CD R. 0. F. O
(2) « On vient de leur expédier le Conseiller Marmont, gendre du ban- « quier Perregaux, ami et confident de Bonaparte pour demander, non « pas précisément à la Hollande, mais au commerce particulier d'Ams- « terdam, une somme de 13 millions à emprunter. 11 propose pour garan- » tie une partie des forêts de la Belgique et des diamants, entre autres « le fameux diamant Le Régent, que Marmont porte avec lui. » {Dropmore Papers, YI. Report from Paris of the Opérations of the Freach Government, 175-181). L'Editeur des Dropmore Papers fait remarquer qn'on trouve sur l'original en marge de cette pièce la note suivante de la main de lord Grenville : « This is certainly true ».
(Cf. Mémoires du duc de Raquse, T. ii, 107-108. « J'avais aussi le dia- « mant Le Régent à ofîrir comme supplément et à mettre en dépôt. »
(3) Capellen (Robert-Gaspar van der Heer van de Marsch Lathmers) (1743) entré au service en 1767 en qualité de capitaine au régiment de dra-
PAUL l®*", WIIITWORTII ET M"^ JEREBTZOFF 323
bien des conjectures. On est étonné de cette apparition, parce que depuis 1787 il avait constamment refusé de rentrer dans sa patrie. On le croit chargé de quelque négociation avec les chefs de son parti, dans lequel il a une grande influence. On croit qu'il agit ou par Tordre ou d'après les instructions du Ministère anglais. Il est certain qu'il doit inspirer beaucoup moins de confiance qu'un autre.
Aucun mouvement de troupes en Hollande jusqu'à présent. On se prépare seulement à repousser une agression à laquelle cependant peu de personnes croyent.
GÉiNÉRAL DE STAMFORD AU PRINCE D'ORANGE (1)
Berlin, i9 avril 1 800.
Paul I", Whitworth et M"« Zouboff (M-^^ Jerebtzoff). — Causes des avances de l'Angleterre à l'Autriche. — La mission de Lucchesini à Paris.
Monseigneur, je crois devoir supplier Votre Altesse Sérénissime de ne pas s'incommoder à répondre à toutes mes lettres qui dans l'état actuel des choses sont rarement assez intéressantes pour
qu'EUe Se donne cette peine J'ai ajouté à des lettres que j'ai
écrites le 16 de ce mois à ma femme, un mot pour Votre Altesse Sérénissime. J'ai appris depuis que les dernières instructions, que M. de Krûdener (2) a reçues de sa Cour, portent entr'autres que,
gons v;in Bylandt, choisi en 1788 pour représenter .son pays auprès dea Etats-Unis d'Amérique.
(Cf. Biographie Néerlandaise de A. J. van dkr Aa, T. m, p. 152-154).
(2) KrQdener (Burkhard-Alexis-Const-intin, baron de) (1744-1802) attaché à l'Ambassade de Russie en Espagne au sortir de l'Université. En quittant Madrid, il séjourna quelque temps à Paris et se lia avec Jean-Jacques Rousseau « qui eut le temps de l'aimer, dit M. Eynard, mais non de se « brouiller avec lui ». Secrétaire d'Ambassade à Varsovie, il y resta peu de temps et devint Ministre en Courlande. Il s'agissait alors de préparer la réunion du Duché à la Russie. Krûdener s'acquitta de cette mission avec autant de tact que de succès. En 17ô3, il épousa M"" de WietinghofI et fut en l78i nommé Ambassadeur à Venise, puis envoyé en 1786 à Copenhague. Chargé en 1893 par Catherine II d'obtenir que le Danemark se déclarât contre la France, il échoua dans cette mission, ce qui n'empêcha pas l'Impératrice de lui confier une mission analogue à Madrid. La volonté nettement exprimée de Charles IV décida Catherine à renoncer à cette
324 LE GKNÉRAL DE STAMFOHD
si on lui en donne l'occasion, il doit témoigner à Sa Majesté Prussienne que l'Empereur de Russie sera toujours charmé de concourir avec Elle à tout ce qui pourra concourir au rétablissement de la paix générale, pourvu que, dans les moments qu'il jugerait propres à cette tin, il ne trouvât rien dont la Cour de Vienne pût étreofïensée.
Quant au procédé de Paul envers le clievalier Whilworth (1), je
mission. En 1800, il eut l'ambassade de Berlin. Paul l", par un brusque revirement, venait de se rapprocher de la France et poussait les Puissances du Nord à la guerre conlre l'Angleterre. Krûdener crut devoir temporiser, mais une dépêche lui apporta l'ordre de poser un ultimatum à la Prusse et de demander ses passeports en cas de refus. Cet ordre aurait fort embarrassé Krildener, s'il n'eût lu au bas de la dépêche ces mots écrits par Pahlen : « SaMajesté est indisposée. Celapourrait avoir des suites. » Cela eut des suites en effet et le prochain courrier apporta à Berlin la nouvelle de la mort de Paul I". Cette nouvelle détruisait les espérances de fortune de Krûdener. Sa santé, déjà éprouvée par les émotions, où l'avaient jeté les menaces de guerre contre la Prusse, en re(;ut une sérieuse atteinte. 11 mourut l'année suivante d'une attaque d'apoplexie.
(1) « Je n'ai pas besoin de vous dire, écrit le 1" février, 12 février 1799 Rostopchine au comte Woronzow. ce qui a attiré le mécontentement de l'Empereur à M. Whitworîh. Vous le devinerez sans que je vous le dise ; mais pour conserver la bonne harmonie si nécessaire en!re la Russie et l'Angleterre, il faudrait un homme qui fût plus sur ses gardes et ne se permit p;is de suivre des impulsions de colère provoquées par des personnalités. Le Chevalier Whitworth, en servant sa Cour, exécutait naturellement ses ordres en désirant que la guerre fût continuée contre la France ; mais il s'est trop oublié vis-à-vis de l'Empereur et ce n'est pas en donnant des idées aussi bizarres sur le compte d'un souverain que l'on peut le faire servir de pivot dans les crises journalières du moment.... » {Dropmore Papers, VI, 113).
Se servant le 11 avril d'un courrier que Woronzow faisait partir pour Pétersbourg, lord Grenville informai; 'Whiiworth qu'il profitait de cette occasion pour lui « envoyer ses lettres de rappel en suie du désir expri- « mé par la Cour de Russie ». Il se réservait de le mettre au courant de tout ce qui l'intéressait par le prochain courrier et s'empressait de « l'as- « surer de la continuation de son amitié personnelle et du bon vouloir du « Gouvernement, qui appréciait à leur juste valeur ses bons et loyaux « services. » [Ibidem, VI, 19.5, lord Grenville à Sir Charles Whilworth. Dropmore, 11 avril 1800)-
Le prince Adam Czartoryski cite dans ses Mémoires, I, 141 un incident de la vie de Sir Charles Withworth à Saint-Pétersbourg, trop curieux pour que je néglige de le relever : « L'Empereur avait interdit les « chapeaux ronds qu'il croyait être un signe de libéralisme. Lord Whit- « worth, ambassadeur d'Angleterre, fut obligé de se faire construire un « bonnet de forme particulière, avec lequel il put se promener les matinées « sans contrevenir aux ordres de l'Empereur. »
[Cf. pour plus de détail sur cette affaire de chapeau, Russie, Mémoires et Documents, volume 32, f"" 05-06, Détails nouveaux sur Paul I '. Rapport joint à la dépêche n° 13 de Hambourg du 19 floréal an VIII).
« Amant de M"" Jerebtzoff, nous apprend encore Waliszkwski [Le fils « de la Grande Catherine, 571-578). "Whiiworth a dû connaître le complot. « Peut-être même lui a-t-il témoigné quelque sympathie et pendant les
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crois, ou du moins suis tenté de croire, que c'est une affaire personnelle à lui. Je sais que ce Ministre faisait la Cour à Mademoiselle Zoubolï, sœur du favori de feue l'Impératrice^ et que l'Empereur, n'aimant pas celte princesse à cause de son frère, lui fit intimer, il y a un an, l'ordre de quitter Saint-Pétersbourg dans les vingt-quatre heures. Je sais aussi que Sa Majesté Impériale révoqua alors cet ordre sur l'intercession du chevalier Whitworth. Mais ayant appris que le même ordre avait été renouvelé depuis et que Mademoiselle Zoubolï a été obligée de s'y soumettre, j'en conclus que le chevalier Whitworth peut avoir fait en cette occasion quelque démarche qui a indisposé l'Empereur contre lui. Quoiqu'il en soit, je crois pouvoir assurer Votre Altesse Sérénissime que, malgré le parti très décidé que semble avoir pris l'Empereur de Russie, l'Angleterre n'en est pas plus disposée à négocier avec Bonaparte. L'esprit de la nation anglaise est pour le Gouvernement et monté à la guerre. Peul-on croire que ce Gouvernement veuille lui-même le démentir? Ce qu'il ferait infailliblement dès le moment qu'il fixerait les yeux de la nation sur des négociations, dont depuis quatre ans il s'applique à lui démontrer T'inutilité.
Dès que le Cabinet de Saint-James a connu les dispositions de Paul, et il en a été informé assez à temps par la voie de Vienne, il a commencé à resserrer ses liens avec celle-ci qui de son côté, s'est pressée de conclure un nouveau traité avec l'Angleterre (1).
« derniers moments de son séjour h Sainî-Pé.ersbourg, donné des encou- « ragenienis discrets,.... »
M"" Jerebizolï, nous apprend Lady Bkssbohough vint en Anglelerre avec AVbilworUi qui la traita for. mai. Elle y vil on novembre 1804 le prince de Galles, comme le prouve une lettre du 12 novembre de Lady Bessborougb à lord Grenville LevesonClower (Priua/e Correspondence, II, 470).
Enfin le représentant de la Bavière à Pétersbourg, le chevalier, qui ne larda pas à devenir le baron de Bray s'occupe lui aussi dans la partie de suu Mémoire intiiulé : [Coup d'œil sur la Cour, l'Empereur et les personnages les plus influents de la Russie, de la façon dont prit fin la mission de Wliilworlh. « Le chevalier WhiiWorîh a joui de la plus grande " faveur près de l'Empereur. L'c.xi)édi:ion de Hollande c- la marche des " affaires politiques la lui ont faiî perdre. C'est un homme de l'extérieur << le plus aimable et le plus avantageux, franc et généreux et avec lequel K il ne peut être qu'agréable de traiter quand on a su lui inspirer de la « ciiifiance. Il a quitté la Russie après avoir encouru une disgrâce à peu n près semblable à celle du com'e de Cobenzl. Lui e le capitaine Po- « pharn sont partis sans prendre congé e' il n'y a pas à Pétersbourg un " seul agent diplomatique anglais ».
(Cf. Revue d'Histoire Diploma tique, Minée 19 9. page 608. La Russie - .us Paul P')-
(1) Stamford commet là une grave erreur qui pourrait bien n'avoii' pas
f involon';;ire. Il ^esî en cliv inipdssib'.c d';t(line'!re qu'en relation sui-
,Le mal que fait à la cause générale la mésintelligence entre les deux Empereurs n'est pas corrigé par là. Il s'en faut ; mais toujours est-il moindre qu'il le serait, si chaque puissance se trouvait aujourd'hui dans le cas de choisir : ou négocier séparément avec Bonaparte et en recevoir la loi, ou en être écrasé.
On débite ici des choses tout à fait singulières sur le royalisme du Premier Consul qui, si elles étaient vraies, me feraient croire qu'il s'est emparé d'un certain projet du ci-devant Directeur Barras et qu'il serait bien plus propre à exécuter que ne l'eût été ce dernier. J'en parlai hier à M. de Haugwitz, qui pense avec raison que tout cela n'est pas rassurant, puisqu'il est incertain, si c'est pour lui-même ou pour un autre qu'il dresse ses machines.
M. de Lucchesini proteste qu'il n'a jamais été question de l'envoyer à Paris. Je crois qu'il dit vrai, car quel pourrait être dans ce moment l'objet de cette mission, surtout s'il est vrai ce qu'on dit savoir : Que la Régence de Clèves retournera dans cette ville au mois de mai pour y reprendre ses fonctions, mais que les Français auront la faculté de traverser la partie de ce duché située sur la rive gauche du Rhin, cependant sous de certaines conditions.
On assure encore que, pour le cas oii les Bataves entreraient sur le territoire prussien, qui leur a été cédé par leur dernier traité avec Bonaparte, il a été donné ordre de s'opposer à tout acte de prise de possession de leur part et de repousser la force par la force. Ces dernières nouvelles ne me paraissent pas venir d'une assez bonne source pour que je puisse y ajouter foi. Votre Altesse Sérénissime saura ce qui en est. Sûr est-il au reste que les Hambourgeois sont parfaitement rassurés sur la déclaration qui leur a été faite au sujet du million que le premier Consul leur a demandé et qu'ils ont refusé (1).
J'ai l'honneur, etc. ..
vie avec le monde politique de Berlin et surtout avec les représentants de l'Angleterre il n'ait pas connu l'état exact des négociations qui se poursuivaient depuis deux mois entre les Cours de Vienne et de Londres. Le traité, dont il parle, n'était pas signé. Il ne le fut que deux mois plus tard, le '20 juin, six jours après Marengo, quelques heures avant l'arrivée à Vienne de la nouvelle de la défaite de Mêlas (Cf. pour plus de détails Appendice. Notes XL).
(1) « L'autre point oublié est la situation actuelle de la ^France avec « Hambourg. Bourgoing en passant par cette ville en route pour a Copenhague, y fera un séjour de cinq à six semaines et plus s'il est «nécessaire. Il est chargé d'y négocier une sorte d'arrangement. On ne « veut pas demander de l'argent, mais bien un emprunt en sauvant le « plus 'possible l'honneur du demandeur »
{Dropmore Papers, VI, 178. Report from Paris to the opérations of the French Government),