Aiilurd, Jlint.poL, p
» bât, peu lui importait ce que deviendrait Fempire » français. Ce n'était pas de la haine, c'était de la » rage. L'abbé Fauchet fut pris de la même fureur;... » il se mit à composer un journal, qui n'était qu'un » long tissu d'injures et d'imprécations contre le » parti qu'il avait enfin abandonné. Il lui arrivait » souvent, en relisant ses feuilles de dire : Eh ! mais, » mon Dieu, que faut-il donc faire pour avoir l'hon- » neur d'être égorgé par ces gens-là? Quelques » membres de la nouvelle assemblée se rangèrent » du côté de Manuel et de Fauchet ^ » Manuel, jouisseur sanglant, qui, pendant les massacres de septembre, touchait le prix du sang épargné, adressait, en 4794, d'obséquieux compliments au duc de Chartres. Quant à Fauchet, nous l'avons vu figurer parmi les correspondants de Laclos, pendant son séjour à Londres: après le 5 octobre, il adressait au duc des adieux déchirants. L'ancien orateur du Cercle Social affectait sans cesse un délire apocalyptique. Le placard de Marat nous a fait tout à l'heure soupçonner les dessous d'un justicier ; une lettre de Fauchet nous montrera maintenant l'envers d'un illuminé :
Claude Fauchet à Philippe-Égalité.
» Philippe, tu as voté le supplice de Louis Capet^> » il est mort sur l'échafaud ; tu jouis. Je veux trou- » bler ta joie par le seul moyen qui puisse toucher » ton cœur. Tu me dois douze cents livres depuis » Toraîson funèbre que j'ai faite de ton père : je te » les demande. D'après le désir que tu manifestas, » je distribuai dans ta maison six cents exemplaires