‹ Ulcerations Et Perforations Gastriques Au cours de la fièvre typhoïdeChapitre 7 sur 14 · DESERIPTION CLINIQUE ET ANATOMO-PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

DESERIPTION CLINIQUE ET ANATOMO-PATHOLOGIQUE

Nous exposerons en premier lieu l'observation qui est le point de départ de notre thèse avec ses constatations nécroptiques, macroscopiques et histologiques,puis nous discuterons les différentes hypothèses auxquelles

elle peut prêter.

Observation I (de MM. Bercé et BARTHÉLEMY)

Ulcération el perforation gastriques avec abcès intergastro-splénique au cours d'une fièvre typhoïde

He .. V. Maurice, 21 ans, garçon de magasin, entre à l'hôpital | Broussais, salle Lasègue, lit 16, le 30, avril 1913.

Souffrant de vagues malaises depuis huit jours environ, il a de la fièvre et est porteur à l’entrée d’une légère angine rouge (pharyngite catarrhale), Il est maigre et a l’air fatigué.

Les jours suivants, la température monte par échelons de

AL, se

Vers le 10 mai apparaissent de la diarrhée jaune et quelques taches rosées, Légère albuminurie, La rate est peut-être un peu augmentée de volume.

Le 12 mai, le séro-diagnostic est cependant négatif. Mais le diagnostic clinique de dothiénentérie se confirme. Le malade a

toujours de la diarrhée; il tousse un peu et a des signes de bron-

chite (râles ronflants et sibilants disséminés). D'ailleurs le 20 mai,

une hémoculture montre un bacille mobile, présentant les caractères du bacille d'Eberth. (

Cependant deux nouveaux séro-diagnostics faits le 20 et le 24 mai, le deuxième avec une culture fraîche prise à l’Institut Pasteur, sont absolument négatifs. De même le Séro-diagnostic avec le paratyphique B est négatif et le séro-diagnostic avec le paratyphique À n’est positif qu’au 1/50. :

À partir du 15 mai environ, le malade se plaint d’une douleur, assez vive et persistante dans l’hypocondre gauche, Il n’y a rien dans la poitrine. On pense à un point splénique. Ce point subsiste pendant une quinzaine de jours avec des variations d'intensité, puis disparaît, D'ailleurs le ventre n’est pas ballonné, etil n’y a pas de défense musculaire’ le malade n’a jamais vomi. 11 n’a aucun passé gastrique. ;

À part ces incidents, et malgré un très grand amaigrissement, l’évolution de la fièvre typhoïde est régulière et favorable. La température décroît progressivement et tombe au début de juin.

Le malade se nourrit bien, reprend quelques forces, mais reste

très amaieri. À plusieurs reprises on s'étonne de ne pas le voir $

engraisser aussi vite que le font d'ordinaire les convalescents

de dothiénentérie après la reprise de l’alimentation.

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Le 30 juin, le malade part en convalescence à Vincennes n'ayant plus de fièvre depuis vingt-sept jours.

Le 3 juillet au soir, on nous ramène le malade, sans renseignements, dans un état de collapsus et d’asthénie profonds, avec pâleur cadavérique de la face, cyanose et refroidissement des extrémités, hypothermie centrale.

Le 4 juillet au matin, il est très dyspnéique, avec un pouls filant à 104, et une température rectale à 36°. Dans toute la poitrine on trouve des râles dé bronelite et la toux est fréquente. Enfin le ventre, un peu ballonné, est souple et indolore.

Le malade presque inconscient perd sous lui des selles diarrhéiques abondantes et jaunes. Il ne vomit pas. Il meurt dans le collapsus à 11 heures 1/2 du matin.

Autopsie. — Le 5 juillet.

Cadavre d’une maigreur squelettique: A l’ouverture de l’abdomen, on constate la présence, dans le péritoine, de 200 grammes environ de liquide séro-fibrineux. L’aspect des anses intestinales est à peu près normal. Rien à l’appendice.

Toutefois en dévidant l'intestin, on trouve au niveau de l'iléon, à 3 ou 4 centimètres du cæcum une zone rougeâtre extérieur>ment dépolie, avec un léger exsudat fibrineux et opalescent adhérent. Pas de perforation. Quelques centimètres plus

loin, un petit cordon fibreux tire la paroi intestinale et va adhé-

rer au péritoine pariétal du petit bassin. Au niveau de ces deux

points, correspondant à la face interne de l'intestin, se voient

deux ulc‘rations guéries. Ailleurs on trouve d’autres ulcérations

* également guéries et un degré marqué de psorenterie. L’intestin

contient un liquide diarrhéique jaunûtre,

Les ganglions mésentériques sont tuméfiés. L'un d’eux, à la coupe, contient un pus Jaune verdâtre concret, épais, presque çaséeux.

La rate est très volumineuse, très molle, pèse 370 grammes, En cherchant à l’isoler, on tombe sur un foyer purulent du volume d’une mandarine, limité en avant par la fäce postérigure du fond de l'estomac, en dehors par le hile de la rate, en arrière par des adhérences néritonéales qui cloisonnent l'arrière cavité des épiploons. Il n’y a aucune ulcération ou érosion de la rate. Le contenu est un pus visqueux, épais, concret, quasi-caséeux

comme celui du ganglion mésentérique, La poche étant large-

ment ouverte par l’ablation de la rate, et nettoyée, on voit sur

LA

la paroi stomacale une dépression infundibuliforme qui mène à une perte de substance. Cette perforation, vue de l’intérieur de l'estomac, apparaît circulaire, d’un diamètre inférieur à celui d'üne pièce de 50 centimes, et comme faite à l’emporte-pièce.

La muqueuse stomacale ne paraît pas ulcérée, ni déchiquetée, ni épaissie alentour. Les bords sont réguliers, l’ulcération semble tout à fait cicatrisée.

L'ensemble présente l'aspect d’une véritable fistule. Il n’y a

pas d’autres ulcérations ni d’autres lésions gastriques. En somme une ulcération gastrique arrondie, pâraissant cicatrisée, conduit par un court trajet fistuleux dans un foyer d’abcès juxta-gastrique ou plus exactement intergastro-splénique, / Les autres organes sont normaux ou ne présentent que des lésions banales.

La plèvre droite contient un petit épanchement de 100 gram-

mes environ de liquide hémorragique. Ily a de l’œdème pleural

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