‹ Un architecte français: au commencement du XVIIe siècle: Salomon De BrosseChapitre 50 sur 92 · LA RÈGLE D'ARCHITECTURE · texte numérisé non relu

LA RÈGLE D'ARCHITECTURE

temples » est fort semblable à ce qu'on voit à l'église de Verneuil et à ce qu'on voyait peut-être au temple de Charenton, d’après les triglyphes conservés (p. 22 et C1 r°). La «mesure de porte ionique convenable aux temples » est en 1619 donnée à l'envers, la tête en bas, sans qu'on puisse voir quel avantage présente (si elle est autre chose qu'une inadvertance) cette disposition nouvelle.

P. 38, le petit dessin qui se trouvait E 111, v° est également renversé sans raison apparente.

P. 41 (1) une des plus grandes figures de l'ouvrage : « Corinthe selon la doctrine de Vitruve », est entièrement refaite de la main de S. de Brosse, avec beaucoup plus de hachures et de détails que sur la planche de Bullant (E v).

P. 42 un ornement emprunté au Panthéon, « autrement dit la rotonde à Rome », est représenté en deux dessins distincts tandis que le plan et l'élévation étaient unis par des traits parallèles en 1568. P. 44, S. de Brosse a reproduit seulement une feuille de laurier (sans cette légende) et supprimé une « fueille de branque Ursine ou d’Acanthe ».

Le texte de 1619, du moins sur l’exemplaire que j'ai pu consulter à la Bibliothèque nationale, cesse brusquement au milieu de la p. 46, à Ja fin d’un paragraphe ; il. y a aux pages 47 et 48 deux figures reproduites d’après la première édition, mais sans aucun texte à la p. 48 (une petite addition p. 47 à la légende de 1568 : des mesures qui manquaient alors pour le chapiteau sont indiquées). Les douze dernières pages de la première édition comportant une quinzaine de figures relatives aux ordres corinthien et composite (2) font donc défaut sans au’on puisse donner aucune explication de ce brusque arrêt du travail de l'imprimerie en 1619 (3).

(1) Reproduite en réduction page 148.

(2) Notamment G 11 verso, « mesure de la porte Corinthe du temple de Ia Sibile Attivoli » (sic). Au feuillet B rv verso de 1568 on lit : « Comme verrez cy apres par les figures au dernier fueillet du livre » ; ces cinq mots manquent en 1619 (p. 16), comime manquent en effet les figures annoncées, ce qui porterait à croire que, dès le début, l’imprimeur n'avait pas l'intention de reproduire jusqu'au bout en 1619 l'édition de 1568.

(3) L'exemplaire de la Bibliothèque nationale est-il celui qu'a connu égalenient M. Read ? Nous n'avons aucune raison particulière pour le croire. Or

Il y a en somme, identité presque absolue entre la première et Îa seconde édition pour les quatre cinquièmes des pages (1), texte et figures se correspondant presque page pour page en 1568 et en 1619. Le travail de S. de Brosse consiste donc essentiellement, comme l’a du reste annoncé l’ « épitre au lecteur », à « revoir et corriger » la « disposition » et « l'agencement des figures ». Il n’en a refait entièrement qu’un petit nombre. Dans la pureté du trait et la manière de faire les hachures, nous avons du reste retrouvé ici tout à fait les mémes caractères que dans l'album plus ancien de quelques années.

La seconde édition de la « reigie d'architecture » fut, comme la première, bientôt épuisée, mais il ne semble pas qu'il ait jamais été fait une nouvelle édition reproduisant le texte et les figures de celle de 1619, qui est devenue fort rare (2). En 1647, David Ferrand imprime bien, à Rouen, une troisième édition de la « Reigle d’architecture », mais d’après celle de 1568 et (quoique sans l'indiquer expressément) comme si c'était une seconde édition, abstraction faite de celle de 1619 qui paraît ignorée. Dans son avis au lecteur, faisant suite aux épitre et avertissement de Bullant, Ferrand s'exprime en effet ainsi : &« Ayant descouvert à Paris ce petit trésor caché depuis quatrevingt années etc ». Ce n’est cependant pas une reproduction servile de l'édition de 1568 ; ainsi à la page A rI1 verso de 1647 (car la pagination primitive est conservée) D. Ferrand reproduit — moins finement — les trois colonnes de 1568 (sans modifier la fuscane, comme l'avait fait de Brosse), mais la dorique et l’ionique sont correctement

M. Read indique, pour l’ouvrage de Bullant réédité par Brosse, ce même chiffre de 48 pages (France prot., t. 111, col. 207).

(1) Pages A 111 r.-7, Br.-9 et suivantes jusqu'à B 1v v° -16 incluses ;: C et 21 et suivantes jusqu'à C 111-25 incluses ; D 11 v°-28 et suivantes jusqu’à E 1v v°-40. F 11 r° -43. F 1v v° - 48.

(2) La Bibliothèque historique de la ville de Paris ne possède aucun document manuscrit concernant S. de Brosse ; ni la Bibliothèque de l'Ecole des Beaux-arts, ni la bibliothèque de la Société d’histoire du protestantisme ne ren- Îerment aucun ouvrage de Brosse. D'après le catalogue de 1904 la Bibliothèque nationale ne possède aucun autre ouvrage de Brosse que son édition de la Keigle générale.

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