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Avant-Propos.
Qui ne connait le bon che^^alier don Quichotte? et qui na peine à croire quHl na jamais existé en chair et en os ? Cest que les grands écrivains sont des créateurs : ils donnent un corps et une âme à nos instincts, à nos passions, à nos réçes. Et bientôt les héros qu'ils ont animés se détachent de Vœuçre qui les contenait pour « entrer dans la ne idéale et universelle que crée V imagination et des>enir ces types généraux que connaissent ceux^mémes qui ne lisent pas ïi,
Panurge, Gil Blas, Gavroche, Harpagon, Monsieur Jourdain, Figaro..., ils ont tous une physionomie bien distincte. Rappeler leurs traits essentiels, le costume qu'ils ont portée le temps ou ils ont vécu et Vécrivain qui les créa : tel est le but que nous nous sommes proposé et il nous a été facile d'y atteindre, car tout a été dit depuis
II A\fa nt'propos .
longtemps sur ces personnages d'œuçres uniçersellement connues; nous rHaçans euquà prendre notre bien oh nous le trouvions. Le seul mérite auquel il nous était permis de prétendre^ c^ était de conserver un intérêt de lecture à de simples exposés qui, nécessairement , devaient être courts. Nous croyons y être parvenu.
Don Quichotte et Sancho Pança.
Don Quichotte et Sancho Pança sont les deux héros d'un livre qui est le chef-d'œuvre de la littérature espagnole : V Histoire de V ingénieux hidalgo don Quichotte ' de la Manche^ par Cervantes.
Pour bien comprendre ce livre, il faut savoir qu'il parut à un moment (1605) où les romans de chevalerie étaientdans toutes les mains. Le public avait fini par croire qu'au temps de l'anarchie féodale avait existé une institution, la chevalerie errante, dont les membres allaient courir le monde, en quête d'opprimés à défendre, de torts à redresser. Certains chevaliers, comme Godefroy de Bouillon, eurent réellement toute la noblesse de cœur qu'on attribuait aux chevaliers errants et les romans de chevalerie auraient pu, s'ils avaient tenu compte de la réalité, ne pas être sans mérites; mais les écrivains