfois si resserré et par un courant aussi violent, celle des barques, au contraire, est toujours possible et s’étendrait même à de plus grands échantillons.
«Le Yang-Tseu de Long-Kai à Souifou. — La vallée du Yang-Tseu, de Long-Kai à Souifou, offre des aspects très variés sur ce parcours de 800 kilomètres, mais elle conserve à peu près partout son caractère de stérilité et d'abandon qui la rendent difficilement accessible aux entreprises des voyageurs.
«Pourtant de Yen-Tsin jusqu'à 30 kilomètres en aval de Kiao-Kiating, le fleuve coule dans une longue dépression lacustre, orientée nord-sud, soigneusement cultivée par la population chinoise, qui occupe les villages, très nombreux, de part et d'autre du fleuve.
«Dans cette région les rives s’élargissent, le courant diminue et les rapides, en général, clairsemés et peu violents, sont accessibles à la petite batellerie qui est établie sur ce bief, de 100 kilomètres de longueur, pour le transport du sel provenant de Yen-Tsin.
«En résumé de Long-Kai à Suifou, les obstacles à la navigation se présentent si nombreux et sous une forme tellement brutale qu'on ne peut espérer utiliser ce bief comme voie de transport aussi bien dans un sens que dans l’autre.
«Fâcilitée par le courant et la déclivité naturelle des obstacles, la descente d'une barque, de très faibles dimensions, peut être tentée avec quelque chance de succès, mais il n’en serait pas de même dans le voyage de montée, où la violence du courant, l’absence de chemin de halage et la nature de certains dangers rendraient l'entreprise périlleuse et vraisemblablement irréalisable.
«En dehors du bief de Kiao-Kiating, où cireule une centaine de barques très légères, il n'existe aucune embarcation naviguant sur le fleuve: Quelques bacs, en de rares endroits, assurent les communications d'une rive à l'autre, mais sans jamais s'éloigner de leur point d'attache.”
Nous regrettons de nous en tenir à ce résumé incomplet du voyage et à ce simple aperçu des résultats. Le conférencier a tenu à rendre justice à ses
devanciers comme à ses collaborateurs et surtout| à l’œuvre remarquable du
capitaine de frégate Audemard, qui a mis son savoir et sa compétence, son expérience aussi, au service de l’expédition.
Le fleuve Bleu a été remonté jusqu'au pont de Li-Kiang, puis redescendu jusqu'à Long-Kaï, où MM. de Polignac et Jacques Faure ont pris au sud, vers Yunnan Sen, pour étudier le chemin de fer français qui, de ce point, se rend par Ami et Mong tseu à Lao Kai et à Hanoï. Le commandant Audemard, pendant ce temps, achevait la navigation du fleuve Bleu entre Long-Kai et Soui-fou, complétant par une étude nouvelle et brillante le bilan scientifique de ce remarquable voyage.