ACTE I
Elle n'a plus connu les fêtes ni la joie ;
Et quoique de grands chefs aient recherché sa main ,
Elle n'a pas voulu conclure un autre hymen.
C'est même ce refus qui cause sa détresse ;
Car tous les prétendants assiègent ma maîtresse ,
Et tous, dans son palais, installés à la fois,
N'en veulent pas sortir qu'elle n'ait fait un choix.
Il se lère.
— C'est indigne ! ils devraient, s'ils ne craignent Ulysse, Craindre du moins les Dieux amis de la justice ; Le pirate lui-même, emportant son butin , Craint les Dieux et redoute un châtiment certain ; Mais tous ces prétendants, race aux Dieux incrédule. Pillent le bien d'autrui sans honte et sans scrupule. Il en vient de partout ; les uns de nos hameaux, Et d*autres de Zacinthe, et d'autres de Samos. Prolongeant les festins jusqu'aux heures nocturnes. Us boivent tout le vin qu'on gardait dans les urnes; Ils mangent sans mesure , au delà du besoin , Et prennent les plus gras des porcs dont j'ai le soin.
Se rasseyant en face d'uljsse.
Bien plus, de Pénélope ils débauchent les femmes, Et la reine est témoin de leurs amours infâmes ; Elle voit ce désordre et feint de l'ignorer.
Car que peut une femme à moins que de pleurer ! — Ah ! cela fend le cœur I — j'éprouve trop de peine A voir mettre au pillage un aussi beau domaine.
DEMI-CHOeUR*.
Voraces prétendants 1 un seul de leurs repas