‹ Turcaret comédie en cinq actes Le SageChapitre 72 sur 107 · M. TURCARET · texte numérisé non relu

M. TURCARET

Le Chevalier, embrassant M. Turcaret.

Monsieur Turcaret veut bien permettre qu’on l’embrasse , et qu’on lui témoigne la vivacité du plaisir qu’on aura tantôt à se trouver avec lui le verre à la main.

M. Turcaret.

Le plaisir de cette vivacité-là... monsieur, sera... bien réciproque : l’honneur que je reçois d’une part... joint à... la satisfaction que... l’on trouve de l’autre... avec madame, fait, en vérité, que, je vous assure... que... je suis fort aise de cette partie-là.

La Barone.

Vous allés, monsieur, vous engager dans des complimens qui embarrasseront aussi M. le chevalier; et vous ne finirés ni l’un ni l’autre.

Le Chevalier.

Ma cousine a raison : supprimons la cérémonie, et ne songeons qu’à nous réjouir. Vous aimés la musique ?

TU RCARET

M. TüRCARET.

Si je l’aime? Malepeste ! je suis abonné à rOpéra.

Le Chevalier.

C’est la passion dominante des gens du beau monde.

C’est la mienne.

Le Chevalier.

La musique remue les passions.

M. Turcaret.

Terriblement. Une belle voix, soutenue d’une trompette, cela jette dans une douce rêverie.

La Barone.

Que vous avés le goût bon !

Le Chevalier.

Oui, vraiment. Que je suis un grand sot de n’avoir pas songé à cet instrument-là ! Ho ! parbleu, puisque vous êtes dans le goût des trompettes, je vais moi-même donner ordre...

M. Turcaret, l'arrêtant toujours.

Je ne souffriray point cela, monsieur le chevalier ; je ne prétends point que, pour une trompette...

La Barone, bas, à M. Turcaret.

Laissés-le aller, monsieur. (Le chevalier s'en va.]... [Haut.) Et quand nous pouvons être seuls

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