‹ Un ami acharné comédievaudeville en un acteChapitre 18 sur 28 · SCÈNE XVI · texte numérisé non relu

SCÈNE XVI

DUMONCEL, puis JOSEPH..

dumoncel, rentrant avec ce qu'il faut pour écrire.

Voilà I... et du papier glacé !... (Il pose le tout sur la table rt prépare le fauteuil.) Il n’y a rien de trop beu pour vous... (Offrant ses main* avec effusion.) Ce cher Lucrnay I ce brave Lucenayl... ( Regardant autour de lui.) Eh bien? où est-il donc?... parti!... mais il est criblé de lubies, cet animal la F il me fait aller comme un caniche!... comment ! il me demande une plume, du papier... je cours I... et il s’en va!... il désire aller au théâtre... je pars, je reviens, je suis en nage... crac !... monsieur a changé d’idée I... ça n’est pas tenable!... voila deux heures aue je m'essouffle à courir après cette amitié-là... et le sac sur le dos encore!... Que je suis bête ! je vais Téter. (Il Me son sac et son ceinturon, qu'il pose sur la console à droits.) Encore, si j’y tenais a ce monsieur!... mais je lo déteste!

tik : du Pr«m>r Prise.

C Ml pourtant »r*il l'ami qu'on aita«

On pmi h» qu'il n coi le rien.

Le négliger, l’oublier «iiôrn*...

Tout lei jour» ç* m fait irra Hn ;

Et Boni onui doon-m», au conlmru,

Beaucoup de aoéua et «l'eanbarrac,

Beaucoup de priur. pour noua faire De* a ram que uuu* n’aimuaa paa.

LC GENAT.

Oui... je le paierai co qu’il faudra I DCifOKCEL.

Il n’y a ici que moi do ce nom...

LUCEKAT.

Vous’... vous vous appelez Jules?

DUMONCEL, tendrement.

Oui... comme vous I... deux Jules qui pourraient se donner la main (Il lui tend les mains.)

LUCEKAT.

Ah ! bah I ah I sapristi 1

DUMONCEL, à part.

Qu’cst-ce qu’il y a ?

LCCEKAY, à part.

11 est un peu mûr, pour un Jules... mais je n’ai pas le choix... d’ailleurs, il a un paletot noisette... quelle chance ! ( Haut, à Dumoncel.) Où est votre paletot ?

DUMONCEL.

Comment I mon paletot? ( A part.) Il a une convorsatiou décousue...

LUCEKAT.

Vous en aviez un?...

nmoxcFL.

Il est chez moi... là-haut... pourquoi

LUCEKAT. à pari.

Pourvu que Caboche consente... je vais lui écrire un mot... elle est bonne ll!le... (liant, se rapprochant de Dumoncel et riant n le regardant.) Hé I hé ! lié I

dumoncel, riant aussi.

Hé ! hé I hél... ( A part.) Je l’aime mieux comme ça I LUCEKAT, riant toujours.

Hé ! hél ce cher Dumoncel !...

dumoncel, à part.

Il m’appelle son cher!... c’est peut-être le moment! (Haut, lui tendant les moûts.) Ah ! Luccnay !...

LUCEKAT.

Où pourrai-je trouver?.,.

dumoncel, avec empressement.

Vous souhaitez quelque chose? tout de euiio... parlez !

LUCEKAT.

Ce qu’il faut pour écriro ?

dumoncel, courant.

Vite!... du papier! une plume!... de l’encre ! ..(Va troutwml tes ce qu'il clprche.) Nou I par là I (Il entre inventent à gauche )

Celui-ci surtout !... un fat!... uu freluquet I... Tout-è-Tbcure j’ai prononcé son nom devant ma femme... elle a tressailli !... un prix de piano qui tressaille ! c’est extrêmement dangereux I... diable de sac I... Ah! je ne l’ai plus!... mais où est- il ce polisonlii ? (La sonnette au-dessus de la porte du fond s'agite avec violence.) Entrez!... Il faut que je trouve un moyen de le subjuguer... (La sonnette s'agite.) Entrer. !... C'est qu'il y met de la coquetlerio... le paltoquet I (La sonnette t'agita plus fort. ) Mail entrez donc!... ah ! liciitrc! la sonnette do ma femme !... il est là-haut I... c’est Joseph qui me prévient !... courons ! ; .. (Il remonte vivement vers ta porte et redescend en disant.) Non ! mon fusil... (Il le prend.) Il n'est pas chargé... mais ça »era terrible.

JOSEPII , entrant par le font/.

Eh I monsieur, qu' est-ce que vous faites donc?

dumoncel.

Je prends loi armes. Joseph I

josepii.

C’est inutile... il vient do partir. .

dumoncel.

A-t-il vu ma femme ?

JOSEPH

Non, il a causé avec la femme do cuambro... il lui a donné quarante francs...

dumoncel.

Pitié 1

JOSEPH

Et en échange cllcl ui a remis...

DUMONCEL.

Un billet?...

JOSEPH

Non... je ne sais pas quoi... c’était enveloppé ... (Il désigne un objet assez volumineux.) ^

dumoncel, à part, passant à gauche.

Son portrait!... oh ! perfide Eugénie! (Haut, avec emportement , voulant remonter.) Laisse-moi passer I JOSEPH, l’arrêtant.

Où allez-vous?

dumoncel

Je vais massacrer ma femme I

JOSEPH, effra

Oh I

dumoncel , se calmant Non !... c’est une bêtise I

Oui, monsieur.

JOSEPII.

DUMONCEL.

Oui... la loi exige lo flagrant défit... (lietlant lame au bras)

UN AMI ACUAWTC

Eh bien I io l’attendrai le flagrant délit I (Se promenant.) Je l’aUend$ f mais il no viendra pas, la lâche !... Viens-y donc josEpu, votant tout près de Dumoncel.

Monsieur, je peux-t-y faire une course ?

DUMONCEL.

Moins que jamais!... remonte et veille toujours f JOSEPH, lui remettant de l'argent.

Pour lors voilà vingt sous... vous allez courir chez mon cordonnier...

dumoncel, prenant les vingt sous et tes mettant daas sa poche. Bien I

JOSEPH

Vous lui direz que mes vieux souliers ont besoin d'un bé-

quet...

dumoncel, «vis l'écouter.

Oui...

JOSEPH

Et puis, il y a l’empeigne qui est crevée.

dumoncel, de métne.

Oui... Va-t-en au diable! tu m’ennuies! lu m’agaces! {Joseph se sauve par le fond.)

ioèvb znn.

LEFÈVRE, LUCENAY, DUMONCEL.

(Lueenay entre par le fond.)

lucenay, saluant.

Messieurs, j’ai bien l'honneur...

dumoncel, se levant et allant vivement à Lueenay.

Ah I il ne s’agit pas do salutations, monsieur!... cette lellr* il me la faut! je la veux!... je la veux 1 LU CE NAT.

Quelle lettre f

Mais i! ne l'a pas I

Ah bah!... Qui donc f

LEFÈVRE

DUMONCEL.

LEFÈVRE

C’est ma fille !... impossible de la lui arracher I

DUMONCEL.

Lucie ! où est-elle?... je cours... {Il remonte. Lucie entre par la droite. Il va à elle.)

SCXNI XVQ.

DUMONCEL, puis LEFÈVRE.

DUMONCEL, Seul.

Ah! jo comprends maintenant pourquoi il ne voulait pas mo les serrer! mais je me vengerai' je lui ferai voir que j’ai du sang dans les veines... et s’il le faut... {Il fait mine de croiser la boyonnette et se ravise.) Je le traînerai devant les tribunaux I lefèvre, entrant par le fond. — A part. *

Impossible do faire entendre raison à Lucie... ces petites filles... {Haut, en vouant Dumoncel qui te promené devant la cheminée.- l'arme au bras.) Dumoncel en faction I... Est-ce que j lu es de garde ?

. DUNONCEL.

Oui... non... oui... une débauche militaire !...

LEFÈVRE

Tu n’es pas à la Bourse ?

dumoncel, mystérieusement.

Non!... je ne suis pas à la Bourse!

LEFÈVRE

Mais les Espagnols baissent... j as-tu pensé?..*

DUMONCEL.

Il me demande si j’ai pensé aux Espagnols (

LEFÈVRE

Celle figure bouleversée... qu'as-tu DUMONCEL, allant viivnient poser ton fusil dans le coin de la chemtnée sur le devant, et revenant à Lefevre qu'il prend par le bras.

J'ai... j’ai que ton monsieur Lueenay ost un polisson, un débauché I

LEFÈVRE

Comment ? tu as appris ?...

dumoncel, vivement.

Quoi I il y a donc quelque chose ?

LEFÈVRE

Non ! rien I

dumoncel, secouant Lefèvre.

iSi ! il y a quelque chose 1 Je savais bien que tu ne me le dirais pas f

Peu de chose... un enfantillage I dumoncel.

Justement, un...

LErfeVRB.

Une letlro 1...

DUMtftCEL.

Une lettre!... {A part, acte rage.) Us s'écrivent!

LEFEVRE

Signé : Nini...

dumoncel. à part.

C’est bien ça I Eugénie... nini ! c’est fini ! (fl tombe accablé sur le fauteuil près de la cheminée.)

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