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:*;s Trade-Unions, n'y figurent plus maintenant que our environ 20 0/0. Les grèves doivent être autorisées, sinon aucun secours n’est accordé aux grévistes. La plupart des unions américaines ont établi la môme règle, et {'Union des chemins de fer, par exemple, déclare qu'elle considère les grèves, comme désastreuses, pour le patron et pour l’ouvrier (t). Môme règle encore en France dans les syndicats des travailleurs du livre, des mécaniciens et des mouleurs en métaux (2). Aussi,
(1) V Union américaine des chemins de fer a entrepris de protéger les plus humbles de ses membres dans l'exercice de tous leurs droits, mais si elle s’engage à respecter religieuse* ment tous les droits de ses membres, elle entend n’acoueillir aucune demande extravagante, aucune proposition déraisonnable, Elle part de celte idée, que tous les différends peuvent être résolus d’une manière satisfaisante, et qlio do bonnes relations peuvent s’établir et se maintenir entre employeurs et employés j que le service petit être considérablement amélioré, et que la nécessité de recourir aux grèves, aux lock-outs, aux boycottages et à la mise en quarantaine, procédés que la déclaration considère comme désastreux pour le patron et pour l’ouvrier et comme une perpétuelle menace pour la paix publique doit disparaître à jamais.
(Car&oll D. Wrioht, L’évolution industrielle aux Etats • Unis.)
(2) Les répercussions des grèves sont lointaines et Imprévues, dit M. O. Eagnlez, et o’ost quelquefois uuo victoire à la Pyrrhus que remporte, dans la guerre industrielle, celui qui reste maître du champ de bataille. C’est moins à cause de cette incidence qui lui échappe qu’à cause des souffrances immédiates et souvent stériles, dont tant de grèves l’ont rendue victime, qu’il
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l'évolution- du salariat
a-t-on constaté, depuis quelques années, que les ouvriers des industries dont la machinerie exige la mise
en œuvre des facultés intellectuelles et morales, recou-
faut atlribuer le sentiment qui prévaut aujourd’hui à leur égard dans la classe ouvrière ; elles y sont généralement considérées comme funestes. Oû ne s’en douterait pas, il est vrai, à les voir aussi nombreuses. C’est qu’il y entre plus d 'entraînement que de réflexion et de lactique.
La fédération des travailleurs du livre ne s’occupe pas des grèves seulement pour les soutenir, mais aussi pour les prévenir et y mettre fin. Chaque fois qu'un conflit est sur le point d'éclater, elle envoie un délégué qui doit faire tous se3 efforts pour le résoudre à l’amiable et ne l’en rendre solidaire que s’il est justifié. Les conflits peuvent être également soumis à une tentative de conciliation devant une Commission locale, puis à un double arbitrage, le premier devant cette même Commission, le second devant la délégation permanente de la Commission centrale de Paris. Jusqu’à la solution du litige, rien n'est changé aux conditions en vigueur au moment où il est né : le travail continue, aucun ouvrier n’est renvoyé, Les ouvriers qui 89 mettent en grève contre l'avis de la Commission centrale, les parties qui ne veulent pas se soumettre à l’arbitrage sont abandonnés par leurs confrères ou leurs camarades... À Rennes, une grève ayant éclaté dans la typographie sans avoir été précédée par une tentative de conciliation, la Fédération a donné tort aux grévistes.
La Fédération des ouvriers mécaniciens de France ne soutient que les grèves qui ont été approuvées par elle, elle donne alors aux grévistes un secours de 14 francs par semaine.
La Fédération des mouleurs en mêtauiï ne procède pas autrement que les deux fédérations précédentes. Partout où un conflit éclate, elle envoie un délégué ù la fois pour négocier et pour soutenir la résistance et ne donne son appui à cette résis*
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rent plus rarement aux grèves, tandis qu'elies demeurent fréquentes dans les régions inférieures du travail, chez les unskilled qui font œuvre de leurs muscles plutôt que de leurs nerfs, (l’est dans cette catégorie d’ouvriers, dont l’intelligence n’ost pas développée par l’exercice, que les socialistes révolutionnaires trouvent aujourd’hui des recrues pour la grève générale. Comme si une suspension complète du travail, partant des salaires, pouvait être plus facilément supportée par les travailleurs que par les capitalistes I
L’élite de la classe ouvrière commence donc à s’apercevoir de l'impuissance des grèves à faire monter artificiellement le prix du travail au-dessus du taux naturel de la concurrence. Malheureusement, il on est autrement de la multitude. C’est pourquoi, dans les pays el les industries en retard, les grèves, — te socialisme aidant, — ne cesseront pas de sitôt de jeter la perturbation dans le domaine du travail. Et aussi longtemps que les ouvriers y auront recours, leur hostilité contre les intermédiaires subsistera, et non sans motif.
Car, une grève n’étant autre chose qu’un accaparement de travail, no peut réussir.qu’à la condition que l'industriel, consommateur de cette marchandise, no
tance que st elle l'opprouve. Elle a été jusqu'à déclarer qu'elle ne soutiendrait que les grèves défensives, c'est-à-dire provoquées par les patrons.
(O. Paonibz, L'association professionnelle dans tes temps Modernes),
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puisse s'en approvisionner au dehors. De même dorto qu'à l’époque où les employeurs étaient les mallres du marché du travail, ils s'efforçaient de le restreindre pour les ouvriers, en faisant punir comme Un crime l’exportation du travail et mettre les bureaux de placement sous l’autorité arbitraire de la police, les syndicats grévistes qui entreprennent à leur tour de monopoliser le marché du travail, traitent en ennemis les intermé* diaires qui aident à remplacer les ouvriers en grève, On s’explique ainsi que l'idée d'instituer des bourses du travail, pour étendre ce marché en l'éclairant; n’ait d’abord été favorablement accueillie, ni par les employeurs qui voulaient en conserver le monopole, ni par les ouvriers qui voulaient s’en emparer. Les syndicats ont fini, toutefois, par leur découvrir une destination utile, celle de les loger aux frais des municipalités !
Mais, pendant que les employeurs et les ouvriers, imbis de l'esprit du monopole, s'efforcaient de restreindre les marchés du travail, les progrès de l’industrie et ia multiplication des voies de transport rapides et à bon marché, continuaient à les agrandir. L'homme cessait d’ètro le moins transportable des colis, et la circulation du travail, non seulement à l'intérieur de chaque pays, mais encore au dehors, prenait un développement extraordinaire, lîn même temps que des expériences désastreuses démontraient, chaque jour
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davantage, soit l'impossibilité d'abaisser artificiellement au-dessous du taux de la concurrence les prix du travail par l’accaparement des salaires, soit de les élover au-dessus par l’accaparement du travail, le besoin apparaissait de mettre au service du capital incorporé dans l'homme le mémo organisme de mobilisation et d’éclairage, au moj-en duquel la concurrence remplit son office de régulateur du prix des produits et du taux de l’intérêt du capital investi dans les choses. Cet organisme, composé de l'ensemble des intermédiaires do l’échange et du crédit, s’est créé et développé de luîméme, sous l'impulsion do la concurrence, & mesure que le besoin s’en est fait sentir assez vivement pour en couvrir les frais do production avec adjonction du profit nécessaire (1).
S'il n’existe encore qu’à l’état embryonnaire pour le capital incorporé dans l’homme, cela tient, on grande partie du moins, aux mômes obstacles qu'a rencontrés à ses débuis le commerce dos grains : l’hostilité des producteurs, aussi bien que des consommateurs, , et aux tentatives des uns et des autres pour se i'assujeltir. En Angleterre, aux Etats-Unis et en Allemagne (2), les
(t) Voir notre étude sur La eonourmtee et ses organes,
« Journet des Economistes », numéros de décembre 1G02 et do septembre 1003.
(*) On' trouvera dans l’ouvrage do M. lîdgerd Milhaud sur ta
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trade-unions et les fédérations ouvrières ont établi elles-mêmes un service de placement, plutôt que de recourir à des agences indépendantes ; en France, les syn-
Démocratie socialiste allemande, des renseignements pleins d’intérêt sur ces deux points:
io Les conditions auxquelles les Fédérations soutiennent les grèves ;
2° Lé viaticum qu’elles accordent pour se déplacer, aux ouvriers qui encombrent le marché, — en reconnaissant ainsi, sans toutefois l'avouer, la loi qui gouverne de prix du travail comme celui de toute autre marchandise.
lorsque les premiers syndicats ouvriers se constituèrent en Allemagne, leur objet à peu près unique était de préparer et de faire des grèves. Von Schweitzer assignait comme but à son Alliance des Syndicats allemands, « le progrès commun de la classe ouvrière allemande par le moyen des suspensions de travail. » Les grèves sont demeurées l’arme principale dos Syndicats, leur dernier et plus puissant argument en cas de conflit avec les patrons ,• mais elles tendent do plus en plus à devenir le dernier argument.,. Il faut ajouter que, de plus en plus, aux grèves impulsives se substituent des grèves calculées et méthodiquement conduites. Cela résulte à la fois des progrès du savoir économique des syndicats et de la forme du leur organisation. La fédération ne soutient une grève déclarée dans tel ou tel Heu par un syndicat adhérent que si elle l'a approuvée; aussi le Syndicat la consulte-t-il, un échange de vues s’établit entre eux, et la Fédération, sollicitée de divers côtés, ne lui accorde son appui que si les raisons de Taire grève sont sérieuses.
...Lorsque dans une localité une grève éclate, le viaticum permet à ceux des travailleurs qui peuvent le plus aisément se déplacer, aux célibataires, de se rendre en d’autres lieux pour y chercher du travail ; et le nombre de ceux que le Syndicat Molinarl 13
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dicats ont commencé à suivre leur ^exemple, mais, comme le remarque M. Fagniez dans son excellente étude sur les associations professionnelles, les agences syndicales qui placent les syndiqués de préférence aux non syndiqués et imposent, en outre, des restrictions au choix des employés, ont pour effet naturel d'éloigner la clientèle des employeurs (1), Ceux-ci ont continué
doit faire vivre, peudaut la grève, se trouve ainsi réduit : les chances de succè^ do la grève croissent en proportion. Au reste, en tout temps, leviaticum aide à dégorger le marché du travail, dans tel ou tel lieu, lorsque la main-d’œuvre s’y trouve en telle abondance que lo taux des salaires soit menacé. Quant ft l’assistance des sans-travail, elle est le complément du viaticum, elle corrobore son action. Bile permet, en effet, à cenx des chômeurs qui ne peuvent pas se déplacer, de ne pas accepter clu travail au rabais, elle leur donne la possibilité d’attendre, elle empêche ainsi l’avilissement des salaires.
...Par l’indication dos localités où il convient que les camarades sans travail ne se rendent pas, la presse corporative complète l’action du viaticum, elle lui permet de produire tout son effet.
(Edgard Miluaud, La Démocratie sooialiste allemande, p. 345 et 362).
(i) En 1891, le total des placements & demeure dus à de3 syndicats ouvriers, en France, s’est élevé à 86.014. En 1899, sur 2.685 syndicats ouvriers, il y en avait 653, soit 24 0/0 qui s’occupaient de placements. En 1000, l’administration enregistrait l’existence de 3 287 syndicats ouvriers et de 733 bureau* de placemeut issus do ces syndicats, c’est-h-dire que la proportion de l’année précédente était réduite. Les bureaux d’origine ouvrière existant au 1«* janvier 1003 étaient au nombre de 1.017. On ne pourra que souhaiter de voir s'augmenter la part
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L’ÉVOLUTION DU SALAIUAT
autant que possible à se passer d’intermédiaires ou à s'adresser aux bureaux de placement. Qu’ont fait alors les syndicats? Ils ont réclamé et obtenu de la faiblesse complaisante des Chambres la suppression de ces concurrents, que le régime arbitraire, auquel ils étaient soumis, rend cependant peu redoutables. Seulement, on peut douter quoie quasi monopole dont jouissent aujourd’hui les syndicats, ait la vertu d’améliorer leurs services. Les associations philanthropiques, les numide ces bureaux dans le recrutement et la répartition de la main*d'couvre, s’ils ne s’occupent que des Intérêts de ceux qui s’adressent à eux, si, au lieu de suivre uniquement l’ordre d’inscription, ils tiennent compte de la capacité et de lu moralité des ouvriers, des convenances des parties. C’est ce qui se fait, par exemple, dans la Fédération des travailleurs du livre, daru celle des mécaniciens et dans celle des lithographes. Le danger, o’esfc que l’antagonisme contre le patronat ne pénétre dans ce service, c’est qu'une institution éminemment pacifique, puisqu’elle est destinée h nouer des accords, soit faussée pour servir aux besoins, à la tactique de la guerre sociale. Cela est arrivé. En 1900, l’Office national ouvrier de statistique et de placement dea bourses du travail, pour venir en aide aux grévistes du Havre, refusait d’envoyer des ouvriers dans cette ville. Si celte façon de comprendre le placement se répandait dans les syndicats ouvriers, il ue faudrait pas s’étonner de la défiance et de l’abstention des patrons à l’égard des bureaux syndicaux.
(O. Paonibz, L’/ijjocùtffojt professionnelle dans Us temps modernes, Compte rendu des travail# de ['Académie des sciences morales et politiques, numéro de septembre-octobre 1904.)
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cipalités et les gouvernements eux-mémes sont intervenus, de leur côté, pour répondre à un besoin que les syndicats sont impropres ù satisfaire (i). Seulement, il est fort à craindre que celte intervention, en décourageant, par une concurrence gratuite, les capitaux de se porter dans l’industrie du placement, ail pour effet de retarder le développement et lo perfectionnement d’un organisme que l'extension croissanle des marchés du travail rend de plus en plus nécessaire.
Ce que sera cet organismo en voie de formation,
(l) Dans son dernier rapport au bureau du commérce et du travail, lo commissaire général Sargent a particulièrement recommandé la création de bureaux d’informations h l’usage des émigrants, à leur débarquement, afin qu’ils puissent se diriger immédiatement dans les parties du pays où ils ont le plus de chances de se placer aveo avantage. M. Sargent voudrait que ces bureaux lussent pourvus des cartes de3 différents Etats de l’Union, aveo une description de leurs ressources et de leurs produits, des renseignements sur les prix des terres, sur les routes et les prix du transport. Il voudrait aussi que les bureaux fournissent des informations sur l'état du marché dans les différentes branches du travail sftilled et unshillcd, le taux des salaires, le prix des nécessités de la vie j bref, toutes les informations nécessaires h un homme en quête d'un emploi.
Des bills ayant pour objet la création de ces bureaux ont déjà été présentés aux deux Chambres du Congrès pendant la dernière session. Ils ont été ajournés, mais seront présentés de nouveau dans la prochaine session.
(Journal of Commerce de New-York, 1904.)
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