‹ Ulysse: tragédie en cinq actes et en versChapitre 26 sur 88 · ACTE I · texte numérisé non relu

ACTE I

ULYSSE, le regardant arec ëmotion.

Mon fils!

TÉLÉMAQUB.

Pourquoi parais- tu si troublé?

Vous n'oubliez donc pas votre père exilé?

TËLÉMAQUE.

Moi ! — J'y songe sans cesse, et je briile d'envie

De voir ce chef illustre à qui je dois la vie.

Je me le représente éclatant , radieux,

L'œil Ger, le front serein , enfin semblable aux Dieux.

Que je voudrais toucher cette main redoutée,

Entendre cette voix , des sages écoulée,

Pratiquer ses leçons , et , digne de son sang ,

Exercer devant lui mon courage naissant!

— Je viens de le chercher; des bords du Cyparisse

Aux bords de TEurotas, je demandais Ulysse;

Mais, hélas! vainement j'ai traversé les flots,

Et vu Lacédémone et visité Pylos.

Vous l'aimez donc beaucoup?

TÉLÉHAQUE.

Tu ne réfléchis guère, Vieillard ; est-ce qu'un fils peut n'aimer pas son père?

Vous ne l'avez pas vu ; vous étiez tout petit,

Si je calcule bien , quand Ulysse partit.

TELÉHAQUE.

Je ne le connais pas; mais je connais sa gloire ; Le monde a retenti du bruit de son histoire.

Seriez-vous bien content de Tembrasser?

TÉLÉMAQUE

Ah ! Dieux !

Embrasse-le, mon fils; il est devant tes yeux.

TÉLÉMÂQUE, recxilant,

Vous ! mon père ! — Qui ! vous , pauvre et courbé par l'âge !

Minerve a transformé mon port et mon visage.

TÉLÉMAQUE

Que dis-tu là , vieillard ?

Oui. Minerve a permis Que ce déguisement trompât mes ennemis.

TÉLÉMAQUE

Mais qui m'assurera que vous êtes Ulysse ?

Déesse Pallas! c'est un trop grand supplice.

Voir mon fils, et ne pas le serrer dans mes bras 1 — Ou rends-moi ma figure, ou parle-lui i Pallas!

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