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Un amour dans l'avenir

Vous savez que je me pique d’étre négligent lorsqu’il s’agit de donner des soins matériels à la reiiU' pression de mes volumes. Depuis quinze ans, un anu est mon intermédiaire dans mes affaires de librairie; J’ai donc pris l’habitude d’ignorer tout ce qui se passe entre lui et l’imprimeur; il est résulté pour moi, de celte négligence, quelques légers inconvénienls, dont je m’aperçois un peu tard.

Il y a quinze ans, si j’avais pu les prévoir, j’aurais eu soin de faire mettre à la première page d’un livre réimprimé la date de sa première publication. Vous allez voir quelle utilité j’aurais trouvée dans cet expédient préventif. Ceci demande à être explique.

Vous savez, et tous mes amis savent qu’un jouuiaî

PRKFACE

m’a aecnsé, l’hiver dernier, d’avoir dérobé, pour mon usage, le dénouement de l’opéra {'Africaine. C’était grave !

J’étais au milieu de ma famille de palmiers, à Monaco, lorsque ce réquisitoire me tomba d’un ciel d’azur, comme un tonnerre distrait.

Je demeurai quelque temps interdit et muet, comme l’homme foudroyé dont parle Ovide,

Fulmine lactut,

Vivit et est vitœ xescius ipse ’snœ.

on me fit respirer tous les orangers de Cosla Bella pour me rendre l’usage de mes sens, et lorsque j’eus repris mes facultés mentales, je me plongeai dans mes ré- Bexions.

J’ai eu l’honneur de connaître très-particulièreiiient lillustre auteur des Huguenots ; il a eu l’insigne bonté d’enrichir de sa musique les plus pauvres de mes mélodies, et le même signalé service a été rendu par lui, dans de plus grandes proportions, à un poëme intitulé le Retenant du vieux Château, publié chez Brandus.

Ces relations dont je suis fier remontent bien haut. Avant de connaître personnellement le grand maître,

pnÉFACE m

je m’étais beaucoup occupé de lui dans divers journaux et revues. J’avais publié dans la Revue et Gazelle musicale de Schlesinger, lin article sur Robert le-Diable, intitulé la Fontaine d’ivoire, et un poëme que M. de Saint-Georges, qui débutait alors dans sa brillante carrière, eut la bonté de lire à une matinée musicale. En outre, je donnai à la Revue de Paris une nouvelle avec le titre Robert-le-Diable à Mansfeld, sans parler d’une foule d’aTticles insérés aux petits journaux sur le même sujet. En 1834, le .5 mars, on jouait Rosmunda d,e Donizetti, à la Pergola, à Florence; notre illustre ténor Duprez chantait, et nous p-'oarait la glorieuse résurrection de Guillaume Tell. Après le spectacle, je conseillai au directeur de faire traduire Robert-le-Diable en italien, ce qui a eu lieu plus lard. J’ai consigné ce fait dans la Revue de Paris.

A'’mon retour d’Italie, j’eus l’hoiuieur d’être présenté à Meyerbeer, dans les salons de mademoiselle Tagiioni, rue Grange- Batelière ; il voulut bien me remercier de tout ce que j’avais écrit sur son opéra, en s’étonnant de trouver un si grand admirateur de Robert chez le plus ardent des Rossinistes, et eomme je venais de publier, dans la Gazette Musicale, un article très-élogieux sur

Horma, opéra en vogue alors en Italie, il me pria de

lui donner d’autres détails sur le nouveau chef-

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