ACTE aUATRIESME I
Au plus beau de ses jours, et telle prévoyance Romproit de ses plaisirs la douce jouissance : » Mais l'homme vertueux se resoult aisément, 2535 » Et met à nonchaloir ses maux, non seulement » Et passés et futurs ains sagement exente » Tant que faire se peut la tristesse présente, » Présumant que jamais, quoy qu'il puisse patir, » L'infortune ennemy' ne le peut engloutir.
[IV, 2.] Meliane, les Gardes de la prison.
Meliane.
2340 Qu'il me tarde Phœbus que Tondeuse marée Enveloppe en son bain ta perruque dorée, Et qu'un large crespon sous l'Olympe tendu M'amène en fin le temps du voyage attendu ! Quel prodige nouveau, quel pénible passage
234$ Apesantit le train de ton clair atelage ?
Avance beau chartier, si jamais ton brandon Renforça ses ardeurs du feu de Cupidon, Pense combien me grève une longue demeure : Le plus petit clin d'œil me dure autant qu'une heure,
2330 Chaque heure comme un mois, et ce jour m'est égal
2332 Nos plus beaux jours, troublez de ceste cognoissance, — 2333 Romproient de nos — 2334-6
Mais ceux que la sagesse a rendu forts et durs, Selon leurs maux passez mesprisent les futurs. Et mesme (qui plus est) leur sentiment s'exente — 2537 peut, de la douleur présente — 2338-9
Et trouvent en effect que l'amer et le doux De tous nos accidens despend quasi de nous. [S. /., IV, I.] 2340 tarde, ô Titan ! que ton œil nous esclaire 2341-3 Du plus juste milieu ds ta traitte ordinaire, Et qu'au bas du quadran l'ombrage descendu M'ameine enfin le temps du voyage attendu ! — 2345 viste attelage — 2346 beau soleil ~ 2348 m'attriste — 23 )0 ce tour J
Aux douze logements de ton tour gênerai. Le larron furetant en la chambre sappee
Frémit et perd le cœur de la seule jappee
Du mastin vigilant, il s'allarme à tout bruit 2^5) Et ne trouve assez brun le plus noir de la nuit,
Tant qu'après son exploit, loin-loin de ceste place
Il partage les lots et reprend son audace :
Ainsi je sens mon chef hérissé de frisson,
Les moindres mouvements me tournent à soupçon, 2?6o Rien ne me semble seur, une terreur Panique
Esbranle mon dessein d'un augure tragique. Combien ma conscience a rendu de combats
Premier qu'Amour luitant la peust verser à bas !
Combien à tout moment les remords qui me naissent 2365 Me tranchent tout repos et en doute me laissent !
Que je voy de périls ! combien d'empeschements
Traversent le chemin de mes contentements !
Un sinistre Démon tient mon désir en transe,
Eurydice tardante use ma patience, 2370 J'ay voulu voir Cassandre et ne la trouvant point
Je resve au soin jaloux qui de longtemps la poind.
(O célestes esprits destournez ce présage !)
J'ay veu tout maintenant s'esloigner du rivage
2352 Le larron qui furrette en la maison — 2353-4
Dès qu'un abboy de chien son oreille a frappée,
Frémit et perd le cœur, il s'allarme (s'allume J) à tout bruit
— 2356 ...son coup fait il reprend son audace — 2357 Partageant son butin transporté de sa place. — 2358 mon corps
2361 Menace mon complot d'un présage — 2362-3 supprimes. — 2364-9 Plus mon partement tarde, et tant plus j'apperçoy De peine et de périls qu'ils tourne quant et soy. Thamys se peut desdire, et la fausse Almodice Peut avoir fait dessein tout à mon préjudice.
— 2570 Cassandre ; on ne la trouve point.
2371-5 Je scay qu'un mesme amour elle et moy nous espoint. Qui sçait si la nourrice auroit donné le change ! O dieux ! destournez-moy de ce penser estrange !