I.F.FÈVRE, impaiienfe
Ah I comme tu voudras ! (H va se rJtseoir près de ta lubie.) dumoncel, apres un temps, allant à lui.
Dis donc... Lefèvre?
LEFEVRE
ileint
DCMONCEL.
S’il y avait quelque chose... tu ran le dirais n'est-ce pas? lcfèvre, prenant un journal.
Mais oui... sois donc tranquille.
Voi«-lu... c’est la musique qui est causo de tout... sans elle, je serais encore garçon 1
LEFÈVRE
Comment ça ?
DCMONCEL.
C’est plus fort que moi... quand j’entends de la musique, je tombe on extase... c’est comme un courant magnétique qui me prend depuis la racine des cheveux... enfin, je suis organisé!... j’ai le malheur d'être organisé!... Avant mon mariage, je pariais tous mes dimanche:- a te jouer du (lugcolel... te rappellestu?
- Lefèvre, internent.
Oh 1 oui ! [Il se lève, ton journal a la main.)
Di'Mo$CBL.
Même que tu me disais toujours : Dumonce» , pourquoi ne vas-tu pas à la campagne?... Mais va doue a la campagne I...
LEFÈVRE
Ça m’aurait fait plaisir.
DCMONCEL.
J’aurais dû l’éeputer... (Tristement.) mais je sois allé au Conservatoire !... ce jour-là, il y avait un concours, pour piano... je tombai au milieu d’un essaim de jeunes demoiselles... quand je, dis demoiselles. . . toujours sans garantie du gouvernement !... j*on entendis une, deux, trois .. médiocres. Enfin, Kugénie parut ! ma femme !. .Ah! mon ami!... quel talent! quelle vigueur I cl quel morceau I
Air : fTn fcr/muw pour fin *n lotirai».
Je fa* dlilooi,
Oue *eui-Ui ? *uinU t»nt rncort,
J a ■•.'os tout mon dire entrai oé,
Qaaml j'enlend* ert *lr «l«o j'*dof* I I » Sirène lirai »' dura»» ,
El lurneok su-but. I aon rinptf»,
Mmfeil loti jour» ci* ®ihit.ui-|*
(Jonul elle real au câclieœire t
Je n*ai p-s be*oin dote dire qu'elle emporta lo prix d'emblée!... Dans mon enthousiasme, je me fis présenter chez sa niera... une femn.o âgée... qui plus tard s'est trouvée être >a taule... Oui, nous luiraisoos quarante francs par mois... ei de* poidossos au jour de l’un... des oranges... une voie de bois, des bêtises... bref 1 ie fus reru dans la maison... on m'invita à dîner, on mo pria d'apporter mon flageolet... je rapportai et à force do faire des croches et des doublcs-crocuos... un beau jour, je me trouvai accroché.
LEFÈVRE
Accroché !... marié !... c’est ce que jo voulais dire.
LEFÈVRE
Tu n’as pas le sens commun ! madame Dumoncel est une femme remplie d’attachement à sos devoirs...
DUMONCEL.
Tu vois bien... Tu me dis encore ça d'un air narquois.
LEFÈVRE
Mais non I
DUMONCEL.
Si I ait... je te demande pardon I
Ah ! au diable ! (Il va s'asseoir ievant la cheminée et Ut son journal.)
UN AMI ACHARNl.
dumoncel, à part, regardant Lefevre qui lui tourne te dus. Il a beau dire l... il s'est assis d'un air narquois.
sciwi n.
DUMONCEL, JOSEPH, LEFÈVRE.
josr.m , entrant par te fond avec une tasse de tisane sur un plateau. — A Dumoncel.
Monsieur?
DUMONCEL.
Ali I Joseph I
JOSEPH
Voilà ce que madame vou3 envoie... pour votre migraine... de la violette...
DOMONCEL.
De Parme !... je n*en veux pas !... je prends du chiendent ! je veux mon chiendent 1
JOSEPH
Madame a dit comme ça... que la violette c’était meilleur pour votre tôle...
dumoncel, à part, et très-lentement , en prenant la tasse.
Elle a dit que la violette était meilleure pour ma tête... {Joseph remonte.) améro dérision I... {Il avale ta titane. — lias et mystérieusement.) Joseph !...
Joseph , lyrfeîcrrtrfant à gauche.
Monsieur ?
dcmoncei. , remettant la tasse sur le plateau.
Il viendra sans doute un jeune homme... aujourd'hui... ou demain... ou iiprôs-dcuiath... ou un autre jour... avec un bouquet... il te demandera : Monsieur Dumonccl ? Tu répondras : Il est en voyage. — Alors il te demandera : Madame Dumoncel... et tu le taras entrer.
JOSEPH, voulant s’en aller
Bien, monsieur!...
DOMONCEL.
Attends donc!... Dès qu'il sera entré... tu tirerai le cordon de la sonnette qui communique de chez dfoi ici...
Joseph , montrant la sonnette au-dessus de la porte du fond.
Cello-là?
DOMONCEL.
Juste !... va... ( Joseph remonte.) Ah I... ( Joseph redescend au milieu. ) Je te détends do sortir da trois jours.
JOSEPH
Ah I bah I... et si madame me donne une commission ?
* DOMONCEL. *
Tu me l'apporteras... je la ferai.
JOSEPH
Pour lors, monsieur, voulez-vous aller tout de suite chorcner six sous do mou pour le chat à madame !
DOMONCEL.
Imbécile !... donne quinze sous à un commissionnaire , il ira pour toi I
JOSEPH
Oui. monsieur. {A part.) Quinze et six, vingt ot uu... Ah ! bon F il sera salé ce mou-là I (Il sort p:ir h fond.)
scinnc m.
DUMONCEL, LEFÈVRE.
nCMOSCr.i., à part, s’asseyant près de la table.
Maintenant je suis plus tranquille... j’ai placé un œil là haut!..
LEFÈVRE , toujours assis près de ta cheminée.
Ah ! i propos, Duinoncel... as-ln fait pottor au compte de monsieur Jules de Lucenay les cinquante-huit mille francs qu’il nous a versés hier...
DUMONCEL , se levant..
Oui... c’est fait. (Soupçonneux.) Mais, dis-moi donc... ce monsieur Jules do Lucenay, il vient bien souvent ici...
LEFÈVRE
Domë! un client?
DUMONCEL.
Ça n’est pas clair... .je no lui ai jamais panA... mais je lui trouve comme un parfum de violette de Parme i Lefèvre, te levant.
Allons 1 no vas-tu pas le soupçonner?..*
DUMONCEL.
Lefèvre... s’il y avait quelque chose, tu me lo dirais, n’esbee pas ?
LEFÈVRE
Mais oui I... je to le promets !
dumoncel, à part, tristement.
C'est égal... je suis sur qu’il ne me le dirait pas ! (On entend un air de piano. — Haut.) Chut!... écoute! (En extase. 1 c'est uia fmmne !... c’est Eugénie... au-dessus I ah! brava ! ah ! diva I -on morceau I... son prix du Conservatoire ! {Il accompagne de ta iyn'c.) Je n’y tiens plus... te courant magnétique !... tu sois... {lk autant vers‘ la porte du fond.) C’est plus fort que moi... On dit qu’Orphéc attirait les bétes... je comprends ça... je vais revenir.,. un bécarre !... ah ! bravai diva ! (Il sort vivement pur le fond.)