A. G. Dossier Laclos
2. Feydel,à cette occasion, déclarait ouvertement dans Y Observateur (1790, n* 18) que le duc d'Orléans avait eu raison en pensant alors à un conseil de régence. Si le roi eût été enlevé en octobre 1789, un «conseil de régence aurait été le seul moyen de conserver l'Assemblée.
le capital d'une rente attribuée par Louis XV à une fille (lu Régent, lors de son mariage avec le duc de Modène. L'austère janséniste Camus, rapporteur de Taffaire, était favorable. Les journalistes et les patriotes, qui vivaient de la caisse orléaniste, s'alarmaient sans doute de son épuisement et représentèrent h Camus que c'était le seul moyen de rembourser au prince les sommes dépensées pour la liberté. L'opinion s'indigna et Camille Desmoulins lui-même se crut tenu de protester pour la fonne. Le duc, criblé de dettes et n'empruntant plus qu'à des tau!^L usuraires, diminuait son train et renvoyait son monde. Sa femme obtint une séparation de biens. L'ambassadeur de Parme écrivait qu'il ne comptait plus garder que MM. de la Touche, de Limon et de Laclos « triumvirat remarquable ».
Sur le conseil de Biron, il essaya de se rapprocher du Roi et demanda du service à l'armée. « Je ne nie » connais aucun tort envers le Roi, » écrivait-il à son ami, « d'aucune espèce, excepté celui d'être » attaché à la Ré>olution et d'y avoir eu quelque » part... Je suis ennuyé d'avoir été calomnié de » toutes les manières possibles et le jouet de tous » les fripons qui en ont envie ^ » Les démarches n'aboutirent pas. En mars 1792, Bertrand de Molleville pensa opérer la réconciliation en le faisant nommer amiral. Le duc |)arut aux Tuileries, mais, de nouveau, les courtisans le couvrirent d'injures : on lui marcha sur les pieds ; il reçut des crachats. Il essaya vainement d\Hre envoyé aux Antilles, sans doute pour fuir aux Etats-Unis avec M"*® de Buffon. Plus tard, un ordre formel le rappela de l'armée de Luckner, ou il avait rejoint ses fils,