AN TÉNOR , POUPELIN . M“ POUPE
LIN, OLYMPE, REINE, Les Domrstiqi'es.les Femmes de chambre, SCHON- MANN.
Ils entrent tous en dansant la galopade.
CBCei’E.
Air du Galop.
Vite au Galop, au galop, au galop 1 Qu’la danse Recommence.
Vite au galop, au galop , au galop ,
On n'en a jamais trop.
Ils entourent Anicnor.
ànténor , criant et arrêtant Poapelin qui galope. Arrêtez! arrêtez donc, beau-pêre.
po u pe lin. Eh ! ben , qu’e»t-c* qu’est doue zarrivé ?
antbn'or . Il y a un inlrus chez tou*.
porpEUN. Un intrus !.. attends; n’est-ce
jioint mn vieux en carrick et poudré, zavec une queue ?
anténor. Certainement , vous le connaissez donc &
rocpELiü. Si je le connais... respect za ce brave homme , je I* prends sous ma protection. Si vous saviez c* qu’il a rapporté, un cadeau d’une magnificence..*
antkror. Mais quand je vous dis qu’il m’a traité...
poupelir. Silence , c’est pas d’ea qu'il s’agit; nous n’avons point d’ temps à perdre » et j propose ici un’ petit* contredanse; il fait moins chaud que dans le grand salon.
tous. Oui , oui , en place !
artéror , d part. Celle fois , j’espère que je pourrai danser avec ma prétendue.
w“* poupelir, prenant ta main d' Anténor.
Monsieur Anténor, je crois que vous m’avez invitée pour la première.
artéror, à part, lion , encore la vieille :
ai-je d u bonheur!
On danse. En ce moment la scène doit présenter le tableau animé d’un bal: quelques joueurs entourent la table d ’écarté , pendant que les contredanses se forment au milieu de la scène et dans la pièce qu’on voit au fond ; Anténor et Poupelin se donnent des grâces en dansant, w"* poupelir , se laissant tomber sur une chaise après la contredanse. Ah ! je suis tout essoufflée, je prendrais bien un verre d’eau avec de la castonnnde.
schonmarh, entrant acte un plateau chargé de terre de punch. Care les taches , foilâ l’ bunch.
po u pe r.iît. Le ponge au rhum ! j’en r’ tiens deux verres. N’ayez pas peur Mesd’tnoiselles , c’est moi qui l’a fait ; j’y ai
mis passa blcmentd’cannelleet cruellement
d* clous d’ girofle , c’est un p’ tit ponge de dames.
a- poupEUïf, buvant L* fait est qu’ça passe comme un* lettre à la poste.
artérob. Oui, ça gratte, mais ça fait plaisir.
poupelir, élevant son verre. Allons, mes enf.ius , à la sauté du beau sesque .
Tors , même jeu .
Air : Allons , buvons . (De Rabelais.)
Allons,
Buvons ,
Rions ,
Chantons ,
Amusons-nous en gais lurons ;
Le punch , la dansu et les chansons Pont sauter Rites et garçons.
Allons, aÜons ,
Rions ,
Buvons ,
Chantons !
roorsuK.
An bal , c’est amusant,
On joue , on ae courtise.
On *c quitte , on se r’preud ,
Parfois même on sc grise ,
Qu’on faas* comme on l’enteud.
Quant ii moi , je me grise.
Allons ,
Rions , etc.
Trois heures sonnent.
poupelir. Ah ! chien , v’Ià trois heures qui sonnent.
oltmpe. C’est juste, n’oubliez pas ce qui a été convenu.
pou peu r. Nous n’avons pas d* temps à perdre. Eh ! vite, les autres, dépêchonsnous.
tocs.
Air de Fernand Cortex .
Allons , partons , courons ,
Point de paresse ,
Le temps presse.
Allons , partons , courons ,
Plus tard nous ret iendrona.
Ils sortent tous en courant.
SCEREXVI.
ANTÉNOR , puis M- DELAPORTE, NATHALIE.
axténo» , seul, un peu gris. Eh bien !
qu’esl-ce qui leur prend donc? esl-ce que le punch leur n tourné la léte ? Ce n’est pas l’embarras, il me fait un drôle d’effet émoi, mais c’est dans les jambes; j’éprouve un désir effréné de danser la Gigue ou la Monaco. (Voyant entrer madame Delaporte et Nathalie.") Ahibon , voilé un renfort de dames qui nous arrive.
u” DELiPOBTE, <i part , en entrant. Comment , le bal de domestiques n’est pas encore fini ?
anténor, courant vers Nathalie. Madame , je vous retiens pour la Monaco. [A madame Delaporte .) Et »oos, Mademoiselle, pour la Petite-Laitière, vous savez ?..
11 chante.
■ Voilà , voilà la petite laitière ,
• Qui veut acheter de nu lait N
A In fin, nous nous embrasserons tous; casera drôle, n’est-cd pas ?
M*’ DELAFom. Qu’est-ccà dire ?..
NiTii ati r, d part. C’est sans doute un des invitésd’Olympe.
anténor. Ah ça , Mesdames, pourquoi donc arrivez- vous si tard ?.. Madame Delaporte voué grondera.
m"* delaporte. Madame Delaporte ?. .
akténor. Oui, In maîtresse delà maison.
Nathalie.. Comment... est-ce que vous in co an a if ses?
AMÉNon. Si je la connais ?..ah ça, qu'estce qu'elle a donc cette demoiselle ?.. il me semble qu’au point où nous en sommes...
m"* delapobte. Et à quel point en Otesvous , Monsieur ?
anténor. Parbleu ! j’arrive tout exprès de Châlellerauh pour épouser sa fille...
voilà le point...
Nathalie, avec surprise. Eh quoi 1 vous seriez ? .
anténor. Ânténor Pinchelct,lc meilleur partiel le plus agréable danseur du département de la Vienne.
II fait un entrechat.
Nathalie, d part. Oh ! mon Dieu, qu'il est laid !
akténor. Vous me trouvez de la grâce , n’est-ce pas?... j’en suis pétri... aussi j’ose croire que mademoiselle Delaporte sera flattée de ui’avoirpour mari.
m"* dklaporte. Mais il me semble, Monsieur, que c’est plutôt vous qui devriez être flatté d’entrer dans sa famille.
anténor. Oh! ça dépend... ça m'a l'air d’assez bonnes cens ; mai?, entre nous, ils ne sout pas très-forts... d’abord, d'après tout ce que j’ai entendu , il m’est suffisamment démontré maintenant que le père est un cuirassier de première force, il** Delaporte. M. Delaporte ?
anténob. Oui; et quant ù la mère...
m"* delaportb. Eh bien... Monsieur, la mère...
anténob. C'est encore bien pis , allez...
au fait , elle n’est pas là , je peux vous le dire.... imaginez-vous qu’elle est d'un ridicule... ne veut-elle pas encore faire la jeune personne... à son âge... cinquante ans passés.. .et puis l’air commun , la tourmire d’une ampleur, un vrai ballon , une mongolfière...
m— delap rte. Ah ! quelle horreur !
anténor. Vous avez bien raison , c’est une horreur. Pour ce qui est de la jeuue personne...
Nathalie. Eh bien ! Monsieur, qu'avezvous à dire de la jeune personne ?
anténob. Pas grand* chose. Quant au physique, son petit minois chiffonné est
assez original; mais elle me fait l’effet d’être très-mal élevée et d’aimer beaucoup trop les militaires ; peudaut toute la soirée elle n’a /ait que chuchoter avec un officier de chasseurs.
Nathalie. Ne l’écoutez pas, maman, c’est faux, puisque M. Charles Dalmer ne vous a pas quittée d’une minute.
anténob , d part. Qu’est-ce qu’elle a donc à s’enflammer, cette demoiselle, avec son M* Charles?.. (Haut.) Permettez. ..je crois, Mesdames , que nous ne nous entendons pas.
m"* delapobte. Pardonnez-moi , .Monsieur, je vous entends fort bien, et je vous remercie de toutes vos confidences... c’es d’après elles que je réglerai ma couduile avec vous. ~
anténob. Vous ôtes trop aimable... pour ré pondre à votre politesse, permettez que je vous conduise auprès de ma future famille.
m"* delapobte. C’est inutile, je vais la sonner.
akténor. Comment vous allez sonner ma famille ?
M«* Delaporte sonne.
olympe, en dehors. Voilà, voilà.
anténor. Tiens ! ils accourent... sontils drôles !..