PAUL ET GOGUETTE
Un bal d’auvergnats !
AMANDA
« Ni hommes, ni femmes, tous auvergnats. » Voilà, m’a-t-il dit ce que portent ses invitations.
PAUL
Mais c’est absurde !
* Paul, Amanda, Goguette.
** Goguette, Amanda, Paul.
GOGUETTE
C’est bète comme tout.
AMANDA
Il prétend qu’il fait ça pour me faire plaisir... parce que j'ai été. élevée à Saint-Flour chez ma tante Camuzot... il a loué des costumes, un pour lui qu’il est en train de mettre en ce moment, et un pour moi qui est dans ma chambre.
GOGÜETTE, à part.
Ah ben 1... ah ben!... allons tout de suite prévenir mes invi- ' tés... Crétin de bourgeois, va! (Elle sort parla droite.)
amanda, avec humeur.
Mon père aura beau dire, je ne le mettrai pas.
PAUL
Et vous aurez raison... pauvre petite cousine... ce n’est pas quand on est jeune et jolie comme vous... (H lui prend les mains et les embrasse.)
SCÈNS XIX.
PAUL, AMANDA, COQUANDARD. *
COQUANDARD, entrant par la gauche, en auvergnat.
Sac à papier! mon neveu faisant du marivaudage avec ma, fille.
PAUL
Mais, mon oncle, je l’aime... et c’est pour cela que je lui prenais les mains.
COQUANDARD.
Mais, petit malheureux, il y a des gens qui aiment les couverts d’argent, et ce n’est pas une raison pourqu’ilsles prennent. D’ailleurs cet amour me déplaît... tu n’as pas déposition.
PAUL
Je suis à la Bourse.
COQUANDARD.
Toi, à la Bourse... tu es au passage de l’Opéra, toujours fourré avec un ramassis de farceurs qui achètent quinze cent dont deux sous... pour le lendemain... tu spécules, tu tripotes...
PAUL
Oh 1 mon oncle 1
COQUANDARD.
Et tu t’es follement imaginé que moi, J. J. Coquandard, commissionnaire de roulage, ayant gagné à ce petit jeu cinquante bonnes mille livres de rente, j’irai jeter ma fille dans les bras d’un spéculateur de la décadence... Allons donc ! je vise plus haut... Amanda, tu seras vicomtesse.
AMANDA
Oh 1 mon père !
* Amanda, Coquandard, Paul.