LUCENAY. LEFÈVRE, LUCIE
lkfèvre, entrant par le fond, voyant sa fille valser avec Lucenay.
Eh bien!... eh bien '... qu’e»t-ce que vous faites doue?
lucie et lucenay, sc séparant.
Oh!... (Lucie est toute intimidée.)
LEFÈVRE
Comment! mademoiselle... vous que je laisse si timide... qu est-ce que cela signifie?...
lucie, baifüanr les yeux.
Dame! papa... tu vois... je... je prenais des informations I
LUCENAT.
Oui , nous prenions des...
LEFÈVRE
En valsant?
LUCIE , bas à son père Di» donc, je n’ai plus peur (
LEFEVRE
Je le vois bionl... Monsieur de Lucenay, je crois qu'il est temps que vous me fassiez votre demande...
LUCENAT.
C'est mon plus vif désir.
lefèvrk, désignant la gauche.
Eh bien ! passons dans mon cabinet... et nous causerons sèi usement... sans accompagnement de valse I lucie, à porL
C’était pourtant bien gentil !
ENSEMBLE
Alt : la dernière Reee (Folk* 4* U. tleînia.)
LEFÈVRE, à part.
D* ce f*iar j’iriiM le cerectèf* ;
Oui. je l’espère,
Il nen pleire.
II ni dûment, el je »* pnuviie fiire Pour ne Si le, Je craie,
Lu Meilleur «Aol*.
LvciE. à part.
n* B-i" futur, j 'iino le c*rwlère| Uai, y I Vipère, ll eiuru pluie.
II eil eh*r**nt,elj*no pourete fewe, Four ua inari, je cru»,
Uu nuira aboi*.
UA AMI ACHARNfi.
lucenay, a part.
CU« Ml cbarmule !... et que! «loua c«r»rtèr* t Oai, je I Vipère,
Je Murai plaire.
C'ait de boc tirer ! car je im p.u> aie faire, l'oer mon hjmrn, ja ctul»,
13e meilleur ehuit.
(Lefèvre et Lucenay sortent par la gauche.
aciimc xx.
LUCIE, seule, pais OUMONCEL.
LrciE, regardant la porte à gauche qui t’est refermée. lissant là... monsieur de Lucenay fa il sa demande... Il est très-bien, co jeune homme... et comme il valse 1... a la bonne heure 1... voilà un mari!... (S'approchant de la porte de gauche.) Je voudrais bien entendre... uU ! non! c’est indiscret j..: mais on peut regarder, (Elle se penche et regarde par le trou de la serrure.)
dumoncel. enfranl par le fond ; il est en habit de garde national, le sac sur le dos, sans fusil.
Là... me voilà équipé 1
lucie, te relevant vivement.
Monsieur Dumoncel I... (Surprise de le voir en garde nation il.) Ab !...
dcmoncel, mi/.rMrieujrmenf.
Chutl... il no Haut pas dire... c’est une surprise)
LUCIE
Vous êtes de garde?
DUMONCEL.
Non!... pas moi... Lucenay... mon ami Lucenayl LUCIE.
Eh bien f alors ?
DUMONCEL.
Chut)... c’est une surprix f j'ai eu l’heureuse idée de prendre sa place... diable de sac!... ça me gêne ! et quand il arrivera au poste... a l’Entrepôt.. . il me trouvera là, eu faction... je lui tendrai la main... jo lui dirai : co cher Lucanav I ce brave Lucenayl... nous échangerons une poignée de main... mais là... vigoureuse !... et je suis sauvé I LUCIE.
Sauvé... do quoi?
DUMONCEL.
Ah I c’est quo vous ne savez pas ; ma femme... (s’arrêtant.) Non ! rien !... je monte la garde pour mou agrément... une débauche militaire !... (A part.) Diable de sacfça me gêne I LUCIE, riant.
Vous êtes bien drôle là-dessous !
DCMONCEL.
Ou est Lucenay?
LUCIE
Dans le cabinet de mon père... (FtMnail ) Mais on n’enlro pasl
DUMONCEL.
Jo ne veux pas entrer non plus... s’il me voyait, il n’y aurait pas de surprise. (Tirant des papiers.) Tenez, laites-moi le plaisir de lui rendre ces papiers... co sont ses valeurs sur Londres; il n'a oublié qu’une chose, c’est do les acquitter... Il faut qu’il les acquitte.
lucir, prenant les papters.
Il est un peu distrait dans ce moment.
DUMONCEL.
Oui... je sais pourquoi.
LUCIE
Ab F (EUe vu poser les papiers sur la table.)
DCMONCEL, à part.
C’est ma femme... (Haut, avec énergie.) Mais joie îorcerai bien à me les serrer 1
lucie, revenant à Dumoncel.
Quoi?
DUMONCEL.
Rienl." diable de sac !... Je vous laisse... il faut que je passa au Th eà Ire-Français pour les places... et ma faction... c’esl-adire sa faction... enfin notre faction est de Quatre à six... (Il remonte.) __
LUCIE
Bien du plaisir I ( Elle passe à droite.)
dumoncel, du fond.
Merci... (Redescendant.) A propos, vous ne savez pas si on porte le sac dans sa compagnie?...
DUMONCEI
J’aurais voulu le savoir parce que... (A part.) Diable de sac!... (Haut.) Oh I je le forcerai bien à me las serrjr I (Il sort par le fond.)
SCÈMX XXI.
LUCIE, seule.
Ce bon monsieur Dumoncel !... il a l'air de bien aimer monsieur de Lucenay... (Par réflexion.) Est-ce de Lucenay... ou Lucenay tout court ?... Ob ? ça doit être de Lucenay... cem’est pas que j’y tienne au moins... pourtant ie ne serais pas fâchée de savoir... ah! ces papiers.. (Elle va à fa table et ht un papier ,1
■ Il vous plaira payera vue... » (Parlé.) pas de nom I (Prenant un autre papier.) Celui-ci... (Elle, le parcourt et revient au milieu.) Qu’est-ce que c’est que ça? (Lisant.) « Mon Jules jdor- ! « Je ne t’ai pas vu depuis quinze jours... ot tu étais sorti pour
■ aller me chercher dus billots d’Ambigu... après tes serments, « c’est bion mal 1 Si nous no devons plus -nous revoir, envoie « chercher ton paletot noisette qui est resté dans mon anti- « chambre : ça pourrait me faire du tort. Mon vœu lo plus ar- « dent serait de finir ma vio près de toi dans un désert 1... Pn$t- • scriptum. — Apporte-moi des marrons glacés. Ton incon- « soluble Nini Caboche. » OU ! c’est affreux '... une pareille lellro t... lui qui me jurait tout a l’heure do n’aimer que moi!... Oh! il peut aller retrouver mademoiselle Caboche... dans un désert 1... quant à moi... tout est fini !... bien fini !...
SciNE XIII.
LUCIE . LE1-ÈVKE. LtfcENAY.
LEFÈVRE, entrant avec Lucenay par la gauche.
Toticbez-là, monsieur!... vous êtes mon gendre... (U descend à la gauche- de Lucie.)
LUCENAY, à Lucie.
Ah ! mademoiselle, quo je suis heureux !
lucie , le saluant froidement.
Monsieur...
LOGEKAY.
Qu’avez-vous donc?... cet accueil sévère...
LEFÈVRE
En effet, qu’y a-t-il ?
LUCIE
Il y a, mon père, que jo suis très honorée de la recherche do monsieur... mais je ne veux plus me marier.
LEFÈVRE
Allons donc f
LUCENAY
C’est impossible) un changement si prompt!.,.
LEFÈVRE
Mais il faut des motifs... dos raisons bien graves?...
lucie , remettant la lettre à son pere.
Lisez... mon père.
lucenay, à part .
Qu’esl-ce que c’est que ça?
LEFÈVRE , lisant.
• Mon Jules adoré... » (A pari.) Aie I
lucenay, à part.
Sapristi !.. uno lettre do Caboche!... ja crôyais les avoir frùlées !...
lefêvre , achevant de lire.
• Post-scriptum : apporte-moi des marrons glacés. ■
LuctE, reprenant la lettre et montrant la signature à Lucenay
Signé... Nini Cabocho!
LUCENAY, vivement et avec aplomb.
Connais pas !... cotte lettre n’ost pas à moi 1 LUCIE.
Oh I c'est trop fort !
LUCENAY
Pardon, mademoiselle... pcrmellez-moi do me justifier., de loi tenez- vous ce billet?
LUCIE
Do votre ami... M. Dumoncel!
lucenay, à part.
Lui ! oh ! il me le paiera.
LUCIE
Il se trouvait parmi les valeurs que vous lui avez remises... ei quo vous avez oublié d’acquitter... (Elle lu* munir e Ut papiers tur la table.)
lucenay, reprenant le» papiers.
Ah ' je comprends!... tout s’explique I... ces papiers ont couru dans les bureaux... et un do vos commis y aura laissé tomber par mégarde sa correspondance... voila I
LEFÈVRE
Voilà I
LUCIE
Malheureusement ce billet porto votre nom...
levé vue.
Jules 1
LUCENAY
(Ju'est-ce que cela prouve?... il y a quarante mille Jules à Taris...
LUCIE
Ci votre paletot noisette ?
LQCIKAT.
Tous les Jules peuvent en porter.
LEFÈVRE
Ça ferait quarante mille paletots noisette... marettef... (Il remonte tn peu et se tient au deuxième plan, d'où il observe.)
LUCENAY
Remettez-moi cette lettre, mademoiselle, et Je me fais fort de vous démontrer...
LUCIE, terrant la lettre.
Permettez... je ne la rendrai qu’à son véritable propriétaire... si j'ai le bonheur de le rencontrer... vous avez de l’adresse, beaucoup du ressources dans l’esprit... il vous sera sans doute facile de le découvrir, do me l’amener... car je serais bien aise de le voir... jusque la permettez-nioi de ne pas soutenir la concurrence avec mademoiselle Caboche I... (Elle U salue et remonte vers la porte à droite.)
LUCIE AV, la sutuanl.
Mais, mademoiselle...
LUCIE, près de la parle à droite.
Justifiez-vous, monsieur... justifiez-vous. ( Elle entre à droite .) lu ce. sa y, à part, redescendant a gauche.
Patatras I... me voilà bien. (Haut à Lefeore.) Mais, vous, monsieur... vous daignerez m’écouter...
LEFÈVRE
Que diable ! mon cher... que voulez-vous que je vous dise ?... ma liile n’a pas tout-â-fait tort !... pourquoi laissez-vous liatner ces choses-là ici ?... (U remonte à droite.)
LUCENAT.
Mais je vous assure...
LEFÈVRE, près de la jmrte à droite.
Justifiez-vous, monsieur, justifiez-vous 1 (Il entre à droite à la suite de sa fille.)