Cf — — 1" mars 1892. \ Poste de la mission sur la
c 9 — — — 1 rivière Kemo
d. Ç très jeune, — 11 mars 1892. /
'1) 0. Thomas, Proc. Zool. Soc. London, p. 8, pi. I, 1888
Parleur pelage, la brièveté de leurs oreilles, la longueur et la puissance de leurs griffes presque droites, ces quatre spécimens présentent nettement tous les caractères propres au genre Xerus ou Ecureuil fosmyeur. Les poils qui recouvrent le corps et les membres, très courts et clairsemés surtout à la face inférieure où ils laissent voir la peau, sont rigides, creusés sur leurs deux faces d'un sillon peu profond, et ont la forme d'un fuseau aplati. Sur leur face externe, les poils qui garnissent le dessus du corps (tête, dos et flancs), sont jaune brunâtre^ sauf la pointe jaune blanchâtre; la face des poils tournée et appliquée contre la peau est au contraire d'un blanc brillant avec la pointe jaune brunâtre. Au milieu des poils ainsi colorés s'en trouvent d'autres beaucoup moins nombreux, irrégulièrement disséminés, et d'un brun noirâtre sur toute leur longueur. Sur les membres, jusqu'à l'extrémité des doigts, la teinte de la face externe des poils passe au jaune roussâtre. Le long des flancs, à partir de l'épaule jusqu'à la hanche, court une bande étroite et presque linéaire exclusivement formée de poils d'un blanc pur, dont la teinte brillante tranche fortement sur le reste du pelage. Sur tout le dessous du corps et la face interne des membres, les poils sont également blancs. La queue est longue, bien fournie, aplatie et distique. Les poils qui la garnissent, plus souples que ceux du corps et nullement comprimés, ont la forme de longues soies, d'un brun jaunâtre dans leur moitié ou leur tiers basai, ensuite annelées de blanc et de noir avec la pointe blanche. Chez le jeune exemplaire («?), la portion terminale blanche des poils prédomine de beaucoup comme étendue, de telle sorte que la queue paraît presque entièrement de cette couleur sauf le long de sa portion axile d'un noir brunâtre. Les oreilles, revêtues de quelques poils jaunâtres, courtes et comme tronquées le long de leur bord, présentent néanmoins des dimensions appréciables. Ce caractère, joint à celui de la teinte rousse de la base des poils de la queue, permet de distinguer de prime abord le Xerus erythropus de l'espèce sud-africaine Xerus capensis (Kerr.) ou setosus
3^6 E. «K I»OU«AU*JLIE«.
(Forst.) qui présente exactement la même livrée à bande blanche latérale, mais manque totalement de conque auditive, et dont les poils de la queue ne sont jamais teintés que de noir et de blanc. D'autre part, chez l'espèce du Cap, le crâne est large et ramassé, les quatre incisives sont constamment blanches, et à la mâchoire supérieure on ne compte jamais que quatre molaires. Chez le Xeriis erjjthropus^ au contraire, le crâne est étroit et allongé, les incisives supérieures sont nettement teintées de jaune sur la face antérieure, et les inférieures de jaune blanchâtre ; enfin, la mâchoire supérieure compte cinq molaires, l'antérieure petite il est viai et spiculiforme, mais constamment présente, ainsi que j'ai pu m'en assurer. La présence de cinq molaires à la mâchoire supérieure permet également de distinguer le Xerus enjthropus d'autres Écureuils fossoyeurs de l'Afrique orientale, Xerus ridilus (Cretzs.) = fuscus (Huet.) et Xenis flavus (Â. M.-Edw.), qui n'en ont que quatre, et dont la livrée assez semblable comme nature de poils et comme teinte générale à celle du A', eri/titropm, ne présente jamais de ligne latérale blanche. Quant à l'Écureuil fossoyeur de Barbarie, Xerus gelulus (Gessn.), qui lui possède cinq molaires supérieures, ses incisives supérieures sont sillonnées, sa bande blanche latérale est plus large, et ses poils moins rudes que chez les autres espèces du genre ne sont pas cannelés. S'appuyant sur ces caractères et sur celui de la curvature plus forte des griffes, M. Jenlink refuse même à cette espèce nne place parmi les Xenis^ pour la ranger dans le genre Sciunis proprement dit, à côlé du Se. congicus (Kuhl.).
Le Xerus ergthropus, esisans contredit l'Écureuil fossoyeur dont l'aire de distribution est la plus étendue. On le rencontre avec un pelage sombre, Xerus congkus (Tem.), le long des côtes de Guinée, depuis la Gambie et Sierra-Leone jusqu'au Bénin, et avec des teintes plus rousses, Xerus enjthropus (E. Geof.), depuis le Niger jusqu'à l'embouchure du Congo. L'espèce ne paraît pas franchir ce dernier fleuve, et la localité la plus australe où elle ait été signalée par M. Bar-
ÉTUDE SUR LES MAMMIFÈRES DU COiNGO FRANÇAIS. 337
boza du Bocage, est Chinclioxo sur la côte de Loango. Des rives de l'Atlantique, le Xerus erythropus se propage vers l'Est à travers le Soudan, le bassin du Tchad^ l'Afrique équatoriale et le Niani-Niam jusque dans le Kordofan,le Sennaar et l'Abyssinie (Ruppell), et se rencontre encore très communément sur les bords du lac Albert-Nyanza (Emin- Pacha). Dans ces régions orientales, comme dans l'Ouest africain, l'espèce revêt deux livrées bien distinctes, complètement indépendantes des changements de saison, ainsi que l'a observé M. 0. Thomas, mais présentant une étroite connexion avec la nature du sol. Les spécimens d'Abyssinie, rapporte RlippcU, ont un pelage sombre ; au contraire, ceux du Sennaar et du Kordofan ont une robe uniformément teintée de jaune paille clair ou livrée désertique, Xerus leucnumbrinus (Hûppell); mais ces deux variétés conservent toujours comme caractères communs, la bande blanche latérale, et des proportions équivalentes. Dans l'Est de l'Afrique, le Xerus erythropus, vit côte à côte avec son congénère, Xerus rutilus (Cretzs.) = fuscus (Huet) ; mais cette dernière espèce ne paraît pas s'étendre très loin vers l'Ouest, et reste cantonnée dans le bassin du Haut-Nil. Le Xerus erythropus est donc le seul Ecureuil fossoyeur que l'on rencontre dans l'Ouest de l'Afrique. C'est en effet par méprise que les types de l'intéressante espèce Xerus flavus décrite en 1867 par M. A. Milne- Edwards (1), et remarquable par sa large tache dorsale d'un jaune pur, ont été indiqués comme originaires du Gabon, d'où ils auraient été rapportés en 1852 par le capitaine de vaisseau M. Guillain. Il paraissait assez inexplicable que, depuis cette époque, aucun autre explorateur n'ait pu se procurer de dépouilles de cette espèce sur les côtes occidentales d'Afrique pourtant si visitées, tandis qu'en 1 881 , M. Revoit en rapportait de son voyage aux Çomalis plusieurs exemplaires exactement semblables aux types décrits par M. A. Milne-Edwards. Mais ce problème vient d'être
(i) A. Milne-Edwards, Description de quelques nouvelles espèces d'Écureuils de l'ancien Continent. [Rev. et Mag, de Zooloy., p. 229, 1867.) ANN. se. NAT. ZOOL. III, ±2
E. DE POUSARGLTEil.
complètement résolu par M. Oustalet qui, à l'aide de documents d'une authenticité indéniable, a démontré la complète inexactitude de la provenance indiquée pour la collection du capitaine Guillain. Dans cette collection figuraient également des Oiseaux, parmi lesquels plu-
sieurs espèces appartenant exclusivement à la faune de l'Afrique orientale, et portant, même sur leurs étiquettes des indications de localités situées sur la côte des Çomalis. « Et en effet, écrit M. Oustalet, en nous reportant à la relation que M. Guillain a publiée de son voyage dans son ouvrage
intitulé : Documents sur P histoire, la géographie et le commerce de l'Afrique orientale^ nous voyons que le brick Ducouédic^ commandé par M. iHiillain, efTêctua en 1847 et 1848, une croisière sur les côtes orientales d'Afrique, qu'il toucha ou relâcha à l'île Bourbon, aux Seychellcs, à Zanzibar,
REGIONS
AFRIQUE NORD
SCIUROMORPHES
AiNO.MALUnUS
G.iZ. getuhis. (Gessn.
P.|A. Pcli. (Tem.)
A. Bcecrofti. (Fias.
A. Fruseri. (Wat.)