Brissot, Mémoire», II, chap. xxxvii
manifeste de Brunswick ; le marquis de Ferrier, secrétaire des Commandements; le colonel Shée, trésorier, un Irlandais rusé, mêlé à toutes les manoeuvres secrètes : il avait fait entrer au Palais-Royal son neveu, le capitaine Glarke, qui fut plus tard duc de Feltre, après avoir passé par les bureaux de la Convention. Clarke, « qui ne se piqua jamais d'être » plus fidèle que la fortune », suivait pour Tinstant celle de son maître ; il était très fier de sa naissance et ne possédait pas un sou vaillant. Heymann, besogneux comme Clarke et Shée, appartenait comme eux aux hussards, dont le duc était Colonel-Général ; c'était un militaire insidieux, qui plus tard devait passer, comme Limon, à Tannée des Princes.. Les ducs de Biron et de Liancourt étaient les deux meilleurs amis du prince. Liancourt, grand-maitre de la garde-robe du Roi, était un philanthrope chimérique et bienfaisant, aveuglément enragé de réformes, comme son cousin Alexandre de la Rochefoucauld et la mère de celui-ci, la duchesse d'Anville, amie de Condorcet. Beau, brave, généreux, spirituel, le duc de Biron « avait tous les genres d'éclat » * ; il recherchait encore celui de la gloire ; sous le nom de Lauzun, il avait égalé Richelieu dans la faveur des femmes ; mais il ne mettait guère à présent plus de tète en politique, qu'il n'avait mis autrefois de cœur dans ses aventures ; ce qu'il avait de l'un et de Tautre appartenait à la marquise de Coigny et à Talleyrand. Le vicomte de Noailles s'était, comme Biron, signalé aux Etats-Unis par la plus brillante bravoure ; il était fou de popularité et brûlait d'imiter son beau-frère Lafayette. Talleyrand, le duc d'Aiguillon, le comte de la Marck convoi-