ACTE PREMIER
(Le théâtre représente la cabane d’Kumée. — Des tables sont couvertes d’écuelles de bois qui contiennent le souper des porchers )
eumée (regardant du côté de la porte).
Quel est ce vieillard qui vers mon logis s’approche? Ah ! c’est encore un sol à tirer de ma poche...
C’est singulier, Médor ne mord pas son mollet,
Bien plus, il obéit à son coup de sifflet,
Il frétille la queue... il tourne l’œil... il claque î C’était pourtant le chien le plus méchant d’Ithaque. Que cache ce mystère?... Entrez ici, mon vieux.
ULYSSE
Je vous offre à souper afin de plaire aux dieux. (A part.)
Aurait-il à Médor servi quelque boulette?
ulysse (nazi liant).*»
Cha-ri té, s’il vous plaît... sur terre je végète... Pôôô vre aveugle !
EUMÉE
Comment ! vous regardiez mon chien
ULYSSE
ULYSSE
Je ne suis point encor, cher monsieur, j’en convien, Tout à fait quinze-vingt, mais ma vue est fort basse !
EUMÉE
A table asseyez-vous... voici des haricots
Et d’un petit vin bleu voilà deux ou trois pots.
(Entrent une trentaine de porchers qui prennent place sur des escabeaux.)
Tenez, amis porchers, mangez votre pitance,
Il est doux chaque soir de faire un peu bombance.
On mange bien ici... vrai logis du bon Dieu.
Etes vous, cher monsieur, le seigneur de ce lieu ?
EUMÉE
Non, malheureusement... et de plus, coquin d’sort ! Depuis trois ou quatre ans notre bon maître est mort. Il s’appelait Ulysse, ah ! c’était un digne homme; Pour faire son éloge il suffit qu’on le nomme.