HOTEL DE SOISSONS
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Sur un état de gages des officiers du roi en 1608 qui nous a été conserve, Salomon de Brosse ne figure pas (i) ; peu après, cependant, nous le trouvons occupé aux travaux de construction ou plutôt d'agrandissement d'une maison royale : le château de Monccaux-eU' Brie commencé par Catherine de Médicis et terminé par Henri IV en 161 0 pour la belle Gabrielle d'Estrées d'après des plans qui rappellent ceux de Verneuil (2) ; dans la même région, à Coulommicrs (3), nous retrouvons en 161 3 S. de Brosse travaillant pour une parente de son défunt client le comte de Soissons : la duchesse de Longueville, Catherine de Gonzague : « Le 20 mars 161 3 M. de Brosse, architecte, Jean Coingt (4) et Jean Gobelin, son gendre, et Charles Du Ry,
1607, J. du Cerceau a représenté, entre autres châteaux, celui de Fontainebleau ; c'est là que vers 1639, son petit-fils Jean élèvera le célèbre escalier du ftr à cheval (qu'on lui a restitué seulement dans ces derniers temps (Cf. Di- MiER, Fontainebleau, p. 87). Dans la seconde moitié du xvii* siècle, plusieurs membres de la famille Du Cerceau furent baptisés et enterrés à Bois-le-Roi oii étaient le temple et le cimetière des protestants de Fontainebleau ; j'ai lu ces actes dans les registres de Bois-le-Roi déposés au greffe du tribunal de t'entainebleau).
Consulté par moi sur ce sujet du « baptistère », l'un des auteurs les plus compétents en fait d'histoire de l'art à Fontainebleau, M. L. Dimier, m'a fait l'honneur de me répondre que la question était fort embarrassante. Mais tout en disant — avec combien de raison ! — qu'il importe d'être extrêmement prudent dans ces sortes d'hypothèses, M. Dimier concluait : « Evidemment le morceau est digne d'un grand architecte, partant digne de De Brosse ». Et de même, l'auteur de savantes études sur Fontainebleau, notamment sur les Architectes du Château sous François i" (dans la revue Brie et Gâtinais, 1910), M. F. Herbet, après avoir rappelé qu'on ignorait jusqu'à présent quel est Tarchitecte de la partie supérieure du baptistère, m'écrivait en 1910 : « Est-ce à dire qu'il faut écarter le nom de S. de Brosse pour cet édifice ? Au contraire, la place est libre, il peut l'occuper ».
(i) GuiFFREY, Bull. hist. Paris, 1882, p. 103, n. i.
(2) Bordure du plan de Paris de Gomboust (1652), Planche VII ; autre vue d'Israël Silvestre ; cf. Bull. hist. prot., 1856, p. 168.
(3) II y a une vue par I. Silvestre, une autre dans le Recueil des plans etc. de J. Marot, avec cette légende : « Bâti par le sieur de Brosses, architecte ».
(4) Un maître maçon de ce nom fut employé aux travaux de l'aqueduc d'Arcueil en 1612 (voir p. 67 et 68) et plus tard à ceux du Louvre (Berty, To-