‹ ude sur les mammifs du Congo fransChapitre 69 sur 153 · Felis caligata. (Temm · texte numérisé non relu

Felis caligata. (Temm

Lynx botté. Bruce. Voyage, vol. V, p. 173, pi. XXX.

Felifi caligata. Temminck. Monograpli. de Mamm., t. I, p. 123,1827.

— — Smuts. Enumer. Mamm. capens., p. 30, 1832.

— — Peters. Ueise n. Mossambiqiie, p. 127, 1852.

— cafra. Elliot. Monogr. of Felid;i", pi. XXXI, 1883.

— caligata. 0. Thomas. Proc. Zool. Soc. London, p. G, 1888.

a. Ç jeune. M. J. Dybowski, 6 mai 1892. i Poste de la Mission sur la ri-

b. (j' — — 9 mai 1892. i vière Kemo.

La livrée de ces deux jeunes spécimens (1) participe des caractères que Temminck attribue, d'une part au F. maniculaia, de l'autre au F. caligata :

« L'occiput, la nuque, le dos, la face exlerne des membres et la queue sont d'un cendré jaunâtre nuancé de fauve et de noir, chaque poil étant annelé de ces dilférenles teintes. C'est par la réunion des poils à pointes noires que sont produites sur l'occiput et la nuque sept ou huit fines bandes noires arquées; la même cause fait que la ligne moyenne du dos et le dessus de la queue ont une teinte sombre, tandis que les flancs et la face externe des quatre extrémités, et le dessous de la queue ont une teinte pâle d'un jaunâtre cendré. Deux anneaux noirs sont placés vers la pointe extrême et noire de cette queue. Les moustaches labiales et superciliaires sont blanches, mais les plus courtes ont une teinte brune. Le museau, le devant du cou, la poitrine et les autres parties inférieures sont d'un blanc pur, mais la poitrine est

(1) Ces deux sujets de même taille et 1res probablement jumeaux mesurent 36 centimètres pour la tête et le coi-ps, et 19 pour la queue.

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faiblement nuancée de fauve. Au-dessus des yeux une laclie blanche, séparée par une ligne moyenne fauve. Une bande étroite couleur d'ocre va de l'angle postérieur des yeux s'aboutir au-dessous des oreilles. La plante des pieds et la partie postérieure du métacarpe et du métatarse oui une leinle uoire lustrée. La face externe des pieds de devant porte quatre ou cinq petites bandes transversales d'un brun noirâtre et la face interne deux grandes taches noires. Cinq ou six petites bandes d'une teinte noirâtre sont disposées en anneaux sur les cuisses. »

Ces détails, empruntés textuellement de la description du F. manicidafa donnée par Temminck, s'appliquent rigoureusement cl nos deux individus, mais je dois y ajouter quelques particularités qui augmentent encore leur ressemblance avec le Chat ganté.

Une seconde ligne couleur d'ocre, parallèle à celle qui part de l'angle postérieur de l'œil, naît du milieu de la joue et vient se perdre comme la première au-dessous de l'oreille. Deux autres bandes similaires étroites, également de couleur ocre pâle, traversent la base inférieure du cou. Ces caractères correspondent exactement à la description et à la figure du F. mankulata type données par Creizschmar, « collo aniico albo^ lineis ochraceis duobusc'mcto » (1). Les deux spécimens qui nous occupent, ont les flancs zébrés transversalement de 8 bandes brunes assez accusées. Ces ornements, comme on le sait, s'observent principalement chez les jeunes, ils persistent parfois jusqu'à la maturité, surtout chez les femelles, mais le plus souvent disparaissent avec les progrès de l'âge.

Comme je l'ai dit, ces deux jeunes Chats se rapprochent par d'autres caractères du F. caligata (Tem.). On retrouve en effet au-dessus des yeux les « taches cendrées et rousses » signalées par Temminck, et, détail plus important, les oreilles, blanches en dedans, sont en dehors d'un roux vif

(1) Creizschmar, Af/ns de lîiippell. Mammifères, p. i, pi. I, 1826.

et terminées par un petit pinceau de poils brunâtres. Cretzsclimar et Temminck nous apprennent au contraire que chez le Chat'ganlé, F. manicidata, les oreilles sont grises en dehors et ne portent pas de pinceau terminal. « Die Ohren sind auswending (j)'au^ ïnivendig iveiss iind ohne Buschel. » Temminck fait également inlervenir la taille comme caractère dilTérenliel entre le Chat gaulé et le Chat botté, celui-ci serait pUis grand, celui-là plus pelit que le Chat sauvage. N'ayant à ma disposition que deux spécimens très jeunes, ce terme de comparaison m'a manqué, et en adoplant le nom spécifique créé par Temminck, j'ai eu surtout égard au mode de coloration des oreilles auquel le savant hollandais attribue une grande importance, et qu'il regarde comme un caractère exclusif du i^. caligata (1). On ne peut méconnaître cependant les nombreux trails communs que présentent les livrées du F. califiata et F. maniculata^ et de l'avis d'un grand nombre de zoologistes, les quelques différences que je viens de signaler n'ont pas la valeur que leur avait accordée Temminck. Quelques auteurs vont même plus loin, et ne considèrent les formes manicidata et caligata que comme deux des nombreuses variétés d'un seul et même type spécifique primordial. Ce type, Felis cafra (Desm.) (2), suivant la loi de priorité pour le nom spécifique, se serait répandu à travers toute l'Afrique depuis l'Algérie jusqu'au Cap. Au cours de cette dispersion, dont il est difficile de préciser le centre, la taille et la coloration du pelage de ce Félin auraient subi des modifications variées, en raison même de la diversité que présentent les nombreuses régions du continent africain sous le rapport du régime climatérique, delà nature et de la configuration du sol; mais ses proportions seraient restées immuables, et quelques bandes et taches de la livrée, tantôt les unes, tantôt les autres, auraient conservé assez de fixité

(1) C'est aussi ropinion de Smuts qui écrivait, au sujet de la couleur rousse des oreilles ; « Ha3C videtur omniao esse constans ac characteristica nota ».

(2) Desmarest. Mammalogie (Suppl.). Espèce Soi, p. o40, 1822.

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pour permettre de reconnaître dans chaque variété, tel ou tel trait caractéristique du type unique et primordial dont elles dériveraient toutes. Des races locales se seraient ainsi constituées, marquées de caractères spéciaux présentant une certaine constance. Toutefois, le fait étant admis de la descendance d'un type souche, on pouvait prévoir certaines formes de transition et s'atlendre à trouver, sur un même individu, un mélange de caractères spéciaux à sa race et de particularités propres aux variétés circonvoisines. Tel est le cas pour les deux spécimens de la région de l'Oubangui ; et ainsi s'expliquent l'extrême ressemblance et les nombreux caractères communs enire le F. manici/Iataci le F. caiigata, dont les aires d'habitat coïncident sur une assez grande étendue. Suivant Temminck et Smuts, le Felis caHgataesi extrêmement abondant au Cap, et remonte le long de la côte orientale d'Afrique jusqu'en Egypte. Peters signale en effet ce Félin sur les bords du Zambèze à Tette, et plus au Nord, nous le retrouvons en Abyssinie, lieu de provenance du type de l'espèce, le Lynx botté de Bruce. Les spécimens recueillis l)ar Emin-Pachadansledistict de Monbuttu, et par M. J. Dybowski dans la région de l'Oubangui, mettent aussi en évidence la migration du Fe/is caligcUa vers les régions occidentales de l'Afrique équatoriale.

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