CHAPITRE XV
Deux titulaires au consulat de Smyrne. — Laclos joanialiM<*.
— De la guerre et delà paix. — Les idées de Laclos sur la contre-révolution. — Il veut continuer la guerre. — Les limites naturelles. — Laclos, secrétaire-général des hypothèques.
— L'orléanisme sous le Directoire. — Les amis de Laclos.— Son silence sur le passé. — Sa constance dans ses opinion».
— Son enthousiasme pour Bonaparte. — Il participe au \^ Brumaire. — Il veut rentrer dans l'armée. — La malveillance des bureaux.
Dès leur sortie de prison, le premier soin des deux frères Choderlos fut de profiter du violent moinement de réaction contre la Terreur, pour retrouver les places qu'ils avaient perdues, et que leurs maigres ressources leur rendaient indispensables. Le Consu) à Smyrne réclamait son poste avec insistance. Dès la levée des scellés, il rendit les 7.000 francs dont on l'avait nanti, un an auparavant, à la veille de son départ ; il voulait, déclara-t-il au Comité de Salut public, « mettre le procédé de son côté.... sans enttMi- » dre préjudicier par cet acte de délicatesse à la léjri- » timité de ses droits». 11 proteste, en même lempî*. de son civisme, représente qu'il a été arrêté sans motif et «qu'il a gémi pendant près d'un an dans la plu^ » affreuse captivité ». Dans Tinter valle, le Comité de
^lut public avait nommé à Smy me le citoyen Cavalier, < qui végétait à Marsala en Sicile, et que protégeait la ►> députation des Bouches- du- Rhône ». Mais il a L^ublié de destituer Choderlos. Il y a donc à présent deux consuls à Smyrne, tous deux forts de leur droit et ja-«;ssés d'argent. Le Comité hésite, interroge la Commission des relations extérieures. La Commission rét^ond que le poste de Smyrne ne peut être confié qu'à un agent de premier ordre ; visiblement, elle entend ^>ar là souligner le mérite professionnel de Choilerlos. « Il a servi la Révolution ; il est pourvu de » capacité et de talent pour bien administrer ; des » voyages et un long séjour dans Tlnde au service de » la Compagnie française lui ont procuré des con- »> naissances précieuses sur nos relations extérieures . » Alquier intervient; il déclare connaître Choderlos depuis le commencement de la Révolution, avoir vécu avec lui dans la société la plus intime et s'ôtre convaincu qu'il n'existe pas d'homme plus probe et de -citoyen plus pur. Cependant la Commission évite prudemment de se prononcer. « Le Comité décidera dans » sa sagesse sur deux candidats nommés au môme » poste, tous deux munis d'instructions, passe-ports » et fonds nécessaires, dont Cavalier a reçu davan- » tage. Celui qui ne sera pas choisi devra être em- ') ployé par la République et recevoir un secours ali- » mentaire dont aucun ne peut se passer ^))
De son côté, Laclos réclama sa réintégration dans les cadres de l'armée républicaine, qui depuis deux ans, fanatique et joyeuse, se couvrait de gloire à Landau, à Wattignies, à Toulon, à Fleurus et, sous Jourdan et Pichegru, s'emparait de la Relgique, du Rhin et des Pîiys-Bas. Sa demande n'ayant pas abouti,