‹ Turgot [microform]Chapitre 3 sur 17 · LA FAMILLE DE TURGOT — SON ENFANCE SON EDUCATION — LA SORBONNE · texte numérisé non relu

LA FAMILLE DE TURGOT — SON ENFANCE SON EDUCATION — LA SORBONNE

La famille de Turgot était une des plus anciennes de la Normandie, et Condorcet prétend que son nom signifie Dieu Thor dans la langue des conquérants du Nord.

Au seizième siècle elle s'était divisée en deux branches, celle des Turgot des Tourailles et celle des Turgot de Saint-Clair. Leur auteur commun, Louis Turgot, avait été maître des requêtes de François, duc d'Alençon, et conseiller au présidial de Caen. L'aîné de ses fils, Jean, a été le premier Turgot des Tourailles, et le second, Antoine, le premier Turgot de Saint-Clair.

Un Turgot des Tourailles eut maille à partir en 1621 avec un nommé Montchrétien, et cette rencontre, assez singulière, rapprocha pour la première fois le nom de Turgot de celui de la science qu'il a illustrée.

Montchrétien, fils d'un apothicaire de Falaise,

!<.■ m :i ." i- ■' Vi

TURGOT

auteur tragique et soldat d'aventure, avait été chargé par les chefs du parti protestant, lors du soulèvement de la Rochelle, de rallier les protestants de la Normandie. Malherbe, dans une lettre à Pereisc, écrite de Caen le 14 octobre 1621, raconte la fin de son expédition.

« Ce qui a donné, dit-il, aux révoltés de Normandie échec et mat, a été la mort d'un nommé Montchrétien, qui était le directeur de toute cette affaire. Il vint, il y a huit jours, sur les 8 heures du soir, accompagné de six autres gens de même qualité, à une hôtellerie d'un lieu nommé les Tourailles, qui est à 12 lieues d'ici. Aussitôt l'avis en fut donné au seigneur du lieu auquel appartenait l'hôtellerie. Il s'y en vint à l'instant avec quinze ou vingt mousquetaires. »

La bande fut détruite, et le seigneur des Tourailles qui la dispersa et tua leur chef s'appelait Claude Turgot.

Or ce Montchrétien tué par un Turgot avait, outre ses tragédies, écrit un livre d'une sagacité remarquable sur 'l'industrie et le commerce, et ce livre porte le titre absolument inconnu jusque-là de Traité d'économie politique.

C'est la première fois qu'une semblable expression est employée dans notre langue — c'était en 1615 — pour désigner la science économique, et celui qui s'en est uinsi servi avant tout le monde a péri misérablemeiit de la main d'un homme qui portait justement le nom du précurseur de J.-B. Say en France

et d'Adam Smith en Angleterre, de l'homme enfin qui a jeté un éclat si vif et si durable sur l'Économie politique, dont il est un des fondateurs.

Le grand-père du ministre Turgot descendait d'Antoine Turgot de Saint-Clair, mais appartenait à une branche cadette. Il avait été intendant dans la généralité de Metz et dans celle de Tours. Son père, Michel-Etienne, fut successivement maître des requêtes, prévôt des marchands de Paris, membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, conseiller d'État et président du grand conseil. Il comptait dans son ascendance maternelle le célèbre jurisconsulte Pierre Pithou, et c'était de tous ses ancêtres celui dont il était le plus fier. Comme prévôt des marchands il acquit une juste célébrité. Il entrei)rit d'assainir les quartiers marécageux de Paris qui s'étendaient entre les boulevards et Montmartre et fit construire un vaste égout auquel on a donné son nom. Cet égout subsiste encore, en partie, sous la rue Saint-Lazare. On doit à Michel-Etienne Turgot un des plus beaux plans cavaliers qu'on ait faits'de Paris, et il porte son nom; la fontaine de la rue de Grenelle a été élevée sur son initiative par Bouchardon, auquel il en avait confié l'exécution.

Après être sorti de charge, le prévôt des marchands put consacrer à l'administration de ses biens une partie des loisirs que lui laissaient ses fonctions de conseiller d'État. Les propriétés qu'il tenait de sa famille étaient situées entre Caen, Falaise, Bayeux et la mer, dans cette partie de la îvor-

mandie qui forme aujourd'hui le département du Calvados.

Elles furent érigées en marquisat en son honneur sous le titre de marquisat de Soumont. Après la mort du grand ministre et pour honorer davantage sa mémoire, les Turgot marquis de Soumont furent autorisés à se faire appeler marquis Turgot.

Le prévôt des marchands n'avait pas sa résidence à Soumont, mais aux Bons, les Bons-Turgot, comme disait Dupont de Nemours, petite commune peu éloignée de Soumont. Parmi les autres terres, fermes ou herbages qu'il possédait, il y avait celles de Laulne et de Brucourt, dont notre Turgot a porté le nom. A la Sorbonne on l'appelait l'abbé de Laulne; quand il en est sorti, il a pris le nom de Turgot de Brucourt.

Le château de Lantheuil, qui est situé non loin des Bons, et qui est le berceau de la famille, était alors entre les mains de la branche aînée, celle des Turgot de Saint-Clair. Il n'est revenu que plus tard aux marquis Turgot. Le marquis Turgot d'aujourd'hui a réuni au château de Lantheuil les archives de sa famille. Il a bien voulu me les montrer et me permettre de les feuilleter. J'ai tenu dans mes mains la minute écrite au courant de la plume, avec quelques ratures, par le grand Turgot, de la lettre qu'il adressa au roi le 24 août 1774 pour lui remettre sous les yeux, comme il le dit, l'engagement qu'il avait pris avec lui-même de le soutenir dans l'exécution de ses plans d'économie. Je croyais entendre la voix ferme mais émue du grand homme, cette voix si douce aux

amis, si dure aux adversaires. J'ai rencontré dans ces mêmes archives les nombreuses traces de l'examen que Malesherbes a fait des papiers de Turgot après sa mort, afin d'en tirer les notes, les pièces, les manuscrits qu'on allait livrer à Dupont de Nemours pour être publiés par ses soins et former la première édition des œuvres de Turgot.

Le prévôt des marchands mourut le !«' février 1751, laissant trois fils et une fille. L'aîné de ses fils fut magistrat et mourut président à mortier du parlement de Paris; le second, connu sous le nom de chevalier Turgot, fut un savant, un administrateur, un soldat; il gouverna pendant un temps la Guyane; le troisième enfin est le ministre. La fille du prévôt des marchands avait épousé le duc de Saint-Aignan. Le troisième fils, le ministre réformateur, eèt né à Paris le 10 mai 1727; il était studieux, timide et gauche. Sa timidité de jeunesse ne l'abandonna d'ailleurs jamais complètement. « Mes paroles sont un peu confuses, dit-il un jour à Louis XVI, c'est que je me sens troublé. — Je sais que vous êtes timide », lui répondit le roi.

Il fut élevé au collège Louis-le-Grand, puis au séminaire de Saint-Sulpice. Dès 1743, à seize ans, il suivait les cours de la Faculté de théologie. En 1746 il lui avait fallu une dispense d'âge pour être admis aux examens.

La Faculté de théologie la lui avait accordée « en ayant égard, avait-elle dit, à la très puissante recommandation du Roi, mais aussi en souvenir des ser-

TURGOT

vices que, pendant son administration, le très illustre père de M. Turgot avait rendus à la Ville de Paris et aux divers ordres de la Faculté elle-même ».

Cette dispense porte la date du l^*" octobre 1746. Six mois plus tard, le 11 mars 1747, le prévôt des marchands écrivait à son second fils, le chevalier, alors à Malte, que son frère l'abbé avait soutenu sa thèse de bachelier avec un succès éclatant :

« Votre frère Fabbé, disait-il, a soutenu sa thèse avec toute la distinction possible : il a surpassé infiniment ce que j'en attendais, car il n'a pas eu la moindre timidité et a eu l'approbation généralement de tout le monde. Il a soutenu dans les écoles extérieures de Sorbonne dont la salle est immense; elle était parfaitement bien meublée et éclairée, et, quelque étendue qu'elle soit, elle n'a pas cessé d'être pleine de monde pendant cinq heures qu'a duré la thèse.

« C'était M. l'archevêque de Tours qui y présidait. L'assemblée du clergé, qui se tient actuellement à Paris et dont il est aussi président, vint aussi en corps à cette thèse. M. l'archevêque de Paris y vint de son côté in ftocc/ii. Son porte-croix en surplis portait la croix, assis dans la portière de son carrosse, le précédait en entrant dans la salle et s'assit vis-àvis de lui sur un tabouret, portant cette grande et belle croix archiépiscopale qui est de vermeil doré. Lorsque l'archevêque fut sorti, le nonce du pape arriva et y resta plus d'une heure et demie; il dit en sortant à l'abbé et aux docteurs de Sorbonne qui l'accompagnèrent, et à votre frère et à M. de Crcil,

qu'il avait assisté à bien des thèses, mais qu'il n'en avait point encore vu de soutenue comme celle-là. « L'archevêque de Tours, en descendant de sa chaire, embrassa l'abbé et lui dit que cela s'appelait soutenir éminemment; il fut le lendemain à Versailles et, le roy lui ayant demandé s'il était la veille à l'assemblée du clergé, il répondit que non. Le roy lui demanda pourquoi, il répondit qu'il présidait à une thèse. Le roy s'informa qui la soutenait, il répondit que c'était l'abbé Turgot; et, le roy lui ayant demandé s'il avait bien fait, il eut la bonté de répondre à Sa Majesté qu'il n'avait jamais vu soutenir une thèse avec autant de distinction, et ajouta qu'il n'y avait pas un plus grand ni un meilleur sujet que l'abbé. Tout cela est fort flatteur pour nous et doit vous faire aussi grand plaisir. »

Deux ans après, le 7 avril 1749, il composait le premier écrit économique que nous ayons de lui. C'est une lettre adressée du séminaire à son condisciple l'abbé de Cicé. Elle a pour objet de réfuter la défense du système de Law, publiée vingt ans auparavant par l'abbé Terrasson.

Pour Turgot la monnaie métallique n'était pas un signe. « C'est comme marchandise, dit-il, que l'argent est, non pas le signe, mais la commune mesure des autres marchandises. »

En combattant l'idée, si répandue, que la monnaie métallique n'est qu'un signe fondé sur la marque du Prince, Turgot faisait justice des utopistes qui croyaient alors, comme ils l'ont cru pendant la Révo-

TURGOT

lution et comme beaucoup le croient encore aujourd'hui, que l'Etat peut faire face aux dépenses publiques en émettant des billets non remboursables, transformés par la loi en monnaie obligatoire.

« Le roi, dit-il, n'aura q4i'un avantage passager dans la création des billets, ou plutôt dans leur multiplication, mais qui s'évanouira bien vite puisque les denrées augmenteront de prix à proportion du nombre des billets. »

« Si, quarante ans après, dit Dupont de Nemours en publiant cette lettre, la majorité des citoyens qui composèrent l'Assemblée constituante avait eu autant de lumières qu'il en montrait déjà dans une si grande jeunesse, la France aurait pu être préservée des assignats. »

Au commencement de juin 1749, le jeune abbé de Laulne fut admis dans la maison de Sorbonne pour courir sa licence, comme on disait alors, c'est-à-dire pour prendre ses derniers grades.

La maison de Sorbonne était une réunion dans laquelle on suivait les études et les exercices de la Faculté de théologie. Les membres de la réunion formaient entre eux une société qui se composait d'environ cent ecclésiastiques, la plupart évêques, vicaires généraux, chanoines, curés de Paris et des principales villes du royaume. Leur maison était grande; elle existe encore, c'est la Sorbonne; elle contenait 36 appartements, avec une église, une riche bibliothèque, un jardin, des domestiques communs on y dînait ensemble. Gomme beaucoup d'ec-

clésiastiques habitaient au dehors ou en province , on avait disposé un certain nombre d'appartements pour y loger dix ou douze étudiants. C'est une de ces dix ou douze places qui avait été donnée au fils du prévôt des marchands.

La licence, à laquelle il se préparait, se composait d'un certain nombre de thèses : la tentative d'abord pour devenir bachelier : Turgot l'avait déjà soutenue ; et ensuite la mineure, la sorbonique et la majeure. Six mois après son admission à la Sorbonne, c'està-dire le 31 décembre 1749, il avait été élu prieur. Le prieurat était un hommage qu'on rendait au:: jeunes gens distingués et aux fils de parents illustres. On leur donnait avec le titre de prieur la présidenc«i des assemblées, et dans ces assemblées l'obligation et l'honneur de prononcer des discours en latin, suides sujets se rapportant le plus souvent à la religion Turgot présida comme prieur d'abord l'assemblée du 16 mai 1750 où l'abbé Morellet, qui devait devenir son ami et qui est resté toute sa vie son admira teur passionné, fut admis à faire ses preuves; el ensuite celle du 13 août de la même année, où le même Morellet fut agrégé définitivement à la société. Depuis 1743 jusqu'en 1750, Turgot n'avait donc jamais cessé de poursuivre les études théologiques, et ces études, avec les exercices qui en étaient le complément obligé, avaient donné à son esprit une maturité tout à fait remarquable.

« Pour soutenir avec distinction les exercices thcologiques, il fallait, dit Morellet, quelque talent,

20 TURGOT

quelque adresse à démêler 1 objection et à y répondre ; Turgot me disait souvent en riant : « Mon cher « abbé, il n'y a que nous, qui avons fait notre licence, « qui sachions raisonner exactement».

On a conservé les deux discours que Turgot a prononcés à l'ouverture et à la clôture des sorboniques de l'année 1750. Le premier de ces discours a pour sujet les avantages que l'établissement du christianisme a procurés au genre humain. C'est un morceau remarquable, mais il ressemble encore à un devoir de rhétorique, à quelqu'un de ces excellents discours latins que l'on couronnait, il y a encore peu d'années, dans cette même Sorbonne, à la distribution des prix du Concours général entre les lycées de Paris. Écrivant à son frère le chevalier le 30 juillet 1750, il lui disait : « J'ai eu à faire un discours latin que j'ai prononcé le 3 juillet et dont le succès a été tout au plus flatteur pour moi (c'està-dire le plus flatteur); j'en ai actuellement quatre petits environ par semaine avec douze arguments, en attendant que j'en prononce un second le 27 novembre; il m'occupe dès à présent. » Et son père, écrivant au même chevalier le 23 octobre 1750, lui disait : « Je vous ai mandé dans le temps le succès prodigieux de la harangue que l'abbé fit au mois de juillet dernier; il doit encore en faire une le 27 du mois prochain ». Le succès de l'abbé fut encore plus éclatant le 27 novembre que le 3 juillet précédent. Ce second discours est d'ailleurs beaucoup plus important que le premier; il traite des progrès suc-

SA FAMILLE — SON ENFANCE — SON ÉDUCATION î!l

cessifs de l'esprit humain. C'est un tableau de l'hiiitoire universelle, écrit avec un grand talent, plein ce réflexions étonnamment mûries pour un homme ce son âge, empreint d'idées très libérales d'où resso n à chaque ligne un sentiment extrêmement vif de ! a perfectibilité humaine. On y lit, à propos des colonies antiques, cette phrase souvent citée qui est antérieure d'un quart de siècle à la déclaration d'indépendance des États-Unis :

« Les colonies sont comme des fruits qui re tiennent à l'arbre que jusqu'à leur maturité. Devenues suffisantes à elles-mêmes, elles firent ce que fit, depuis, Carthage, ce que fera un jour l'Amérique. »

Il s'occupait beaucoup, à cette époque, de traductions latines et pensait qu'on pourrait, avec avartage, pour mieux imiter les anciens, employer dars notre langue quelques-unes des règles de la versification grecque ou latine. Il aurait voulu que dans la poésie française on se servît alternativement de syllabes longues et brèves, afin de produire sur ks oreilles délicates et exercées un eff*et analogue à celui de la mélodie antique. La recherche de cetle nouvelle prosodie fut une des distractions les plus constantes de Turgot. Il y est revenu toutes les fois que ses occupations lui en ont laissé le temps, et il a traduit en vers métriques hexamètres français no a rimes le quatrième livre tout entier de Y Enéide,

Il prenait, pour écrire ses vers, le nom supposé d'abbé de Laage, et c'est sous ce pseudonyme qu' 1 les envoyait à Voltaire en lui demandant son avis .

TURGOT

On peut croire que Voltaire ne se hâta pas de lire l'essai d'un abbé inconnu. Cependant, pressé par de nouvelles lettres, il finit par faire cette réponse : « Un vieillard accablé de maladies, devenu presque entièrement aveugle, a reçu la lettre du 28 avril, datée de Paris, et n'a point reçu celle de Gênes ; il est pénétré d'estime pour M. l'abbé de Laage; il le remercie de son souvenir, mais le triste état où il est, ne lui permet guères d'entrer dans des discussions littéraires. Tout ce qu'il peut dire, c'est qu'il a été infiniment content de ce qu'il a lu, et que c'est la seule traduction en prose, dans laquelle il ait trouvé de l'enthousiasme. » Le faux abbé de Laage fut extrêmement humilié que le grand poète eût pris ses vers pour de la prose et il écrivit, avec une amertume qu'il ne cherche point à dissimuler, à son ami Gaillard, son confident, que « l'homme, ou a dédaigné de deviner, ou ne se soucie pas de s'expliquer», et, passant à un sujet d'économie politique, il ajoute : « Je ne suis pas plus surpris de voir déraisonner ce grand poète en économie politique qu'en physique et en histoire naturelle; le raisonnement n'a jamais été son fort ». Et pourtant Voltaire n'avait pas tort. Qui pourrait scander les vers qui suivent et retrouver dans l'arrangement de syllabes prétendues longues et brèves la mélodie que Turgot croyait y avoir mise :

Enfin lorsque l'Aurore a de ses feux blanchi l'horizon, Lorsque du jour naissant les clartés ont chassé les ombres, Triste, abattue, elle accourt à sa sœur, la réveille et déposant Dans son sein la douleur qui l'accable, en adoucit l'amertume.

Si Turgot n'a pas eu de succès en vers français, il a eu du moins la fortune de composer un vers latin qui est dans toutes les mémoires; c'est le vers célèbre qu'il écrivit au-dessous du portrait de Franklin :

Eripuit cœlo fulmen, sceptrumque tyrannis.

Cependant le jeune abbé de Laulne ne devait pas rester longtemps à la Sorbonne ; la vocation lui manquait pour être prêtre. Ses amis avaient voulu le retenir, et lui disaient que le nom qu'il portait, et ses connaissances, lui feraient faire un chemin rapide dans l'Église. On l'assurait qu'il deviendrait très vite évêque et qu'il pourrait réaliser dans la direction d'un diocèse quelques-uns des beaux rêves d'administration qui remplissaient déjà son esprit.

« Mes chers amis, leur répondit-il, prenez pour vous le conseil que vous me donnez, puisque vous pouvez le suivre. Quant à moi, il m'est impossible de me dévouer à porter toute ma vie un masque sur mon visage. »

Son père, qui d'ailleurs était fort malade et devait mourir trois mois plus tard, le laissa libre d'agir à sa guise.

Il abandonna donc l'Eglise pour toujours et quitta la Sorbonne au mois de décembre 1750.

^rl

Page 1