‹ TypographieChapitre 40 sur 46 · LE TITRE. - LE FAUX TITRE · texte numérisé non relu

LE TITRE. - LE FAUX TITRE

Le frontispice d’un livre , ou le litre proprement dit, en est la plus importante page; il expose l’objet traité par l’auteur, indique les développements donnés à son sujet, et parfois aussi le but qu’il s'est proposé ; mais nous n’avons à nous occuper ici que de sa reproduction et de sa disposition typographique.

Sous ce rapport, nous serions tenté de dire que le titre est au livre ce que le visage est à l’individu; de même que c’est le visage qui attire tout d’abord nos regards, de môme c’est sur le titre du livre que notre attention s’arrête tout naturellement : si le fond a le mérite de nous intéresser, la forme peut n’être pas sans un certain charme pour les yeux. C’est ici surtout que le compositeur

LE TITRE

trouve l'occasion de faire preuve de goût et doit s’attacher particulièrement à donner à cette page la meilleure physionomie, la disposition à la fois la plus logique et la plus élégante, eu égard, bien entendu, au texte dont il dispose. La difficulté pour lui sera d’autant plus grande que ce titre sera plus chargé de détails surabondants. Bien que la forme doive le céder au fond, qu’il nous soit permis de dire, en passant, que tout auteur à qui l’élégance typographique n’est pas absolument indifférente devra se montrer sobre de détails dans l’exposé de son titre, et en élaguer tout ce qui n’est pas indispensable; quand elle ne nuira pas à la clarté, la brièveté sera toujours préférable.

Les titres se présentent sous une telle variété de forme, que nous nous bornerons à indiquer ici les règles générales. Le premier soin est d'observer une judicieuse ordonnance des césures.

La partie supérieure de la page comprend le développement du titre, le nom de l’auteur suivi de ses qualités, s’il y a lieu, et parfois la tomaison. A la partie inférieure se placent le nom et l’adresse de l’éditeur ou du libraire, précédés de la ville où le livre est imprimé , et suivi du millésime , composé de préférence en chiffres romains.

Ces deux parties sont séparées par un blanc qui, selon son étendue, permet d’y placer soit un fleu-

LE TITRE

ron ayant rapport avec la matière traitée, soit le chiffre du libraire, soit un filet orné.

Et d'abord , la force des caractères employés doit être proportionnée au format.

A l’exception de l’épigraphe, toutes les lignes d'un titre se placent au milieu de la justification 1 ; aucune d’elles ne doit offrir la même longueur; l’importance des idées qu’elles représentent indique au compositeur la valeur matérielle qu'il doit donner à chacune d’elles; il faut les disposer et les couper autant que possible de manière à offrir un sens complet, et que chacune soit composée en caractères de force différente.

On ne doit pas reproduire deux lignes de même caractère, surtout si ces lignes se suivent, excepté s’il se présente un sommaire.

Le titre qui offre le meilleur effet est celui où la ligne dominante arrive la troisième, et remplit à peu près la justification ; toutes les autres doivent être subordonnées à celle-là ; rien n’est d’un plus fâcheux effet qu'un titre commençant par une ligne pleine offrant les plus gros caractères de la page.

Le blanc à observer entre les lignes est subor-

1. On a pris depuis quelques années la licence de supprimer toutes les ponctuations qui se rencontrent à la fin des lignes, parce qu’elles ont l’inconvénient de rejeter sur la gauche les lignes de gros caractères.

LE TITRE

donné au nombre de lignes que renferme le titre, et la manière dont les blancs sont dispensés peut ajouter au bon effet que l’on cherche à obtenir.

Si un titre présente divers groupes de mots formant une série d'idées ou de choses, ces groupes doivent être séparés par un blanc un peu plus fort.

Autant que possible, il faut qu’un titre soit composé en caractères de la même famille, c’est-à-dire de même forme ; ce précepte est à observer surtout dans les ouvrages d’un genre sérieux. Rien n’est plus désagréable à l’œil que la superposition de deux lignes dont l'une offre un caractère serré, allongé ou maigre, et l’autre un caractère gras aux larges formes.

Si le titre est peu chargé, on use de la liberté ' qu’on a de multiplier les coupures, et de mettre en ligne perdue les mots qui en distinguent les différentes périodes, tels que précédé, suivi, accompagné, orné, illustré, etc.

Les caractères de bas de casse et d’italique ne doivent figurer dans un titre que dans des cas exceptionnels, et lorsqu’il est presque impossible de faire différemment.

Enfin, pour nous résumer, il faut que la combinaison des lignes d’un titre, leur disposition agréable,, l’heureux choix des caractères, offrent

Page 1