‹ Un baiser anonyme; comédie en un acte et en proseChapitre 2 sur 54 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

Or AS ION seul. Il fait le nœud de sa cravate devant la glace et ■» regarde avec complaisance.

Qu'est-ce que mon excellent ami, René de Tavenay, prétendait donc, l'autre soir, au club ?.., Parbleu! il prétendait que j'engraisse... Il n'y a pourtant que nos excellents amis pour nous dire des clioses pénibles. Je crois même que le traiirc a ajouté que je prends du ventre... 0 calomnie! Mon busie se développe, c'est vrai; ma poitrine se cambre, j'en conviens; mais, toute fatuité mise à part, je ne fus jimsis plus à mon avantage qu'à présent. C'est l'opinion de ma femme, qui s'y entend; et d'ailleurs, si René avait touché juste, aurais-je été, pas plus tard que la nuit dernière, au bal masqué de madame de Barny, le héros de la plus délicieuse aventure?. . Mais que dis-je? El comment me laissé-je aller à évoquer de tels souve-

2 UN BAISER AN0NYj\1E.

nirs dans le nid conjugal? N'oublions pas que c'est surtout dans le salon d'un homme marié que les murs, si capitonnés qu'ils soient, ont des oreilles. Heureusement, Lucie n'est pas encore sortie de sa chambre... — Midi moins un quart... Allons, on peut être vertueuse et ne pas aimer à voir lever l'aurore...

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