‹ Type gaulois ou celtiqueChapitre 57 sur 113 · CHEFS · texte numérisé non relu

CHEFS

En

os.

vs.

consonnes.

total 133 47 65

A l'égard des terminaisons en o etii, on est souvent dans Tincerlitude, s*il ne manque pas de $ final , faute de place, de négligence ou de rognure. Remo, Sequano, en sont une preuve , car plus souvent ils sont avec leur * final.

tisme frappa la monnaie gauloise jusqu'à son agonie. Quelle puissance mit donc son doigt glacé sur la voix nationale ? Quelle religion Ta réduite à un silence si obstiné.

107. Pas de noms de la Gaule ni de peuples dominants ; différence entre les inscriptions de la Narbonnaise et de la Gaule ultérieure.

Nous avons cherché Torigine du mutisme monétaire, dans les règles et maximes druidiques , favorisées par rignorance et le manque de l'écriture nationale. Il en surgit des obstacles, des préventions , des règlements qu'on ne devait pas outrepasser , conformes à l'état politique et social de la Celtique. Unie par l'esprit national, par la religion et peut-être par la hiérarchie druidique, elle n'offrait qu'un assemblage d'éléments indépendants et discordants, qui s'alliaient et se querellaient sur tous les points. La partie méridionale formait un système à part. L'Aquitaine semble participer très-peu au mouvement général, c'est le centre et le nord qui s'agitent et se déchirent par des factions puissantes. Les communes, les cantons se choisissent spécialement des magistrats , et réclament isolément leur indépendance. Les suffrages des cantons organisent un gouvernement général du peuple formé en état ; les alliances unissent les peuples , qui acceptent l'hégémonie, la suprématie de plus puissants. Biturigs, Arvernes, Éduens, se succèdent. Cependant, quoiqu'à la tète des affaires , il$ ne devaient imposer ni à l'indépendance des peuples , ni à cdle de leurs propres cantons. Plus le peuple est puissant, plus son nom ne forme qu'un idéal, s'offusque et disparaît dans des démonstrations de second ordre , les démonstrations de premier ordre pouvant éclipser l'éclat des inférieurs. Les noms des Biturigs, des Arvernes, des Éduens, disparaissent et ne se manifestent point dans la foule des colonies où brillent avec leurs appellations, les populations de leurs cantons, les populations subalternes. Aussi la monnaie est un point , où, Durocassesy Avaricum, Aballo, Cabillonum, Segusium, figurent , représentant les Carnutes , le Biturigs , les Éduens , sans que leurs noms, enveloppés dans des mystères ineffables, puissent prétendre à s'y faire voir. Une pièce des Éduens (pi. VII, 9) offre une exception unique et insignifiante , dans les derniers instants de l'existence de la monnaie dénaturée (Sa i).

(521 ) On peut dire la même chose des autres peuples du premier ordre:

ÉPIGRAPBIQUE. iU

L'épigraphique monétaire fut d*abord apportée de la Grèce , où ron inscrivait les noms des villes, des peuples, ceux des rois el leurs épithètes. La Narbonnaîse fut la première à Tadmettre et à suivre son exemple* Elle n*avait pas de monarques, et son état social ne permettant pas non plus de nommer les chefs sur la monnaie, on peut douter qu*on ypuisse jamais trouver quelque pièce en caractère grec, inscrite simplement du nom de magistrat. Les villes y commencent les premières à inscrire le nom de leur peuple; un peu plus tard, plusieurs peuples y mirent le leur. Si les noms des magistrats y sont marqués ce n'est que par des initiales , jamais en entier, et cela n'a lieu que trèsrarement. Les inscriptions de certaines pièces du midi de la Gaule , dans un caractère moins grec , de Kesios , de Iflikovesi , de Ifitus, Filos, forment une anomalie qui occupera encore nos discussions.

Cependant le fait est que la monnaie du midi de la Celtique , de la Transalpine citérieure , de la Narbonnaise , se distingue du reste de la Gaule , d'une manière très-prononcée, parles inscriptions des noms collectifs des peuples ; contrairement aux inscriptions de la Transalpine ultérieure qui , ordinairement , donnent le nom partitif de la personne. Ainsi que dans les autres parties de la Gaule, Tépigraphique monétaire prit une autre impulsion.

L'exemple romain s'y mêla. Les espèces romaines portaient le nom de Rome, capitale , point central de la république et de son empire. L'unité de la Gaule ou de la Celtique , n'a rien d'analogue avec le Capitole ; elle ne peut être comparée qu'avec celle de l'Italie ou de la Grèce , qui n'inscrivaient guère leurs noms génériques ; elle n'avait point de capitale , or , ni le nom de Gallia , ni celui de Celtica , ne figurent sur la monnaie. De même les grands peuples , les grands états de la Gaule , ne pouvant se comparer, ni avec Rome, ni avec quelques villes de leur dépendance , observèrent religieusement leur mutisme, et leurs noms ne se manifestèrent jamais. La monnaie de l'État reste sans nom, anonyme, muette: ce n'est que le numéraire provincial , cantonnai , de petits peuples , de villes, qui nomme sa localité , selon la méthode grecque et italique , mais le nom de

on ne trouvera j/im a is sur ia monnaie le nom des BeUovaks,Cnrmites, Senonii : c'étaient de grands peuples , ils ne s'humilièrent jamais à inscrire leprs noms sur la monnaie, U religion le défendait.

cette localité dans la Transalpine ultérieure, n'est que Vappellation d'une personne , ou du local personnifié.

Les Gaulois voyant circuler la monnaie consulaire chez eux , remarquèrent sur son coin que le nom de Rome n'était pas une condition essentielle de ces espèces. Ils y voyaient les noms des familles, des particuliers, et leur coin spécial. Or, les magistrats, les hauts dignitaires, les usurpateurs, les rois, les puissants, les aristocrates, possesseurs de grands domaines, inscrivaient comme ceux de Rome, leurs noms , leurs honneurs , sans pensera l'État ni même à la localité. Cependant , comme il arrivait que les espèces consulaires , en inscrivant les noms des familles , ne négligeaient pas l'insertion de Roma ; de même plusieurs chefs gaulois portèrent leur attention sur la localité. Sur soixante ou septante différents chefs, on peut en compter seize à vingt qui ajoutèrent à leur nom la dénomination de la ville ou du peuple. Mais dans ces exemples mêmes , aussi peu nombreux, on peut remarquer que l'appellation de la localité n'y est pas pour le chef le fruit de l'attention directe à l'État , mais seulement à sa propre personne, pour désigner son origine, sa patrie, sa génération, sa naissance , sa propre souche. Bans le reste tout va séparément : les appellations des chefs et des localités se divisent la monnaie^ gauloise , par proportions très-inégales.

108. Tous les noms dans la Gaule ultérieure sont au singulier.

Le peu de noms des peuples , mérite encore quelques réflexions. Quand nous lisons sur la monnaie, Turonos^ Remos, Saatonos , Soocuanos , nous devons nécessairement conclure que les Gaulois , par ces nominatifis du singulier nommaient ordinairement les villes et les peuples au singulier, comme s'ils désignaicDt un homme, une personne.

On pourrait dire que c'était la personnification de la cité, si une autre raison ne se cachait sous cette forme. Ce n est pas le nom du lieu, mais c'est l'épilhète du chef, c'est le chef lui-même. AUsius, Remus , Arivus Santonus , Gantorix Turonus, Donnus Durnacus Adîetuanus Sotiota, Indutilil Germanus , dénotent : gouverneur rémois d'origine , Sociat , germain d'origine , de naissance. Par conséquent, la monnaie inscrite simplement: Santonus, Remus, fait sous entendre , chef non nommé , frappant la monnaie.

Comme le nominatif fut admis dans la forme latine , il est

ÉPIGRAPHIQUE. tel

probable qae le génitif grec figure aussi avec la terminaison grecque ou latine. AVLIRGV , kùXipKou , semble donner un exemple d'une désinence grecque , du génitif du singulier , comme (ptXi^nrou : la monnaie d*Aulirk , éburovicien. £n effet ,

le mode de nommer les villes, et les peuples ou États, est au singulier.

11 est très-rare de rencontrer quelque aberration , qui ferait croire que la monnaie est au pluriel , comme Eduis , EUocmi y ce qui demande des explications spéciales.

La forme (H'dinaire du nom des Éduens, au pluriel est Aeduiy AtJ6uof,'E^ouo/, kiSoiHTioi. Cependant Ausone (522) les appelle ^edues; or, c'est la forme monétaire Eduis» Il n'y a rien d'extraordinaire , si l'appellation des Éduens avait la double forme, comme tant d'autres en géographie. Par exemple, Atrebati, Atrebates ; Aedui, Aedues ; au singulier, Aeduus, Aeduis. Donc, Edui^e^i le nominatif singulier, comme toutes les dénominations monétaires.

Quant aux Eliocati, Ëliocasi , leur appellation au pluriel est Veliocasses ou Yeliocassi ; au singulier, Veliocassis, Veliocassus. Or , le génitif de ce dernier est Yeliocassi, forme monétaire , Ëliocasi, ce qui est conforme avec AùXtpKOVy 'EfiupouiKou : seulement dans Ëliocasi , c'est la terminaison latine , dans les autres c'est la grecque; ce génitif du singulier est évidemment en usage vers l'embouchure de la Seine : Ëliocasi est donc au singulier , et il n'est pas possible de trouver dans les monnaies de la Gaule centrale, et septentrionale , l'appellation d'une ville , d'un État, dans la forme d'un peuple, au pluriel , comme il était d'usage chez les Grecs, et à leur exemple , aux environs de Massilia , Maa-fTaXiifTai , KatviKifrcci , BkfTappaTSç, "^a/xcca-aTSç.

Au sujet de Ëliocasi, il se présente encore une difficulté : la pièce offre dans ses légendes 9 OssuimiSy Ëliocasi, or, c'est un non-sens, un nominatif avec le génitif. On cite une pièce inscrite, DVRNOCOV , DVBNOREX (523) ; or , c'est un autre exemple de la même discordance grammaticale, sous la forme grecque àupvoKou, Dubno rex. Cette apparente difficulté disparait quand on a égard à ce personnalisme qui caractérise toute la monnaie. Le lieu y est changé en patronymique du chef. Dubno est

(523) Auson., parental., IV, 5.

(523) Akerman, iiumism. chroniclc, toI. II, p 76, n" 43.

fils de Durnok, Suticua, fils d*£liocas. Quand nous lisons Aballo, Avarico, Lixovio, il faut convenir que les localités elles-mêmes, les noms des villes , des bourgs , furent quelquefois inscrits à Tablatif du singulier, pour désigner que la monnaie fut frappée dans telle et telle ville. Lixovio est le garant de cette explication.

Mais quand nous trouvons Santono , ou un nom de quelque autre peuple terminé en o ^ il faut présumer une omission oa la disparition du dernier s.

Cependant, on a sur une pièce, Eburone : il n'y a pas de viiie ni de capitale, appelée Eburo , c'est donc le pays qui est nommé Eburo, Eburonia (5^4) : la monnaie fabriquée à Il)uro, in Eburone. En ce cas , on dirait que Lixovio est Tappellation de Lexovia, pays des Lexoviens ; comme Murino, de Moriuia , pays des Moriniens (525}. Cependant, il est bon de remarquer qu'Eburone pourrait signifier une monnaie fabriquée par un Éburon , faeta ab Eburone.

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