SCENE VIII
LARFOUILLAT.
Appelez-moi donc Larfouillat.
COQUANDARD.
C’est juste... prenez garde mon cher monsieur do Larfcwiiltat, un ministère, c’est bien lourd.
LARFOUILLAT.
Pourquoi cha? on est payé par le gouvernement...
COQUANDARD.
Vous ferez fleurir le soleil du bonheur pour noire belle patrie.
LARFOUILLAT.
. Oh 1 cha m’est égal, pourvu qu’on nie paie...
COQUANDARD, à part.
Ah ! c’est canaille, ce qu'il dit là... c’est canaille.
LARFOUILLAT.
J'hésitais à le prendre, parce que chétait trop loin de chez moi... aller là tous les jours...
Mais vous avez une voiture?
LARFOUILLAT.
J'en ai deux, mais quand che vais avec ma voiture, cha ma fatigue bien plus.
COQUANDARD.
Ah! oui... (a part.) Je ne comprends pas ça I moi, ça me fa- £ ligue d’aller à pied, j’aime mieux aller en voilure. C’est un, original !
LARFOUILLAT.
Mais parlons de la petite.
COQUANDARD.
Volontiers.
LARFOUILLAT.
Est-elle cholide?
COQUANDARD.
Comment l’entendez-vous?
LARFOUILLAT.
A-t-elle du bicheps?
COQUANDARD, à part.
Comprends pas.
LARFOUILLAT.
Dame ! faudra qu’elle che lève à cbinq heures du malin,.
A cinq heures?
LARFOUILLAT.
Hiver comme été.
COQUANDARD.
Et pourquoi faire ?
LARFOUILLAT.
lié ! pour aller au bois, fichtra !
, COQUANDARD.
Ah! au bois, (a part.) La promenade du matin est en effet très-bonne pour la santé. (Haut.) Mais, dites-moi, ça me revient, ce ministère qu’on vous propose... quel est-il?
LARFOÜILLAT.
Chestle ministère de la Justice... place Vendôme.
COQUANDARD, à lui-méme.
Garde des sceaux. (Haut.) C’est à vous que seront confiés les sceaux de FÉtat... vous aurez de la besogne 1
LARFOÜILLAT, riant.
Ah! les sceaux de l’état... farcheur, va.
COQUANDARD, à part.
Garde des sceaux !... Et monsieur Bonnefoy qui ne m’en avait rien dit.
selon: xx.
Les Méhes, PAUL.*
PAUL, tenant un plateau sur lequel sont placés des verres d’eau sucrée,
à part.
La famille de mon rival est arrivée... le père sans doute.
LARFOÜILLAT.
Ah ! j’ai choif... Donnez-moi un verre de cha, vous? (it prend un verre.) Le chyrop n’est pas fondu .
PAUL
Monsieur veut-il une cuillière?
LARFOÜILLAT.
C’hest inutile ! j’ai la cuillère du père Adam. (U remue Peau sucrée avec son doigt.)
PAUL, étonné.
Ah bah !
COQUANDARD, à part.
H va trop loin... c’est nature, mais il va trop loin.
LARFOÜILLAT, à Coquandard.
Vous ne buvez pas ?
COQUANDARD.
Si, si.
( Tenez, prenez-moi cha. (il lui donne le verre qu’il a à la main.)
COQUANDARD, à part.
Oui, il va trop loin.
LARFOÜILLAT.
Moi, je prends celui-ci. (Il prend un second verre et remue avec le doigt.)
PAUL, à part.
Le vicomte est sans doute auprès de ma cousine, (il sort.)
* Larfouiüat, Paul, Coquandard,