ACTE SECOND
TiRIBAZE.
J'en seray respondant.
Phulter.
[70 Infortuné Belcar !
TiRIBAZE.
Rien n'ira retardant Son suplice arresté, qu'un jour de patience.
Phulter.
» Un roy ne doit avoir si légère créance, » Son glaive plus souvent pour estre trop hastif » Traine un vain repentir, que pour estre tardif, 175 Vous pouvez bien tousjours luy retrancher sa trame. Non pas la renouer quand il sera sansame.
TiRIBAZE.
Or sus despeschez vous, Moribant, après moy, Je veux que tout mon camp se range dessoubs toy. Qu'on ouvre mes thresors, que la monstre soit faite,
180 Que dans quatre Soleils notre attirail s'apreste. Que de bouillons ireux, que d'ennuis à la fois Assiègent à l'entour mon estomach panthois ! Voila mes sens troublés, mes forces égarées. Et mon sang tout recuit dans mes veines souffrees,
18) Mon chef s'apesantit, et des-ja sur mes yeux
Le sommeil tient d'espraindre un pavot oublieux, Je me retire seul. Le souci qui me grève Pourra par le dormir prendre un petit de trêve.
[II, 7.] Chœur des soldats- Tyriens.
» Tout ce qui prend naisssance 90 » De l'élément espois
» Naist avec asseurance
» (Quelque tard qu'il avance) . » De mourir une fois.
» La filandiere Parque 1195 » Dans le coulant esquif
» Egalement embarque » Le serf et le Monarque, » L'heureux et le chetif.
Il n'est lieu de franchise 1200 Ni sort contrariant
Que sa main ne reduize, Venant l'heure precize, Aussi tost à néant.
Soit que l'homme s'en cache, 120) Soit qu'il se montre prest,
La dommageable hache A son gré nous arrache Aussi tost qu'il luy plaist.
Par mille et mille voyes 1210 Elle œuvre puissamment.
Les demeures plus coyes, Voire les douces joyes Luy servent d'instrument.
Elle met en déroute 1215 Nostre plus grand support,
Nostre espérance toute.
Lors que moins on redoute, Périt de son effort.
Ce prince de courage 1220 Par le destin promis
Pour gloire de nostre aage.