‹ Un acteur caché du drame révolutionnaire, le général Choderlos de Laclos, auteur des Liaisons dangereuses, 1741-1803, d'après des documents inéditsChapitre 80 sur 168 · Bévoluiion de France ci de Brabant^ n · texte numérisé non relu

Bévoluiion de France ci de Brabant^ n

tins, » pour ses agents d'exécution. On lui faisait chanter :

Je travaille le militaire,

Danton classe les sections.

A la tourbe la plus grossière

Rotondo fait les motions.

et Ton chantait encore :

A rinstant dans cet enclos, Pour le signal du grahuge, On voit s'agiter Laclos Et finfcrnal Saint-Huruge.

Autrefois on accusait Laclos et son prince d'être payés par FAngleterre ; maintenant on les prétendait à la solde du roi de Prusse. Le Juif Ephraïm, passait pour être Tinstrument de cette [corruption *.

De son côté, Nicolas Bonneville, dans la Bouche de Fei\ poursuivait de ses imprécations maçonniques, le proscripteur du Cercle social^ Thomme perfide et corrompu, qui faisait peser sur les Sociétés affiliées la tyrannie jacobine. D'après lui, ce meneur des Jacobins avait perverti les principes de la francmaçonnerie par des idées monarchiques, et la Révolution, en y introduisant un nouvel esclavage.

1. V. les libelles : Lettre d' Ephraïm à Laclos ci Lettre de M. Cho' derlog de Laclos à M. Barnave (1791). Ephraïm servait en effet d'agent à Frédéric-Guillaume pour combattre le parti de lu Reine et Talliancc autrichienne. Montmorin déclarait alors à Gouverneur Morris qu'il avait des preuves des intrigues secrètes de l'Ang-leterre et de la Prusse. Dans le n* 28 du Journal des Amis de la Constitua lion, la société de Dunkerque donne avis « que les Cours do Berlin, >» de Londres et de La Haye ont fait passer des agents secrets & » Paria, dont quelques-uns, se couvrant du manteau du patriotisme, » se sont fait présenter »\ la Société des Amis de la Constitution et » y ont été admis. » Laclos écrit en noie : « Sous le saisons depuis » longtemps. »

11 Tinterpellait dans ce style étrange : « M. Laclos^ » notre nom de Francs qu'adoptent à Tenvie tous » les peuples (francken, francs, franci, etc.), n'a » rien de commun avec ces esclaves enrubannés, » aveuglés par un G. M. (grand maître), à qui l'on » envoie dans les hautes cérémonies une députation » de neuf pierres brutes, (on appelle ainsi les » francs-maçons des premiers grades) pour lui » remettre en la mémoire qu'il n'est que Tombre )) d'un J. (Jésuite).

» Quel est ce grand maître ? Est-ce encore Philippe )) d'Orléans ? ou Philippe d'Artois ? Auteur des » Liaisons dangereuses, répondez !

» Le symbole des chiffres 12, 13 et 14 gravé sur » notre cachet fait sourire M. Laclos ! 0 jour des » destinées ! Reviendriez-vous encore longtemps » sans avoir donné à la terre un grand exemple de » justice ^ »

A cet assaut tumultueux et divers, Laclos opposait un dédaigneux silence. Tout entier à l'attaque, il négligeait la défense. Cependant, sans s'embarrasser de la doctrine et très maître de lui, même dans la violence, il suivait patiemment son dessein. On sait qu'à la fin du mois de février 1791, Louis XVI, qui s'était résolu à la fuite et préparait secrètement l'exécution de son projet, décida le départ des vieilles filles de Louis XV, ses tantes, qu'il ne voulait pas laisser derrière lui. Leur intention de voyager en Italie fut officiellement annoncée. S'étant mises en route le 20, Mesdames furent arrêtées le 22 par les habitants d'Arnay-le-Duc, qui en référèrent à l'Assemblée. Sur la proposition de Mirabeau, celle-ci décida le 24 qu'aucune loi ne s'opposait au libre

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