‹ TurcaretChapitre 46 sur 95 · ACTE III, SCÈNES VII, VIII 5I · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNES VII, VIII 5I

Flamand, à M. Turcaret. Monsieur!

M. Turcaret. Que me veux-tu ?

Flamand. Il est là qui vous demande. ^

M. Turcaret. Qui ? butor ! 5

Flamand. Ce monsieur que vous savez ; là, ce monsieur... monsieur Chose.

M. Turcaret. Monsieur Chose ?

Flamand. Eh ! oui, ce commis que vous aimez tant. Drès ^ qu'il vient pour deviser avec vous, tout aussitôt 10 j vous faites sortir tout le monde, et ne voulez pas que personne vous écoute.

M. Turcaret. C'est M. Rafle, apparemment.^

Flamand. Oui, tout fin^ 4££k^ monsieur, c'est lui-même.

M. Turcaret. Je vais le trouver: qu'il m'attende. 15

La Baronne. Ne disiez-vous pas que vous l'aviez ', / chassé ? J /

M. Turcaret. Oui, et c'est pour cela qu'il vient ici: f 2*^ »■ il cherche à se raccommoder. Dans le fond, c'est un assez \*^ bon homme, homme de confiance. Je vais savoir ce 20 ^C^^ qu'il me veut.

La Baronne. Eh! non, non... (i Flamand) Faites le monter, Flamand. (^Flamand sort)

La Baronne. Monsieur, vous lui parlerez dans cette 25 salle. N'êtes-vous pas chez vous ?

M. TuRCARET. ^ous êtcs bien honnête, madame. La Baronne. Je ne veux point troubler votre conversation; je vous laisse. N'oubliez pas la prière que je vous ai faite en faveur de Flamand.

5 M. Turcaret. Mes ordres sont déjà donnés pour cela ; vous serez contente.

(La baronne rentre dans sa chambre.)

-H^^^ 1 SCÈNE IX^ p)^ ''^

^^^ M. Turcaret, M. Rafle ^V^C^

M. Turcaret. De quoi est-il question, monsieur lo Rafle? Pourquoi me venir chercher jusqu'ici ? Ne savezvous pas bien que, quand on vient chez les dames, ce n'est pas pour y entendre parler d'affaires ?

M. Rafle. L'importance de celles que j'ai à vous communiquer doit me servir d'excuse.

15 M. Turcaret. Qu'est-ce quec'est donc que ces choses d'importance ?

M. Rafle. Peut-on parler ici librement ? M. Turcaret. Oui, vous le pouvez ; je suis le maître. Parlez.

20 M. Rafle, tirant des papiers de sa poche et regardant dans un bordereau. Premièrement. Cet enfant de famille \ à qui nous prêtâmes, l'année passée, trois mille livres, et l à qui je fis faire un billet de neuf par votre ordre, se voyant sur le point d'être inquiété pour le payement, a dé- 25 claré la chose à son oncle le président, qui, de concert avec toute la famille, travaille actuellement à vous perdre. M. Turcaret. Peine perdue que ce travail-là; laissons-les venir. Je ne prends pas facilement l'épouvante.

Page 1