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Un ami acharné comédievaudeville en un acte

KEMilKNTfo POUR LA PREMIÈRE FOIS, A PARIS, SUR LR THEATRE DES VARlfrriS, LE 19 JANVIER 1883.

DZITRIBUTIOM DS X.A PIÈCE

DUMONCEL, wiofi* da LefèTta MM. Nom*. | LUCIE, fille de Lefèvre M"* ViaoiMia Dveu*.

LEFEVRE, banquier. ........... IItnat Alix. I JOSEPH, doxealjijue da Dnmonce!. ...... M. DeuÈer.

Jl'LES DE LUCENAY. Ointunt. I La kIm «I à Parh. ch' i Isfivrt.

Un intérieur élégant.— Porte an fond. — Deux autres porte* à droite et à gauche du troisième plau. — A droite, sur le dorant, une cheminé*. — A gauche, en face de U cheminée, une bibliothèque. Ab fond, de chaque côté de la porte d'entrée, deux consoles de Boule érec rases du Japon. — A gauche, une table riche sur laquelle il y a une corbeille à outrage, des lettres et des journaux. — Tableaux. — Portières aux portes. — Fauteuils. — Ameublement riche.— Au dessus de la porte du fond, on voit une sonnette.

Bcisnc i.

LEFÈYRIÎ, puis DUMONCEL.

LfffctRE, «eu/ , astis devant la table.

Voyou mon courrier... c’est par là que nous commençons la journée, noua autres banquiers. (Il ouvre plusieurs lettres.) dumoncxl, tn paUtot noisette, entrant par le fond, un bou/juet à la main. Ce bomfust est formé de violettes Je Parme, entourées de rotes-pompon.

Encore an... ça fait huit I c'est trop fort I lefèvre, sans se déranger.

Àhl c’est toi, Dumonccl?

nüuoNCF.t., préoccupé.

Oui... bonjour 1... bonjour I (A part.) Qui diable peut envoyer des bouquets ü ma femme?

LEFÈVRE

C’est une lettre de notre correspondant de Now-Yorck. DtMONCEL, distrait.

De New-Yorck... sois tranquille... jo vais y envoyer...

LEFÈVRE

Plait-ilT

Pmoscr.t., à part , examinant son 6ouçuet.

Des roses-pompon... do la violette de Parme... affreuses petites fleurs' {Il veut le jeter et se rarise.) Non I. voyons si par hasard il n’y aurait pas un billet... {Il fouille le bouquet.) LEFÈVRE.

Il nous avise une traite sur Cadix.

DUMONCEL, se piquant les doigts.

Aie I

LEÈVRE.

Quoi?

DUMONCEL.

Rien!... j’écoute... uno traite!... la traite des noirs... c'est un crime I

LEFÈVRE

En vérité, mon cher associé, je crois que lo perds la télé.

dumoncel, jetant le bouquet dans la cheminée.

Eh bien ! c’est vrai, jo ne dis pas le contraire ! {/I passe à gauche de l'autre cAlé de la table.) Mat.' qui diable peut envoyer "dos bouquet» à ma femme? (D’un ton menaçant.) Ce n’est pas toi, Lefèvre?...

LEFÈVRE

Non!... je t’avoue...

dumoncel.

Je ne t'en veux pasl... ao contraire... Figure-toi. mon ami, que depuis huit jours mu cbrflniiiéea, mes vesea, mes étagères... enfin... tout, chex moi, elt encombré, empo»té do rosespompou cl do violettes de P.innb I

LKFtsm.

Tu ne les aimes pas ?

dumoncel, avec fureur.

Moi?

Air : J’ai pu le Parnatit drt Daniel.

Ha tout, Ici fleur*, je le* dèlelu 1.»

l'iv.-jautr aiu uun* le* baoqtoU,

V*M«Di uik guerre fnn**tr,

Dt* «mm* *-r«cnt le* |irujCM.

L* lutin Sc*l«u»4ifiiciie !

tt g«**don pen*eqii'« Pari*, t-b*qu« jour 4 *'«a n ivj d<i mil'*,

C'eut to«« triai* pour la»

C's*t «ffr»j»nt pour le* mari»!

Mats d’où peuvcnt-ollos venir, ces Ileurs?..,

LEFÈVRE

L'as-tu demandé à ta femme?

DCMONCEL.

Oui... sais-tu ce qu’ello m’a répondu?... ohl... elle m’a répondu que c’était elle...

LEFÈVRR.

EU bien I

Dmop.CE u

Comme c’est vraisemblable !... voilà quarante-six ans que je rno connais et i! ne m'est javais venu h l’idée de m’envoyer le moindre bouquet!... Vois-tu... il y a quelque choso la-dossous... ces lleurs cachent un précipice... comme toutes lus (leurs l

LEFkvnE, se levant et gagnant la droite.

Tu n’y penses pas... accuser ta femme I dumoncel, le suivant.

Je ne l'accuse pas, oh 1 Dieu 1

A la bonne heure !

DCMONCEL.

Je la soupçonne.

LEFÈVRE

Tu as tort.

DUMONCEL.

Mon ami, c’est entre nous... mais j’ai peur d'avoir fait une boulotte en me mariant I...

LEFÈVRE

Allons donc 1

DUMONCEL.

A quarante-six ans... épou-er une demoiselle de dix-neuf... pristi !... et qui a passé par le Conservatoire encore 1 LEFÈVRE.

Le Conservatoire est une institution nationale... d’oii sortent presque tous nos premiers talents...

DUMONCEL.

Oui, mais sans garantie du gouvernement!... sans garantie!...

lepèvrb.

Ah I tu eu fou 1... èt je rougirais à ta place...

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