‹ Tyr et SidonChapitre 107 sur 166 · A.CTE SECOND · texte numérisé non relu

A.CTE SECOND

D) A tiré loin de nous, las ! qui pourroit sçavoir Le temps de son retour ! Je meurs de le revoir.

Eurydice.

O la belle desfaite ! ô que vous estes fine ! Ne le nirez vous pas si je vous le devine ? Madame c'est l'amour et non pas l'amitié,

o C'est ce petit garçon qui blessoit sans pitié Les Dieux et les mortels attirés par vos charmes, Qui retourne vers vous la pointe de ses armes : N'ay-je pas bien attaint ? quelque beau Cavalier A fleschi vostre cœur à tous autres si fier.

) Que ne respondez-vous ? le silence l'advoiie Et le beau vermillon qui monte à vostre joue, Et ces deux clairs surgeons perle à perle poussés Tesmoins d'un cœur serré, le confessent assez : » Et bien celuy peut tout qui peut prendre courage,

o J'ay de l'affection, de l'esprit, et de l'aage » Pour ayder vos désirs, souvent en un tel fait » Le bon avis des vieux donne aux jeunes l'efïect. Mais si ne faut-il pas qu'une fille bien née Soit par ses appétits sans bride gouvernée,

i II faut cognoistre avant celuy qu'on veut aymer, Et non à tous objects brusquement s'enflammer. Il n'est dessous le ciel un Prince tant insigne Fust-il un demy-dieu dont vous ne soyez digne :

905 C'estoit tout mon support. Las ! ne puis-je sçavoir — 908 si le vray je devine ?

914 A fait ce qu'avant luy n'avoient fait un millier — 915-8 supprimés. — 919 celuy qui peut tout 1608 — 920 Pour vous donner secours j'ay le sçavoir et l'aage ;

921 Servez-vous donc de moy : — 925-8

Il faut bien recognoistre avant de bien aymer,

Et sçavoir de quel bois on se doit enflammer

Je ne cognois point d'homme assez grand, assez brave,

Qui ne tienne à faveur de vivre vostre esclave.

N'abaissez donc le chef où vous avez le pié.

Cassandre.

950 Las ! ma chère nourrice ayez de moy pitié.

Eurydice.

Il faut qu'un noble rang vos volontés commande.

Cassandre. J'ay fait élection si céleste et si grande Qu'au lieu de m'accuser d'un courage trop bas Me jugerez plutost ne la mériter pas.

93) Je ne vous tairay point après la foy promise Le nom de ce parfait meurtrier de ma franchise.

Eurydice.

Par les traicts petillans que le Saturnien Lance d'un bras ireux sur le rond terrien, Par le chien triple-chef qui garde les grands portes

940 De l'Orque rigoureux, par les rages plus fortes Du chasteau Tartaré qui de fer est enceint. Et si dans l'univers il est rien de plus craint, Je jure mon enfant que ma langue fidèle Tiendra comme non sceu ce qu'il faut qu'elle celé,

945 Voire et pour vous placer au désiré bonheur Je voudroy négliger et la vie et l'honneur.

929 N'abaisser point la teste

931 un rang d'honneur sur vos désirs — 932 eslection d'une valeur si grande — 935 m'accorder J — 934 Vous jugerez plutost que je ne la vaux pas. — 93 5-6

Que si par un serment vous me rendez hardie, Je vous descouvriray toute ma maladie, — 937-41 Par les traits enflammez que le ciel se fendant Fait fondre sur la terre en sifflant et grondant, Par le rivage noir^ par le chien à trois testes. Par les rages d'enfer à nuire toujours prestes, Par le fer et le feu dont le Tartare est ceint, 943 jure de tenir ma langue si fidelle — 944 Qu'on n'exigera point une trahison d'elle — 945 Et que, pour — 946 Je veux mettre à mespris et

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