SCÈNE III "^Uz^clri La Baronne, Marine
La Baronne. Tu vas te déchaîner contre moi, Marine, |
t'emportera.. t^H
Marine. Non, madame, je ne m'en donnerai pas la 1 peine, je vous assure. Eh ! que m'importe, après tout, que votre bien s'en aille comme il vient.? Ce sont vos affaires; madame, ce sont vos affaires. Jn^
La Baronne. Hélas! je suis plus à plaindre qu'à<«C^. blâmer: ce que tu me vois faire n'est point l'effet d'une jT^
volonté libre; je suis entraînée par un penchant si<Cl
tendre, que je ne puis y résister. ' 20
Marine. Un penchant tendre ! Ces faiblesses-là vous conviennent-elles? Hé fi ! vous aimez^comme une vieille U bourgeoise.
La Baronne. Que tu es injuste. Marine! Puis-je ne pas savoir gré au chevalier du sacrifice qu'il me fait? 25
Marine. Le plaisant sacrifice ! Que vous êtes facile à tromper ! Mort de ma vie ! c'est quelque vieux portrait de famille; que sait-on? de sa grand'mère peut-être.
\.K^^.^o^^^^ regardant le portrait. Non; j'ai quelque ^ idée de ce visage-là, et une idée récente. 39
Marine, prenant le portrait. Attendez. . . Ah ! justement, c'est ce colosse de provinciale que nous vîmes au bal il y a trois jours, qui se fit tant prier pour ôter son masque, et que personne ne connut quand elle fut dé- 5 masquée.
La Baronne. Tu as raison. Marine; cette comtesselà n'est pas mal faite.
Marine, rendant le portrait à la baronne. A peu près comme M. Turcaret. Mais si la comtesse était femme d'affaires, on ne vous la sacrifierait pas, sur ma parole.
La Baronne. Tais-toi, Marine, j'aperçois le laquais de M. Turcaret.
Marine, bas^ à la baronne. Oh ! pour celui-ci, passe ;
il ne nous apporte que de bonnes nouvelles. (^Regardant
15 venir Flamand et le voyant chargé d^un petit coffre.) Il
tient quelquechose; c'est sans doute un nouveau présent
que son maître vous fait.