SCÈNE I
LEVASSEUR, FÉLIX, PIMPANT, LUDOVIC , CHARLES, MARIANA, 1NDIANA, VALEN- TINF. , ZÉTULBÉ, \1” JAUNET, JEAN, NICOLE.
(Toutes les demoiselles en dominos bleus, ainsi que M“* Jaunet; danseurs et danseuses en divers costumes; On est ü la dernière figure de la contredanse. Indiana, Mariana , Zclulbé, M“* Jaunet, Pimpant, Félix , Charles et M. Levasseur dansent 1 au même quadrille. Valentine et Ludovic sontassis et se regardent sentimentalement.)
CHOEUR, pendant le grand galop de la contredanse.
Au: Cité | un*. 1 4m»M*i>aicf.)
Al) ! que ce bal est amusant .
Ahl qu'il est amusant!
Il est difficile vraiment D'avoir plus d'agrément.
IL LEVASSEUR , Caiuiil nu «tant -dm* » Huit Jaunet.
J'ai retrouvé mon cher poulet .
Mes jambes de mil-huit-ccnt-sept.
Unir JAUNET , è Ltimnir, rn continuant l'iniil-iitui.
El moi , grâce à vos doux accens.
Je crois n'avoir plus que vingt ans...
R EPRISE DE CH CEI R, AVEC GALOP.
Ah ! que ce bal, etc.
(I.a ctiilirdimr finit.-
M“* JAUÎtF.T, tombant sur une chaise.
Ouf! je n'en puis plus... quoique ça, en voilà de l'exercice.
ZÉTUI.BË , i part.
Et en voilà assez, je crois; quoiqu'elle en dise, ses jambes de vingt ans sont loin, si elles courent toujours...
LEVAssEt n, a M"* Jaunet , amoureusement. Êtes-vous heureuse, aurore de ma vie?..
Plus que je ne pourrais l’exprimer, écho de mon âme...
i.F.VASsr.rn , bas.
Enfin... après dix-sept mois de constanrc... je pourrais donc espérer...
M“* Jaunet, baissant les yeux.
Taisez-vous... mauvais sujet.
ZÉTULBÉ, â Pimpant.
Pimpant, je vous déclare que je commence à avoir joliment faim... vos trois babas sont déjà à mes talons...
MA tu AN A, ii Indiana.
Elle ,\ un estomac d’autruche!..
PIMPANT
Ma reine, j'ai encore du pâté dans ma poche...
ZÉTULBÉ.
Alors, venez m’en donner... je vêtu que tu m'en donne tout de suite.
INDIANA
Et moi, Félix, je veux faire de l’exercice...
NICOLE, au bras de Jean.
Aller promener, bon ; mais plus dans les corridors... ça me chiffonne... trop... il y a tant de monde.
CUOCIR.
An : Mire dan* n*i jrti* :e, jru».
Allons chercher le plaisir.
Vite, Il nous Invite.
Au passage H faut V saisir ,
El 1’ goûter tout d’ suite.
Au moins, lorsqu'il prend la fuite.
Il nous laisse un doux souvenir.
{Il* ■ixienl tou, en damant. *u emiraul et en pal'’]'*»!)
LEVASSEUR, M- JAUNET, restés immobiles.
LEVASSEUR
Dites-moi, chère , vous ne voulez pas...
M"' JAUNET, tristement.
Non, lion, laissez aller ces jeunes fous... je ne me sens pas disposée à partager leur joie.
LEVASSEUR
Mais , qu'avez- vous donc... Irésor...
M"* JAUNET
Je ne sais... l’étrangeté de ma conduite aujourd’hui... cette sortie la nuit... avec vous...
LEVASSEUR
Et les autres...
Mon mari éloigné par un mensonge... (Arec explosion.) J’ai des remords...
LEVASSEUR
Oh ! femme singulière...
M"* JAUNET
Ou plutôt... c’est la crainte...
LEVASSEUR
La crainte d'affliger Jaunet, peut- ître...
'(Boudant.)
«■* JAUNET
De le voir, arriver...
LEVASSEUR
Hein?., est-eeque vous croyez... (a part.) J’en ai la chair de poule. (Haut.) (ju’cst-ce que c’est que des idées comme ça?.%
M“* JAUNET
C’est que s’il me voyait avec vous... je serais perdue... et je crois que je me...
i.KVASSEun, avec chaleur.
Ah! est-ce que vous croyez, ô femme trop cruelle , que je vous exposerais à un pareil danger.. .je me transformerais plutôt en rocher, en arbre, en contrebasse de llorrhestre, je me soumettrais aux étals les plus humilians...
U“* JAUNET
Je k* crois, Wallace...