FRONTIN, LISETTE
Frontin.
Cela ne commence pas mal.
Lisette.
Non, pour madame la barone; mais pour nous?
Frontin.
Voilà déjà soixante pistoles que nous pouvons garder : je les gagneray bien sur l’équipage; serre-les : ce sont les premiers fondemens de notre communauté.
Lisette.
Oui ; mais il faut promptement bâtir sur ces fondemens-là, car je fais des réflexions morales, je t’en avertis.
Frontin.
Peut-on les sçavoir?
Je m’ennuie d’étre soubrette.
Frontin.
Comment, diable ! tu deviens ambitieuse ?
Lisette.
Oui, mon enfant. Il faut que l’air qu’on respire dans une maison fréquentée par un financier soit contraire à la modestie, car, depuis le peu de temps que j’y suis, il me vient des idées de grandeur que je n’ay jamais eues. Hàte-toy d’amasser du bien ; autrement, quelque engagement que nous ayons ensemble, le premier riche faquin qui se présentera pour m’épouser...
Frontin.
Mais donne-moy donc le temps de m’enrichir.