SCÈNE IV
DUxMONT, HYACINTHE.
DOMONT
Ah çal Hyacinthe , n'oublions rien. Avez-vous répété votre gavotte?
HYACINTHE
Oui , mon papa.
Ma chère enfant ! voici le moment de faire valoir tes grâces, tes talens , ton esprit. Tu vois que les dépenses ne me coûtent rien pour l'assurer un établissement solide.
HYACINTHE
Oui, mon papa, solide.... Mon papa, fcra-t-on deux contredanses dans le salon ?
DUMONT
C'est bien le moment de penser à ces futilités ; vous ne voyez dans tout ceci que le bal, les gâteaux, les walscs ; mais , ce n'est pas pour nous amuser que nous donnons à danser, je vous en avertis.
HYACINTHE
Ah! je sais bien j mon papa j il est aussi question d'un mari !
DUMONT
C'est ça , ma fille.
Air : Femmes, voulez-vous éprouver"^
Ce bal prcp.'»rc ton bnnlicur ; Vois, pour conihlcr mon espérance.
Un Hinaut dans chaque danseur , L'hymen dans chaque coatrednu««.
A tout le monde , mnn enfant , Tâche de faire bonne mine , El tu trouveras , en valsant , L't'poux que le eiel te destine.
HYACINTHE
Dame! mon papa, c'est bien embarrassant ; je ne contiai» aucun de ces gens qui vont venir.
Mon Dieu, ça ne fait rien. . , . Notre voisin Martin, qui voit la meilleure société , dit que , maintenant , tous les mariages se font ainsi. Il m'a cilé plus de vingf ménages excellens qui se sont formés au i^.'.lieu d'une cliaînc anglaise.... Vois-tu j on se place; oa se parie dV.bord des yeux^ on se prend la main; et, au premier chassez, déchassez, on voit tout de suite si les caractères se convienn- nt , si les humeurs sympathisent , enfin , si Ton est formé l'un pour l'autre ; mais, ne vas pas faire de gaucherie.
HYACINTHE
Des gaucheries î moi , papa !
nUMONT.
Je sais bien ce que je dis. Du tems que nous logions 4 l'Estrapade, et que vous étiez recherchée par tout ce qu'il y avait de mieux dans le commerce du quartier, n'aviezvous pas encouragé ce petit Chanierelle ^
HYACINTHE
Mais, c'est vous-même, mon papa, qui aviez d'abord conseoti. . . .
DCMONT.
Pas du tout, Mademoiselle, ça ne vous convenait pas; d'ailleurs , mon enfant ; on doit tenir son rang dans le monde j nous voilà lancés dans la haute bourgeoisie , et il faut des
époux, assortis; c'est aussi l'avis de mon ami Martin
Mais, je Teutends. . . .