SCÈNE PREMIÈRE
Le palais du roi.
VENCESLAS, LA REINE ROSEMONDE, BOLESLAS, LADISLAS et BOUGRELAS.
Le Roi
Monsieur Bougrelas, vous avez été ce matin fort impertinent avec Monsieur Ubu, chevalier de mes ordres et comte de Sandomir. C’est pourquoi je vous défends de paraître à ma revue.
La Reine
Cependant, Venceslas, vous n’auriez pas trop de toute votre famille pour vous défendre.
UBU ROI
Le Roi
Madame, je ne reviens jamais sur ce que j’ai dit. Vous me fatiguez avec vos sornettes.
Le jeune ëocgrelas
Je me soumets, monsieur mon père.
La Reine
Enfin, sire, êtes-vous toujours décidé à aller à cette revue ?
Le Roi
Pourquoi non, madame ?
La Reine
Mais, encore une fois, ne l’ai-je pas vu en songe vous frappant de sa masse d’armes et vous jetant dans la Vistule, et un aigle comme celui qui figure dans les armes de Pologne lui plaçant la couronne sur la tête ?
Le Roi
A qui ?
La Reine
Au Père Ubu.
U B U ROI
Le Roi
Quelle folie. Monsieur de Ubu est un fort bon gentilhomme, qui se ferait tirer à quatre chevaux pour mon service.
La Reine et Bougrelas
Quelle erreur.
Le Roi
Taisez-vous, jeune sagouin. Et vous, madame, pour vous prouver combien je crains peu Monsieur Ubu, je vais aller à la revue comme je suis, sans arme et sans épée.
La Reine
Fatale imprudence, je ne vous reverrai pas vivant.
Le Roi
Venez, Ladislas, venez, Boleslas.
(Ils sortent. La Reine et Bougrelas vont à la fenêtre.')
La Reine et Bougrelas
Que Dieu et le grand saint Nicolas vous gardent.
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UBU ROI
La Reine
Bougrelas, venez dans la chapelle avec moi prier pour votre père et vos frères.