‹ Tyrol TrenteChapitre 11 sur 16 · STATISTIQUE · texte numérisé non relu

STATISTIQUE

im produit net de 2,3S8,oOI marcs d’arf^eiit; depuis , le produit a toujours été eu décroissant ; aujourd’hui rexpluitation ne paie plus les frais. Les puits de la mine de Kitzpiilh étaient les plus profonds qu’il y eût en Euro|)e; ils descendaient jusqu’à l’énorme profondeur de 300 toises, lorsque >l\l. Jars et Duhamel la visitèrent vers la lin du dernier siècle; ilcpuis, cotte mine a été ahandonnée en partie. Les salines de Hall, àdeux lieues d'Inspruck , produisent à elles seules plus que toutes les mines de métaux réunies. Ces mines do sel gemme sont exploitées par le lavage;

1 iSO chambres sont creusé-cs dans le roc salé , et contiennent plus de fXK),0'IO pieds cubes d'eau. Quand l'eau dont ona rempli ces chambres est suffisamment saturée de sel, on la fait descendre de la montagne élevée de 83ff toises jusque dans Hall , au moven de conduits en bois ; dix chaudières de 30 pieds de diamètre chacune , et contenant 1 ,400 pieds cubes d'eau, la reçoivent et produisent chacune par l’évaporation 140 à 150 quintaux de sel, aiint'e courante. Ces chaudières sont chauffées à la houille; on salure par an dans ces salines 2,000,000 de pieds cubes d'eau, rendant 12 livres de sel |>ar pied , et formant un total de 400,000 quintaux de sel qui se vendent 2 florins 33 kreulzers le quintal. Le produit netdes salines de Hall, frais déduits, s élève à 130, (XX) florins, au moins 1 ,800,CK)0 francs.

L'exploitation de ces salines date du douzième siècle ; on raconlequ'un chevalier autrichien appelé Sourbach , ayant trouvé quelques pierres salées aux environs d’Oberberg, les apporta à la cour de son maître, qui fil faire les premières fouilles dans les flancs du montSalsIverg, au pied duquel Hall est bâtie ; depuis, dix galeries, dont quelques-unes ont un développenienl de prés de 3,fX)0 mètres , ont été creusées jusqu'au centre de celle montagne de sel. .Mais revenons à Inspruck.

Ca'lte ville n’est , à proprement porler , ni commerçante , ni industrielle, ni savante; de plus, elle n’est pas fortifiée. Et cependant son im|>orlance est grande; l’.\ulriche a su l’apprécier. Comme au temps de Maximilien , Inspruck est, pour elle, un arsenal et un dépôt avancé. Elle s'en sert, à sa manière, comme d’une place de transit, mais de transit militaire : la position frontière du pays dont celte ville est la capitale lui permet d'y rassembler les troupes, qu'elle peut, en quelques marches , porter en Italie , dans la Suisse ou dans la Bavière ; en Italie , j>ar le Brenner cl Trente ; dans la Suisse , par les deux roules

D'INSPRl'CK.

■le ('oii'e et de Pludenz ; dans la Bavière , par le |ms de Schariiitz et de lleitti.

L’Autriche vient d'ajouter à cette importance en ouvrant la route audacieuse de rOrtelcr-Spitz, sur le col du mont Stelvio. CirAce aux nombreux |>aravalanclies dont on l’a (rariiie, cette route, la plus directe ■l'Inspruck il Milan, offre, hiver comme été , un passage aux chevaux et à l’artillerie à travers des défilés élevés de 2,8f A mètres au-dessus du niveau des mers (58(> mètres du plus que le grand Saint-Bernard), et débouchant («r la Valtcline sur les rives du lac de Cajme, elle permet aux armées autrichiennes de franchir à leur origine les rivières les plus considérables de la I^ombardic , et de prendre à revers les lig'iies de l’Adda, du Mincio et de l'Adige, lignes fameuses et si souvent dis|iutées I

A l'importance offensive do ce (loint, se joint encore son ini|)ortanee défensive. C’est là , dans le Tyrol , qu’une armée étrangère trouve la seule population autrichienne qui veuille on qui sache se défendre ; et la défense , dans ce pays, c'est l'insurrection. Aussi Inspruck est-elle la ville insurectiounclle jwr excellence. Car , il faut le redire à son honneur, ce brave peuple a toujours su, aujourd’hui comme il y a un siècle, comme il y a deux mille ans, disputer à l'invasion ses précipices et scs rochers; et si , comme nous l’avons dit tout-à-l’heure, rel>elle aux levées régulières dont il s’est long-temps affranchi , il n’a jamais pu se plier au joug de la discipline militaire, du moins il a prouvé dans vingt rencontres, que ce n’étail [las par défaut de courage et de résolution. Quand l’instant est venu de combattre pour leur terre natale, ces hommes, mauvais soldats [)cut-étre au dehors, renfermés dans leurs montagnes comme dans une forteresse, se sont montrés dignes de leurs ancêtres, et , comme eux, marchant à l’ennemi avec des cœurs dévoués , ont su mourir libres pour la défense de leur pays.

Ces montagnards héroïques, l'.Autrichc les connaissait bieni elle qui, à un signal convenu, les souleva comme un seul homme; et qui, sortant un moment de ses habitudes routinières et timides, et se pliant à leur caractère indé|ienduut et à leurs superstitieuses faiblesses, leur donna un paysan pour chef et le froc d’un capucin (tour dra()eau! L’Autriche les counait bien encore; et si, fidèle à ses promesses, naguère elle a récom-

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