‹ Un Baiser anonymeChapitre 9 sur 34 · SCENE QUATRIEME · texte numérisé non relu

SCENE QUATRIEME

pnble? Ai-je trahi la sainLe amitié? Non, car j’ignorais les projets de René; et je lui servirais de témoin? Allons donc ! je succomberais à des désirs d’hilarité on ne peut plus déplacés en un instant si solennel. C’est, qu’en vérité, il n’y a pas à en douter : c’est bien avec madame de Chailly que j’ai marivaudé pendant deux heures dans un boudoir écarté. Quoiqu’elle n’ait pas consenti à dénouer les cordons de son masque, je suis certain que c’est elle. Oh ! oui, c est elle qui, au moment des adieux, vaincue p ir le sentiment que je lui ai inspiré, à mon insu, m’a donné un baiser là. . . (11 touche son front.) en murmurant : * Je t’aime, Gaston !» Oh ! ce baiser, il m’a brûlé comme un fer rouge! Alors, j’en conviens, ma confiance fut ébranlée; mais le moyen de douter encore, après lui avoir entendu dire à un cocher de remise : » Rue de Yarennes, numéro 120. » C’est là qu’est situé l’hôtel qu’elle habite seule... Que taire?... aller plus loin dans mes confidences avec Tavenay, je n’en ai pas le droit. Et d’ailleurs, tant pis pour lui; pourquoi a-t-il des secrets avec un camarade de collège? Et pourquoi, surtout, s’avise-t-il de déclarer publiquement que je m’arrondis outre mesure. — Oh ! ma femme, (il passe s droite.)

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